S’habiller éthique… sans y laisser un smic

Voilà, on est en 2017 : c’est le futur.
Ces dernières années, un certain nombre de trucs cools ont fait leur apparition dans nos vies : la lampe torche sur l’Iphone, les vidéos Youtube et les saucisses végétariennes en sont quelques exemples.
Pourtant, alors qu’on devrait se détendre les neurones dans nos canapés devant Les Anges de la Téléréalité, on ne peut pas s’empêcher de penser à deux ou trois petits détails qui gâchent la fête.

Des pesticides dans nos assiettes, des perturbateurs endocriniens dans nos produits de toilette… Des vêtements qui bousillent la planète et ses habitants. C’est un fait : au 21ème siècle, des ouvriers du textile risquent leur vie dans des usines, des enfants travaillent pour 10 dollars par mois et la mode est le deuxième secteur le plus polluant juste après l’industrie pétrolière.
Happy new yeeeaaar !

La bonne nouvelle, c’est que des alternatives existent ; le bémol, c’est qu’elles sont souvent plus chères. Le prix est évidemment justifié, mais il faut se rendre à l’évidence : on n’a pas tous le compte en banque au vert ni les étrennes de Lagardère.

Je pourrais conclure cet article ici, en clamant qu’il suffit de n’acheter que ce dont on a strictement besoin : un panta-short (celui à zip, qui se transforme en fonction des saisons), un sweat à capuche et une paire de chaussures imperméables.
Oui. On aurait des maisons en rondins de bois et on vivrait grâce à la vente de sculptures en pomme de pain.

Mais avant de s’enterrer dans la forêt, nous pouvons déjà avancer pas à pas vers un quotidien plus vert.
Et dans le domaine de la mode éthique, il y a de la matière : composition et entretien des vêtements, seconde-main, labels équitables et vegan, fabrication locale, location et troc, minimalisme…

Je vous propose ici une petite batterie de solutions pour bien se vêtir sans racler le fond de sa tirelire !

Photo : H&M Conscious


Si un jean vendu au prix d’un paquet de cacahuètes est hautement suspect, un vêtement fabriqué de façon un peu plus responsable ne vaut pas forcément un lingot.

Selon une étude de Science Po et l’Atelier de couture : sur un tee-shirt à 29 euros, seuls 18 centimes sont liés à la confection. En rognant sur leur marge, les grandes enseignes peuvent offrir des prix bas tout en garantissant des conditions sociales et environnementales acceptables : “Respecter les règles ne coûte pas plus cher, à condition d’investir dans la formation des salariés, de réduire les coûts liés à une rotation excessive du personnel et d’obtenir des gains de productivité. Ces gains permettent de financer les augmentations de rémunérations et d’assurer des salaires décents. »  

Certaines marques ont aussi compris l’intérêt économique et écologique du recyclage et proposent des programmes de dépôt d’anciens vêtements dans les magasins en vue d’en fabriquer de nouveaux ou de les redistribuer à des personnes dans le besoin.

Pour éclairer le consommateur amateur de monde meilleur, le collectif Fashion Revolution a établi en avril 2016 un Fashion Transparency Index : le document classe les grandes marques en fonction des informations qu’elles partagent sur leur chaîne d’approvisionnement et des efforts qu’elles mettent en place pour améliorer leurs pratiques. En bas du tableau : Chanel, Hermes, Claire’s, Forever 21. En haut : H&M, Zara et Levi’s.

Certains hurleront au green washing en s’enchaînant aux grilles du magasin avec une paire de legging : je concède que c’est loin d’être parfait, mais ça avance dans le bon sens.

Par ici, la compagnie eco-friendly :

  • Galeries Lafayette – collection Fashion Integrity : des basiques équitables en coton bio
  • La Redoute – collection Made in France : une gamme de vêtements designés et fabriqués dans l’hexagone
  • H&M – collection Conscious : des vêtements confectionnés à partir de fibre recyclée, coton bio et lyocell ainsi que des cosmétiques certifiées ecocert
  • Asos – section Eco-friendly : une sélection de marques écolo, vintage et issues du commerce équitable à prix raisonnables
  • Urban Outfitters – section Urban Renewal Vintage : des pièces d’époque version originale ou retaillées
  • American Apparel : dommage, le site de vente en ligne a fermé, mais les boutiques physiques restent une très bonne option pour acheter des vêtements made in USA qui traversent les années

savoir apprécier la chine

 

Bureau des Évidences, bonjour ! Le vêtement le plus responsable est celui qui n’est pas (re)fabriqué : certes, mais comme dirait tante Josette, “ça va mieux en le disant”. La conception d’un jean, au hasard (l’un des produits les plus polluants au monde) nécessite à lui seul 10 000 litres d’eau, des pesticides, des colorants, des détergents et des millions de kilomètres de transport.
Ca tombe bien, le bon vieux jean de maman, le 501, a retrouvé ses lettres de noblesse sur nos fesses, à l’instar de toutes les tenues du siècle précédent.   

Pour dénicher des perles vintage, plus besoin de fouiner dans les greniers poussiéreux de nos aïeux : l’offre est pléthorique en ligne et en boutique. Rien qu’à Paris, il y a plus de 200 friperies.

Allez viens, je te donne un coup de (seconde) main :

prêter à son prochain

 

Lundi matin, mèche collée sur le front et teint blafard, on ouvre notre placards et on est envahies par une désagréable sensation : la pile de vêtements qui gît sous nos yeux nous file le cafard.
Pourtant, il y a à peine deux mois, l’achat de ce chemisier en soie nous avait excitée comme notre toute première barbe-à-papa.

Au lieu de se jeter dans le premier centre commercial à proximité, considérons une nouvelle façon de non-consommer : le partage (ouvrez vos bibles page 32).

Depuis quelques années, des plateformes de location de vêtements ont fait leur apparition. Leur fonctionnement est très simple : l’utilisatrice s’abonne puis choisit des tenues qu’elle gardera quelques semaines avant de les renvoyer, et ainsi de suite. Une solution eco-friendly pour changer de look à l’envi, tester des pièces funky ET faire des économies.

Le coeur sur la main, je partage mes bonnes adresses :

  • Hylla Penderie : une sélection de pièces uniques, neuves ou vintage, à louer lors d’événements et bientôt directement sur le site web
  • Tale me : une plateforme de location de vêtements éthiques spéciale enfants et  femmes enceintes, à partir de 19€ par mois pour ne pas dépenser des fortunes dans des tenues éphémères (une mention spéciale pour la formule location de manteau pour les petiots)

se prendre pour une grand-mère

 

Il y a fort longtemps, bien avant les gilets acrylique Jenyfer et les joggings à pressions, les vêtements étaient fabriqués par des artisans et portés jusqu’à leur dernier souffle. On les cousait, raccommodait, rapiéçait, remaillait et leur collait des coudières en attendant qu’ils ne ressemblent plus qu’à une vieille serpillière.  

Aujourd’hui, dégainer ses aiguilles pour réparer une chaussette trouée est quasi une hérésie : pourquoi perdre 15 minutes à coudre quand 5 secondes suffisent pour en glisser une nouvelle paire dans son panier Amazon ?

Pourquoi, je vous le demande ? Personne, au fond de la salle, au lieu d’échanger des petits mots avec votre camarade ?!
Eh bien : parce que ça évite de générer de nouveaux déchets vestimentaires dont seuls 25% sont recyclés, parce que ça permet de garder quelques piécettes dans son porte-monnaie, parce que ça détend et c’est grisant de faire quelque chose de ses dix doigts (surtout un dimanche soir devant une série avec un plaid et une tisane : #jesuismamie).

► A défaut d’être mamie-gâteau, je donne de bons tuyaux :

  • Le guide Couture Récup pour fabriquer de nouveaux vêtements avec les anciens
  • Un super article de Made in Utopie sur l’éloge du reprisage
  • Les blogs Coupe Couture et Heartsun qui donnent toutes les techniques pour réparer, repriser, remailler un vêtement
  • Le site Ma Petite Mercerie qui propose toute la panoplie de la parfaite couturière

faire tenir ses tenues

 

La mode éthique est protéiforme. Non, je ne reviens pas avec mes histoires de pantalon zippé qui devient short l’été : je veux parler des différentes façons d’appliquer cette mode qui respecte l’humain et son environnement.
Si le respect des droits des travailleurs est l’un de ses principes fondateurs, la mode éthique cherche aussi à diminuer son impact environnemental tout au long du cycle de vie des produits.

Forcément, plus il dure longtemps, moins le vêtement ne générera de pollution. Pour schématiser : il vaut mieux acheter un jean classique qui durera 10 ans que 10 jeans en coton bio qui dureront un an (on peut tromper une fois 1000 personnes… enfin vous avez compris).

Ça commence donc dans le rayon en choisissant des coupes et motifs intemporelles (par exemple, le sweat Bob l’éponge n’est pas VRAIMENT une option durable) et des matières de qualité : le coton, le lin, le chanvre, le lyocell issu de la pulpe de bois…

Ensuite, la clé de la durabilité, c’est l’entretien : espacer les machines, laver à basse température, sécher naturellement, repasser le moins possible.

► Par ici les combines green :

aiguiser son flair pour les bonnes affaires

Photo : Juste, la révolution textile


Dans l’ombre des grands magasins qui, façon Odile Deray au milieu de l’aéroport, clignotent, gigotent, assènent des slogans du soir au matin, une flopée de marques plus confidentielles ont déjà adopté une démarche responsable.
Fabrication en France ou en Europe, artisanat, petites séries, matières durables, certification équitable… Chacune a développé sa spécificité et oeuvre à son niveau pour une mode moins éphémères et plus respectueuse des hommes et de l’environnement.

Alors évidemment, payer des artisans avec du véritable argent, produire en quantité limitée et choisir des matériaux de qualité finit par peser sur l’addition.
Quand on n’a pas les biftons, on peut faire une wishlist sur Pinterest et attendre patiemment les promotions.

D’ailleurs, ce principe de wishlist est une très bonne façon de ne pas céder à l’achat d’impulsion : parfois, en revenant sur l’article quelques semaines plus tard, on se rend compte que le désir est retombé comme un soufflé. 

► La truffe au vent pour les bons plans :

 

 

Le prix des choses

le prix des choses

Ça fait très longtemps que j’avais envie de vous parler du « prix des choses ». Je ne sais pas si certains l’auront remarqué mais en tant que blogueuse/youtubeuse, ces dernières années j’ai clairement noté que plus le temps passait et plus le « prix des choses » devenait un sujet récurrent. Et plus particulièrement le « c’est trop cher ».

Alors attention, loin de moi l’idée de transformer ce post en longue lamentation car là n’est pas le sujet. Ces commentaires, que ce soit chez moi ou chez d’autres ne sont pas vraiment des commentaires désagréables (le monde de l’internet a connu bien pire, croyez-moi ! ^^) et j’ai plutôt l’impression qu’ils sont souvent laissés suite à un sentiment de frustration. La frustration de ne pas pourvoir se payer quelque chose, majoritairement. Et moi je n’aime pas quand les gens sont frustrés. La frustration c’est bourré d’ondes négatives et c’est contre-productif. La frustration ça ne sert à rien. Ou comme dirait Truman dans Nos Jours Heureux « C’est d’la merde !!!« .

Aujourd’hui j’avais donc envie de vous parler de tout ça, du prix des choses, du pourquoi certaines choses sont chères et d’autres non. Tout en faisant de mon mieux, comme d’habitude, pour éviter les généralités ! :)

NON MASS MARKET VS MASS MARKET

Oui, j’avoue, tout est parti de ma dernière vidéo Non Mass Market. Si vous ne connaissez pas ces vidéos, elles reprennent tout simplement le concept des haul mais je n’y présente que des achats issus de petits créateurs, made in France, fabriqués à la main etc. Des choses qui ne viennent pas de la grande distribution, en clair. Et donc des choses qui, pour la plupart, coûtent un certain prix. Dans cette vidéo je présentais des bijoux, des vêtements fabriqués en France et en petites quantités, de beaux objets, produits dans des conditions respectueuses, notamment de l’humain et qui promettent une durée de vie belle et longue. Et une remarque est revenue très souvent au milieu des commentaires: c’est TROP cher.

Entre temps (puisque je mets toujours, à la louche, 6 mois, avant de pondre ce genre d’articles) ma collection Ekyog est sortie et là, hop, un tour gratuit, le même genre de remarques « c’est trop cher » « on nous prend pour des c*ns ».

Je suis sans aucun doute une vieille tête de mule mais j’ai beaucoup de mal à accepter ces commentaires. Pas parce qu’ils me touchent directement ou me blessent (il ne s’agit pas de moi, je pense que c’est assez clair) mais parce qu’ils disent quelque chose de nous que je trouve très malheureux: nous avons perdu la valeur des choses.

Alors avant de continuer cet article je tiens à préciser que tous ceux qui verraient un jugement de valeur ou une critique ou quoi que ce soit de négatif dans les torrents de mots qui vont suivre, sont dans le faux. N’oubliez pas que en ce qui me concerne, le fait que vous achetiez tous vos vêtements chez H&M ou qu’ils soient tous fabriqués en France/bio/ou que sais-je n’a aucun impact sur ma vie. Ça ne me regarde pas et partant de ce fait je n’ai donc aucune volonté de juger vos choix personnels (d’autant plus que, ne l’oublions pas, je ne vous connais pas ;)). Mon but est plutôt de rendre des choses qui sont peut-être un peu opaques, un peu plus transparentes et, pourquoi pas, d’éviter des débats stériles et de la frustration inutile.

POURQUOI C'EST CHER

Le mass market, comme son nom l’indique est une production de masse. On fabrique en quantités gargantuesques, on vend dans des nombreux points de vente, physiques comme en ligne et bien souvent on fait fabriquer dans des pays dits « à bas coût » comme la Chine, le Bangladesh, la Turquie, l’Ukraine et j’en passe.

Pour vous donner un exemple, en 2010 le salaire horaire moyen au Bangladesh était de 0,24 centimes et en règle générale le salaire des ouvriers, ceux qui ont fabriqué de A à Z un tee-shirt vendu une trentaine d’euros, ne représente que 1% du prix final.

Autre exemple très concret, cette « décomposition du prix d’un tee-shirt » produit au Bangladesh :2013_51_prix_t_shirt

(source)

Pour un tee-shirt fabriqué au Bangladesh et vendu 29€ : un ouvrier gagne 0,18 centimes, son usine 1,15€, les sous-traitants 1,20€, le magasin lui ramasse 17€. 17€ c’est donc la marge du magasin/de la marque sur les 29€, autrement dit ce qui atterri directement dans sa poche.

Evidemment c’est un exemple extrême, si on prend l’exemple du « fameux » tee-shirt à 5€ d’H&M, les choses semblent un peu plus terre-à-terre: Un t-shirt à 4,95€, c’est 1,40€ (27%) pour le Bangladesh, 6 centimes pour le transport, 2,16€ (44%) pour la commercialisation en Europe, 79 centimes (16%) pour la TVA et 60 centimes (12%) dans la poche de H&M (source). Les articles entrée de gamme chez ce genre de marques sont plutôt là pour donner une impression de « pas cher et accessible » (ce qui est, effectivement, le cas) plutôt que pour se faire des cou*lles en or. Il n’empêche qu’une fois de plus, on remarque que ceux qui font un peu tout le boulot, les fabricants, ont une part du gâteau bien maigrichonne.

Ces marques ont aussi, évidemment, des charges à payer, des loyers en cas de boutiques physiques et tout un tas d’autres frais. Mais on sait pertinemment que de nos jours les grands groupes, que ce soit dans l’industrie du textile ou tout autre secteur d’activité, font des pieds et des mains pour payer le moins de charges et le moins d’impôts possible, délocalisant leur siège social dans des pays à la fiscalité avantageuse et j’en passe… Et surtout énormément de grands groupes ne pensent qu’au profit et se soucient peu de la qualité, des conditions de fabrication, de l’écologie ou de l’aspect humain.


Passons maintenant au contre-exemple avec les vêtements ou accessoires de petites marques. Je connais pas mal de petits créateurs et j’ai la chance que certains aient accepté de me dévoiler un peu l’envers du décor pour pouvoir alimenter ce post.

➡️ Je vais prendre l’exemple du sweat « Artisan » de Carrousel (et je ne remercierais jamais assez Elisa, la créatrice de la marque, d’avoir accepté que je la cite !)

  • Le prix de vente du sweat Carrousel est de 65€. Pour un sweat Elisa a besoin d’1m de tissu qu’elle paye 15€ (TTC et frais de port compris).
  • La coupe et le montage d’un seul sweat prennent 45 minutes. À 0,60 centimes HT (ce qui est le coût moyen de production du Made in France), on arrive à  27€ HT, soit 32,4€ TTC.
  • La sérigraphie lui coûte environ 3,50€.

Ce qui nous donne un coût de production pour 1 sweat Artisan de 50,9€. Soit une marge sur le prix de vente de 14,1€ (soit ce qu’Elisa gagne en vendant 1 sweat).

artisan carrousel

Et alors soldé à 52€ (comme c’était le cas lorsque j’ai commencé à écrire cet article)…je vous laisse calculer le bénéfice de la marque…(oui, ça fait bien 1,10€)(alors, c’est la TEUF ou c’est pas la TEUF  la mode éthique ?).

Tout ça sans compter tous les frais adjacents liés à une activité professionnelle non salariée: payer un comptable, payer les charges sociales, le RSI (soit plus de 40% du bénéfice), une assurance, voire plusieurs, les majorations parce que les achats de matières premières (tissus etc.) ne sont pas faits en grandes quantités, etc.

➡️ Une marque que j’aime beaucoup pour son extrême transparence : Juste Textile !

Tout est produit localement et absolument tout est d’une transparence limpide ! Ici on ne connait pas la marge réelle faite sur un modèle mais tout est détaillé sur cette page. On remarque malgré tout que la production représente près de la moitié du prix d’un tee-shirt quand le fonctionnement de l’entreprise (autrement dit les charges sociales, autrement dit les salaires) n’en représente qu’1/10ème.

prix_JUSTE

Un débardeur coûte donc 80€, ce qui est un prix élevé, certes, mais comme on peut le constater il n’y a pas d’arnaque… Simplement un prix « juste » (ahah ! fallait que je la place, désolée ;) ) pour une production locale et respectueuse. La marque va d’ailleurs jusqu’à réduire ses marges au maximum (en gros juste de quoi lancer et faire vivre l’entreprise) en attendant de pouvoir produire plus (donc moins cher) pour pouvoir augmenter ses marges et vivre un peu mieux.

➡️Autre exemple avec un article de maroquinerie (ici la marque n’a pas souhaité être citée):

  • Un sac en cuir dont le coût de fabrication est de 125€ car fabriqué en petites quantités, non pas en France mais dans un pays de l’Union Européenne, sera revendu 225€ soit une marge de 100€. Ce qui peut sembler correct mais de ces 100€ il faut déduire les frais de livraison des sacs jusqu’en France, les charges sociales (+ de 40%, piqûre de rappel) et tout le reste. Le tout pour un sac qui va être produit à moins de 100 exemplaires… Je vous laisse imaginer qu’on peut difficilement vivre de ce genre d’activités…

➡️Allez, encore un petit pour la route:

J’ai demandé à une amie à moi qui possède une petite marque de me parler un peu des coulisses de son métier.

Elle m’a donc expliqué comment fonctionnait la vente dans des boutiques dites « multi-marques » (comme Monshowroom, Place des Tendances etc.).

Si elle décide de vendre une partie de sa collection dans une boutique multi-marques (pour profiter de la visibilité de ces grandes enseignes, principalement), elle devra reverser 14% du total des ventes à la boutique multi-marque. Ça semble normal, la boutique ne va pas vendre ses articles sans rien demander en échange, ok.

Par contre, pour se faire elle devra fournir aux commerciaux de la dite boutique, une collection complète de ce qu’elle souhaite voir vendu chez eux. C’est à dire que si elle veut vendre [3 tops – 2 jupes – 1 robe] de sa collection dans 6 boutiques différentes elle devra produire [3 tops – 2 jupes – 1 robe] x 6 pour chacun des commerciaux, pour que ces derniers puissent présenter la collection et prendre des commandes. À la différence de la production des collections qu’elle vendrait sur sa propre boutique, ces « mini-collections » lui coûtent 3,5 fois plus cher car elles sont fabriquées en petites quantités. Par dessus le marché ces modèles ayant souvent des défauts ils sont quasiment invendables par la suite.

On ajoute à ça qu’il faut prévoir un shooting et une sorte de lookbook spécial pour les commerciaux. Compter alors entre 600 et 1000€ pour un photographe et un studio, environ 1000€ pour une chouette mannequin, 200€ pour une maquilleuse. Tout ça uniquement pour voir sa marque vendue sur une boutique multi-marque et mise en avant (ou pas).

Pour se faire connaître des commerciaux/stylistes des grandes boutiques (soit ceux qui décident ce qui sera en vente sur leur site) il est préférable de se rendre à des salons spécialisés comme, par exemple, le Who’s Next. Pour ce faire il faut compter plus de 4000€ pour avoir un stand de 9m2. Et, évidemment, un emplacement un peu moisi puisque les meilleures places (et les plus chères) sont laissées aux grandes marques qui attirent beaucoup plus de clients que les petits créateurs. Tout ça sans compter les frais inhérents, le transport si on ne vit pas à Paris, l’hébergement, la nourriture etc.

Pour résumer, pour essayer de faire vivre sa marque en vendant ses créations au travers de grandes boutiques elle doit débourser des sommes faramineuses qui, en toute logique, impactent sur le prix de ses articles.


EN CLAIR

Bref, tout ça pour expliquer que, comme je l’ai déjà vu/lu si souvent: NON les petits créateurs/les marques de mode éthiques/etc. ne se font pas des marges et des bénéfices de fou et ils ne choisissent pas de vendre leurs articles à un prix élevé… Ils n’ont juste pas le choix. Parce que passion ou non, le but d’un métier est malgré tout, in fine, de pouvoir en vivre, donc de gagner de l’argent et je pense qu’aucun salarié n’accepterait d’avoir les revenus de certains petits créateurs…

Ce que nous oublions trop souvent (ou ce que nous ne savons tout simplement pas)(et c’est là où j’espère que cet article sera utile :)) c’est que produire quelque chose ne s’arrête pas à « je voudrais le vendre une bliiiiiiinde, s’il vous plaît ». Il y a des tas de critères à prendre en compte et qui vont avoir un impact sur le prix de vente:

• le pays de fabrication

• les matières utilisées

• la quantité produite (c’est simple, moins un produit et plus c’est cher et vice et versa)

• la domiciliation de l’entreprise (une entreprise basée, par exemple, au Luxembourg s’en sortira bien mieux qu’en France de par les taux d’imposition et charges/taxes très différents)

• la façon dont les choses sont produites (est-ce que l’on fait attention à l’environnement et aux employés ou, au contraire, on en a rien à foutre, vas y ça coûte moins cher ?)

 

CA RESTE CHER

Le prix des choses, ce qui est cher ou ne l’est pas, reste une notion très subjective. Ce qui est cher pour moi ne le sera peut-être pas pour mon voisin. Ce qui n’est pas cher pour moi le sera peut-être pour vous. Je vois souvent les gens parler de « la crise »… Alors évidemment le coût de la vie est de plus en plus délirant et les salaires, eux, ne bougent quasiment pas (je vais être payé 2€ de plus cette année? WOUHOU! C’est la TEUF ou c’est pas la TEUF ??), sans parler du chômage ni de tout ce que l’on doit payer, chaque mois, pour vivre un minimum correctement (genre un toit au dessus de sa tête, avoir l’eau courante, un peu de chauffage en hiver et de quoi bouffer).

Et OUI, acheter Made in France ou des bijoux fabriqués à la main, ou des vêtements (ou une pelle et une balayette) qui vont réellement durer dans le temps représentent un certain coût. Certains ne peuvent pas se le permettre et, malheureusement, ça a toujours été ainsi. Il y a des inégalités, des personnes qui gagnent extrêmement bien leur vie et d’autres qui galèrent comme des perdus pour un SMIC et d’autres qui essaient désespérément de trouver du travail. On peut difficilement refaire le système…

Quelle que soit toute la bonne volonté, l’éthique et l’engagement derrière certains produits, oui, parfois « c’est trop cher » pour nous.

REMETTRE EN PERSPECTIVE

Par contre ce sur quoi je ne reviendrais jamais (ou difficilement, on va dire ;)) c’est qu’entre un pull à 150€, fabriqué en Chine en quantités monstrueuses et dans des conditions qui puent et un sweat à 150€ fabriqué à la main en France dans des conditions respectueuses de l’humain et en petites quantités… Qui est le plus cher ? Qui abuse sur les prix ?

Je pense notamment à des marques comme Sandro, IRO, Ba&sh etc. qui ont des tarifs excessifs pour une qualité parfois plus que médiocre (qui veut une robe à 200€ fabriquée en Chine et 100% acrylique ?) et qui jouent uniquement sur le prestige, sur la popularité de leurs marques pour vendre à des prix totalement prohibitifs. Qui ont aussi sûrement les moyens de se payer des attachés de presse et de s’offrir de jolies parutions presse ou des partenariats avec des « influenceurs », ce qui n’est, croyez-moi, absolument pas le cas des petits créateurs qui ne peuvent compter que sur le bouche à oreille et éventuellement avoir un peu de bol et taper dans l’oeil d’une rédactrice de magazine ou d’une blogueuse.

Alors ça n’enlève rien au fait que dans les deux cas certains ne pourront pas se payer un de ces deux pulls mais ce qu’il est important de comprendre, je crois, c’est que ce qui est cher de nos jours, ce ne sont pas les pulls made in France à 65€ mais les tee-shirts à 30€ fabriqués au Bangladesh par des personnes maltraitées, sous-payées, qui bossent dans des conditions épouvantables, qui sont en contact avec des matières extrêmement toxiques qui, en plus de mettre leur santé en danger, mettent la planète en danger et, en dernière ligne, les consommateurs en danger. Quand on achète un tee-shirt à 30€ (ou une robe made in China à 150 balles, 100% acrylique) on apporte malgré nous un certain soutien à un système nécrosé, des sociétés qui manquent souvent d’humanité et qui n’ont que le profit et l’argent dans leur ligne de mire, quelles qu’en soit les conséquences.

Quand on achète un pull à 150€ fabriqué en France on soutient des personnes pleines de bonne intentions, qui se battent au quotidien pour faire vivre leur idées et leurs passions, qui ont du respect et qui bien souvent, s’en sortent à peine.

Acheter ce genre d’articles c’est aussi dire MERDE au système, dire merde à la mauvaise qualité, à la surconsommation et au mass market.

Et c’est aussi faire un choix. Je pense que nous avons tous pour 60-80-100€ de pulls dans nos armoires. 1 pull Zara à 40€, 2 pulls H&M à 20€, ce petit sweat Primark à 10 balles et ce petit sweat Mango soldé à 10 balles aussi et hop, on y est. 100€. Est-ce qu’on a trouvé ça cher lorsqu’on les as acheté ? Sûrement pas. Mais si on prenait le temps d’additionner les prix de tout ce que l’on a chez soi… Je pense que beaucoup serait surpris de voir tout « l’argent » qu’ils possèdent dans leurs armoires ou même dans leurs maisons.

Une étude a d’ailleurs été faite à ce sujet en Angleterre démontrant qu’une femme anglaise moyenne (je pense qu’il faut entendre par là, salariée, avec des conditions de vie « normale », ni riche ni pauvre) possède près de 4000£ (soit environ 5000€) de vêtements non portés dans sa garde-robe ! (!!!!)

Certains pourraient s’offrir du Made in France, ou des vêtements écologiques/éthiques s’ils décidaient…d’acheter moins.

L’une d’entre vous m’a raconté il y a quelques temps que sa grand-mère avait pour habitude de dire « je n’ai pas les moyens d’acheter bon marché ». En clair elle ne pouvait pas se permettre d’acheter un nouveau pull à chaque hiver et elle préférait en acheter un seul, de très bonne qualité, certes à un prix élevé mais qu’elle allait pouvoir garder des années.

pas les moyens acheter bon marché

Alors ne me faites pas dire ce que je ne pense pas, je ne suis pas en train de clamer que merde vous faites quand même zéro effort, allez donc claquer 100 balles en une fois chez Ekyog plutôt que 100 balles en 5 fois chez H&M. Encore une fois chacun est libre de faire ce qu’il veut, de faire ses propres choix, moi je m’en fiche. Je ne fais qu’exposer des faits. Si vous êtes étudiant ou sans emploi, évidemment il faut bien s’habiller et vous n’allez pas aller claquer 1/4, voire plus, de vos revenus dans un pull. Ça tombe sous le sens. Et surtout personne ne nous demande d’être parfaits et irréprochables. Moi par exemple, même si j’essaie de plus en plus d’éviter certaines enseignes, si un jour je vois un truc qui me plaît, qui me va et qui a été fabriqué en Chine bon, ben…je vais sûrement l’acheter. Et je crois que je ne serais pas un monstre pour autant.

En gros rien ne sert d’être extrémiste. Si certains on fait le choix de passer en mode no-consommation, de ne plus rien acheter de neuf ou de n’acheter que du Made in France, c’est leur droit et leur choix et c’est tout à leur honneur. Mais pour autant ça ne signifie pas que ceux qui ne suivent pas la même voie sont de sombres merdes. Non mais vraiment, J’INSISTE, ce ne sont PAS de sombres merdes.

LAQUALITE

On pourrait aussi parler de la qualité des choses. Suite à ma vidéo certaines avaient signalé que certains de leurs pulls « low cost » tenaient très bien la route et d’autres que leurs chaussures de bonne qualité achetées il y a 5 ans n’avaient pas tenu le coup.

Bon, qu’on soit bien clair : la véritable qualité est de plus en plus difficile à trouver et surtout à reconnaître. Acheter un jean à 200€ ne vous garanti absolument plus que ce dernier vous suive pendant 10 ans, voire toute votre vie. Tandis qu’un truc à priori un peu « merdique » peut durer des années et extrêmement bien vieillir. Pour la petite histoire j’ai toujours en tête deux exemples que je vis quasi quotidiennement :

  • J’aime bien les culottes H&M. Elles sont bien coupées, elles sont abordables et jolies. Il y a 9 ans, quand j’étais enceinte, j’ai acheté un culotte spéciale grossesse (tout le monde est ravi de le savoir………………), qui s’est avéré être une culotte tout à fait normal mais bon, passons. Je l’ai donc achetée il y a près de 10 ans et ce n’est que depuis 1 an et quelques qu’elle commence à se détériorer. À côté de ça j’ai acheté, toujours chez H&M, d’autres culottes il y a environ 1 an et demi et bien la moitié est déjà trouée. Même marque, même articles, qualité pourtant totalement différente.
  • Même exemple avec 2 tops achetés chez Zara il y a environ 1 an, exactement en même temps et pour à peu près le même prix: l’un d’entre eux tient jusqu’à maintenant très bien la route. Il est en synthétique, avec de la dentelle/guipure, je le porte quasi toutes les semaines, je le lave tout le temps, c’est un peu mon « top de soirée » donc autant vous dire qu’il en a vu des vertes et des pas mûres. L’autre top, est tout aussi synthétique, je l’ai porté 1 fois (et ce n’est pas une façon de parler, je l’ai VRAIMENT porté une seule fois) et le truc s’est déchiré. Une fois de plus même marque, même articles, qualité pourtant totalement différente.

À côté de ça je pense aussi à ce gilet Rick Owens que j’avais pu m’offrir grâce à un bon d’achat. Tricoté main en Italie, 100% laine. Ce gilet est de loin une des pièces le plus quali que je possède: je le porte tout le temps, je m’en sers comme manteau, comme couverture, il m’a suivi pendant 3 semaines aux Etats-Unis l’automne dernier, a été roulé en boule, a pris la pluie, la grêle, le soleil, s’est tapé 16h d’avion, je n’en prends pas particulièrement soin et il n’ a pas bougé d’un iota depuis presque 2 ans. Quasiment pas de bouloches, sa forme reste intacte. Il est génial. Mais évidemment il coûtait un prix absolument exorbitant.

En parallèle, cet hiver j’ai acheté un gilet en cachemire Hunky Dory, une jolie marque suedoise aux prix…ahem…qui vont bien. J’avais envie d’un joli gilet noir que je pourrais porter tout le temps et surtout longtemps ! Et bien au bout de 6 mois le truc ressemble à une serpillière. Blindé de bouloches, il attrape toutes les merdouilles qui passent et il commence à se trouer ! 6 mois, pour un gilet payé 200€, ça fait mal.

rick owens x hunky dory

La « qualité » aujourd’hui est malheureusement devenue une notion très subjective et qui tient à…pas grand chose. L’une d’entre vous me disait sur Facebook que « cher n’est pas forcément égal à qualité et pas cher n’est pas forcément égal à merdique » et je suis entièrement d’accord avec elle (la preuve avec mes culottes et mon gilet Hunky Dory… ;)). Quand on achète un pull, par exemple, on ne peut jamais savoir quelle est la longueur des fibres qui ont été utilisées pour le confectionner (car oui, sachez que fibres courtes = qui se cassent =  coucou les bouloches), de même pour un tee-shirt mais on peut quand même partir du principe qu’un pull à 30€ n’aura pas été tricoté dans des fibres longues et solides.

J’avais d’ailleurs partagé il y a quelques temps la petite histoire « de ouf » d’un tee-shirt mise en ligne par Loom (d’ailleurs entre temps la marque a été lancée! :D)… Je pense qu’il est de bon ton de la recoller ici !

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On y apprend notamment qu’on achète 2 fois plus de vêtements qu’il y a 20 ans (pile le moment où la fast-fashion a débarqué dans nos lifes, tiens…), que pour réduire les coûts les marques taillent dans la qualité (une fibre de coton 1,5 fois moins longue coutera 1,5 fois moins cher..hé hé, logique !), que l’industrie textile est la 3ème plus grande consommatrice mondiale d’eau (derrière le pétrole et le papier) et que de nombreux articles de fast-fashion contiennent des substances extrêmement toxiques comme les NPE qui entraînent des dérèglement hormonaux. #youpi

 

RESTER COOL

Je pense que ce qu’il faut retenir de tout ça c’est qu’il faut (autant que faire se peut) rester cool. J’avoue que plus j’y pense et plus je me dis que la solution ultime (enfin encore faut-il qu’il y ai réellement une solution ultime…) n’est pas de boycotter le « mass market » et la « fast-fashion ». Aujourd’hui on a la chance d’avoir le CHOIX. Le choix de soutenir des petits créateurs, une façon différente de faire les choses ou le choix de s’habiller à moindre coût ou les deux en même temps.

Je me dis toujours que si tout le monde arrêtait d’acheter chez Zara et Primark, que deviendraient toutes les personnes, d’un bout à l’autre de la loooooongue chaine, qui travaillent pour ces marques ? Et puis surtout la « mode » reste un plaisir comme un autre, tout le monde devrait avoir le droit de se payer un vêtement pas trop onéreux, tout en ayant une qualité respectable.  C’est sûrement très naïf mais j’ai l’espoir que par des actions moins radicales, on puisse faire évoluer les choses dans le bon sens. À force de signaler aux marques que leur qualité laisse franchement à désirer, à force de rejoindre des actions visant à donner de meilleurs conditions de travail aux ouvriers du textile, à force d’essayer de se faire entendre.

Je pense souvent la grande campagne Detox lancée par Greenpeace il y a 4 ans (vous pouvez lire un très bon résumé juste ici) et qui a porté ses fruits. On peut aussi soutenir des collectifs comme Ethique sur Étiquette ou se tenir informé et rejoindre des campagnes via Peuples Solidaires , aller faire un tour sur Fashion Revolution et jeter un oeil à leur HAULternative ou leur excellent guide sur How to be a Fashion Revolutionary !

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Consommer de la mode éthique ne s’arrête pas à aller faire ses courses chez Ekyog et chez les marques Made in France. Il y a énormément d’alternatives comme acheter d’occasion sur les vide-dressing, les sites spécialisés dans le domaine (vide-dressing.com , vestiairecollective, vinted…), faire des échanges avec ses copines, louer des vêtements, profiter des soldes pour se payer une jolie pièce produite respectueusement

CONCLUSION

Pour conclure je dirais que ce serait juste chouette si on arrivait à prendre la mesure de ce que coûte la mode éthique (et encore une fois par éthique j’entends bio ou made in France ou dans des matériaux de qualité ou produit dans des conditions respectueuses de l’homme et de la planète etc. ÉTHIQUE au sens large ) et qu’on arrêtait de hurler à l’arnaque.

Je me rends bien compte qu’en tant que « consommateur lambda » on ne prend a-bso-lu-ment pas la mesure de tout ça, qu’on se dit rarement « pourquoi ce tee-shirt coûte 50 balles alors que celui-ci en coûte 5 ? Quelle est la VRAIE raison ? », qu’on ne se demande jamais en quelles quantités peuvent être produites les choses et quel impact ça peut avoir sur les prix… Qu’en gros on a tendance à ne pas trop se poser de questions et à souvent conclure à du « foutage de gueule » alors que, malheureusement, les choses sont un peu plus complexes que ça.

J’espère sincèrement que cet article vous aura éclairé sur le sujet, vous aura éventuellement apporté des réponses et que j’aurais réussi à me faire comprendre (Le jumeau maléfique de Jean-Michel Raconte Mal, c’est moi… Ne l’oublie jamais !)

Prenez soin de vous et passez une très belle journée ! ❤️

Trek

IMG_0891-2Le week-end dernier je suis allée faire un petit tour à Liège. Après avoir très très bien mangé au Cuccinela et bu un latte-caramel à tomber par terre au Cafe International (merci pour vos super bonnes adresses, j’ai tout noté pour un prochain séjour à Liège! <3) j’ai été happée par une boutique de snow/skate. Enfin, happée… Surtout mon chéri, en fait (putain ces mecs, les boulets, quoi… On essaie de faire des efforts, de résister, tout ça tout ça et eux ils nous font un caca nerveux parce qu’ils ont repéré une paire de chaussettes trop cool dans une boutique)(non je déconne. Le mien n’est pas comme ça. l-Le mien est PARFAIT!)(et surtout…il lit mon blog… ;))(bisous mon lapin!)(pardon).

Je rentre donc dans la boutique, accueillie par une adorable vendeuse (qu’est ce que les belges sont gentils! C’est du bonheur pur ce pays!) et je me dirige quasi instinctivement vers les parkas. Et là. Bim. Je craque sur une parka Napapijri.

Napapijri, quoi…

Alors pour vous la faire courte, Napapijri c’est quand même la marque pas glam pour un sous. Je me souviens, quand j’étais au lycée, j’avais un pote qui portait des tas de vêtements de cette marque. Et moi, jeune et un peu conne pas très fut-fut je n’arrêtais pas de lui dire que c’était trop pas la classe et que ça faisait trop pas rêver et qu’on avait trop l’impression qu’il était constamment sur le point d’aller faire un trek sur le Mont Blanc.

Et puis il y a 10 jours, je crois que j’ai payé pour ma mesquinerie passée. Le grand dieu de la mode (ou du trek, au choix) a insufflé en moi un désir irrépressible pour cette parka. Légère, d’une chaleur sans précédent (5° et je peux la porter avec juste un tee-shirt en dessous… Rep a sa la parka Maje!), imperméable, coupe vent et surtout avec une dégaine qui m’a, aussi bizarre que ça puisse paraître, complètement transcendée.

Comme si pour s’éloigner de la fast-too-much-fashion (voilà que ça la reprend… MAIS FAITES LA TAAAAAIRE!) il fallait que je passe par du pas-fashion-pour-un-sous. Et bien figurez-vous que ça fonctionne plutôt très bien chez moi! Je suis à deux doigts de me débarrasser de mes deux autres parkas noires, persuadée que celle-ci remplira bien mieux qu’elles le rôle de me garder au chaud. Et pour les jours où je n’aurais pas envie qu’on m’indique la direction des Vosges, il me restera toujours mes jolis manteaux! ;)

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Parka Napapijri

Pull Aiayu

Jean Pepe Jeans (vu ici)

Baskets Common Project (vues ici)

Sac Asos (vu ici)

Boucles d’oreilles Garnett 

Bagues Boutique Minimaliste IMG_0904-3 IMG_0914-5 IMG_0916-7 IMG_0915-6