Ethique et mass-market, l’équation impossible ?

La nouvelle m’a semblé passer assez inaperçue… Il y a quelques mois (peut-être même 1 an…? ou plus…? je n’ai pas pris de notes) le groupe H&M, après COS et &Other Stories, a lancé Arket. Une marque de mode mais aussi de lifestyle et de déco. Côté « ADN » comme ils disent, je cite « Le style au-delà de la tendance, de la qualité dans des conceptions simples, intemporelles et fonctionnelles » et, quand on y regarde de plus près, une petite saveur de « éthique éthique éthique » pas assumée franco-franco mais fortement sous-entendue comme on le sent avec cette présentation du groupe himself  « la mission d’Arket est de démocratiser la qualité au travers de produits accessibles, bien fabriqués, durables, créés pour être utilisés et aimés longtemps ». Du Baudelaire, cette présentation, moi je vous le dit !

Alors même si je surveille Arket depuis un moment je n’ai pas sauté le pas de la commande, mais je trouvais intéressant d’en parler avec vous et qu’on se questionne, ensemble, sur la possible éthique des grands groupes de fast fashion.

*insérer musique dramatique*

Que ce soit Mango avec Commited, Zara avec sa collection Join Life, H&M et sa bien connue collection Conscious, la fast fashion se sort doucement les doigts du c** et commence à proposer à son laaaaarge public, des pièces présentées comme plus « éthiques » : matières biologiques ou écologiquement plus sympas comme le lin, le tencel, réduction de la quantité d’eau utilisée pour produire, une plus grande transparence etc. Mais la question est : est-ce que c’est (vraiment) bien ? Est-ce que c’est (vraiment) éthique ?  Doit-on boycotter ces enseignes dans leur intégralité ? Est-ce un biais par lequel passer quand on veut résoudre l’équation éthique x petit budget ?

Parce que clairement, tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin à la mode éthique l’auront remarqué, consommer éthique peut vous coûter un rein et l’hypothèque de votre maison – je vous renvoie à mon article « Le prix des choses » si vous avez envie de comprendre un peu les rouages de cette industrie et surtout pourquoi produire de façon éthique coûte forcément plus cher et impacte donc le prix de vente -.

MAIS…pas forcément ! Camille, mon acolyte green, avait écrit un article génial à ce sujet, modestement intitulé « S’habiller éthique sans y laisser un smic« . Elle y listait tout un tas d’options, moins onéreuses, que d’aller directement acheter du bio ou de made in France et dans mes souvenirs vous aviez adoré cet article (et moi aussi !), même si certaines avaient évidemment soulevé la question du « oui mais acheter du Conscious chez H&M qui n’est pas du tout une marque qu’on peut considérer comme éthique, de facto, ne rend pas l’achat éthique« .

Je reviens sur Arket car c’est un cas qui me semble bien intéressant.

Ce qui m’a frappé dès mes premiers pas sur le site ce sont tous les filtres disponibles : on peut choisir sa couleur (bon, ok, plutôt classique), dans quel catégorie on souhaite naviguer (homme, femme, enfant, maison), se concentrer plutôt sur les imprimés à pois ou floraux et, soudainement, on vous propose de choisir la matière…et le pays de fabrication !

Alors le filtre « matière » quand tu ne portes ni cuir, ni laine, ni soie etc. c’est super cool ! Mais le filtre pays de fabrication, pour moi c’est du jamais vu.

Je crois que c’est vraiment ce point qui m’a le plus intriguée. Quand on sait que la fast fashion en ligne est très rarement transparente sur la question et qu’il n’y a bien souvent aucun moyen de savoir où ont été fabriqués nos vêtements avant de les avoir en main (à moins d’envoyer un mail au service client… TELLEMENT PRATIQUE), voir Arket proposer cette option d’entrée de jeu est forcément appréciable.

Alors bien entendu la liste est longue comme mes deux bras et on retrouve les classiques : Maroc, Bangladesh, Chine, Brésil, Inde… Mais aussi du made in France, Italie, Japon, Suisse, Allemagne. Plutôt inhabituel pour une marque de fast fashion, ces dernières se cantonnant souvent au bon vieux made in China ou pays en voie de développement aux conditions de travail qui laissent franchement à désirer. Donc plutôt cool de prime abord… Sauf que dès lors que l’on clique sur les petits filtres-qui-font-un-peu-rêver, espérant trouver un joli pull made in France ou un jean fabriqué au Japon… La débandade. En provenance de ces pays on ne trouve que du homeware, des cafetières, des bougies françaises, des brosses à chiottes fabriquées en Finlande ou des gourdes made in Switzerland. Lors de mon exploration je n’ai trouvé que des sacs fabriqués en Italie, des chaussures et un peu de textile (cravates, écharpes…) et d’autres chaussures fabriquées en Angleterre.

Par contre dès lors que le filtre Bangladesh ou Chine est enclenché, une pluie de vêtements s’abat sur toi.

Bon. Ok. Ça refroidit un peu mais tout n’est pas foutu.

Le monde du textile évolue sans arrête et je crois qu’il est bon, quand le sujet nous intéresse, de rester conscient des réalités (actuelles).

Arrêtons-nous un moment sur le Made in China, par exemple. Cette mention sur l’étiquette qui fait frémir toute personne un peu attentive à la question de l’éthique. Dès lors que l’on aperçoit ces trois petits mots défile devant nos yeux des allées et des allées et des allées de travailleurs chinois, croulant sous des montagnes de tissus, bossant 28h par jour dans le noir en étant payés 10 centimes la journée.

Alors qu’en réalité, la Chine a beaucoup évoluée ces dernières années. Je vous invite vraiment à lire cet article sur la question du made in China, datant de 2013, ok, mais hyper éclairant sur la question et qui remet un peu les choses à leur place. On y apprend, entre autre, que le coût de la main d’oeuvre, en 2013, n’est plus que la moitié du coût de celle aux USA (et qu’en 2015 elle prévoit d’atteindre 60% de ce coût…et, je ne vous apprend rien, nous sommes aujourd’hui en 2018) mais aussi que la Chine est devenue trop chère pour beaucoup de marques de fast fashion souhaitant réduire au maximum leurs coûts de fabrication.

Concernant la qualité, cet article nous apprend aussi que si la qualité peut être mauvaise en Chine c’est simplement à cause du cahier des charges des enseignes. Une usine à qui on dit d’utiliser du coton de piètre qualité, d’affiner les coutures pour grapiller 1 centime par ci ou 2 centimes par là…s’exécute. Ils sont là pour faire ce qu’on leur demande et si le made in China a si souvent été associé à qualité de merde et sapes qui se barrent en lambeaux au bout d’une lavage…c’est la faute des marques. Pas de la fabrication chinoise. Logique, au final.

En bref, la Chine, bien qu’elle ne soit pas un eldorado de l’éthique, n’est plus aujourd’hui la pire mention que l’on puisse lire sur l’étiquette de nos vêtements.

Le Bangladesh par contre…

En 2013 toujours, le Bangladesh était le pays avec le salaire le plus bas du monde. L’effondrement du Rana Plazza, toutes ces personnes décédées pour que l’on puisse porter des tee-shirts à 5€, avaient un peu chamboulé le monde et placé ce pays en top position des pires pays dans lesquels confectionner ses vêtements.

Mais en réalité, est-ce que c’est si pire que ça ?

Chez Arket, toujours, pour chaque article on peut connaître, en plus du pays de fabrication, le nom exacte de l’usine où a été fabriqué le vêtement. Pour ce jean, par exemple, on découvre que l’usine qui l’a confectionné se nomme joliement Pimkie Apparels et un rapide googlage nous permet même de voir des photos (bon, ok, UNE photo). Une visite sur le site et on apprend que l’usine en question souhaite se positionner de façon assez claire sur du green, de l’éthique et du socialement correct.

C’est bien beau tout ça, non ? Alors la question c’est est-ce qu’on est face à un joli éthiquewashing dans les règles de l’art ou, Arket (ou toutes les marques de fast-fashion qui se lancent dans la création de gamme éthiques) peut-il vraiment nous proposer de l’éthique sans vider notre PEL ?

Mon point de vue sur la question a toujours été assez tranché et voici comment je vois les choses :

OUI, au Bangladesh ou dans les pays du genre, les conditions de travail sont très majoritairement mauvaises, l’humain traité comme de la merde, les conditions de sécurité déplorables et j’en passe.

OUI on doit vraiment cesser de cautionner ça.

OUI, la qualité laisse souvent à désirer.

OUI, acheter du M.I.Bangladesh chez Zara & compagnie c’est soutenir une industrie qui pue un peu du cul.

OUI on pourrait avoir envie de passer directement à la case boycott sans passer par la case prison ni récolter 200€.

MAIS…

Peut-on s’imaginer une seule seconde ce qu’il se passerait si, demain, tous les consommateurs de Zara, H&M & Co, décidaient de ne plus jamais acheter chez ces derniers… On pense souvent à ceux qui se trouvent au bout de la ligne en matière de mode éthique, en se disant que, non, vraiment, on ne peut plus cautionner ça, on ne peut plus continuer à acheter des tee-shirts à 5 balles et des pulls en acryliques à 12, parce qu’il y a ces pauvres gens, qui triment comme des perdus, au bout de la chaine (ou plutôt au début). Mais est-ce qu’on pousse le raisonnement assez loin pour se dire que si demain ces personnes qui gagnent, une misère certes, mais qui survivent avec cette misère (et j’insiste sur le terme survivre…) se retrouvent sans emploi… Alors quoi ?

C’est, à mon sens, la limite de l’idée de boycott et là où il faut enclencher un autre mode de raisonnement, à savoir : ne pas arrêter de consommer chez ces enseignes mais plutôt faire entendre sa voix de consommateur et se lever contre des conditions qui ne nous conviennent pas et que l’on trouve inadmissibles.

Pour moi ça rejoint un peu l’idée de l’arrêt de la consommation. C’est une équation qui me semble assez impossible dès lors que le monde dans lequel on évolue demeure fondamentalement capitaliste, où tout est basé sur l’argent, la vente et l’achat de biens. Ce qui ne signifie pas, attention, que la sur-consommation n’est pas un problème et qu’il faut continuer à se rouler dedans tels les doubitchous de Sofia sous les aisselles. Non. Loin de là.

Mais concernant toutes ces questions je pense de plus en plus sérieusement qu’abandonner ces pays sur le côté de la route « par principe » n’est pas la meilleure solution qui soit.

Bien entendu -et je ne le répèterai jamais assez- il n’existe PAS de solution idéale. Ou tout du moins de solution qui puisse être adoptée par tout le monde. Nous restons des individus, chacun face à ses valeurs, ses envies, ses choix – son budget aussi – et je pense qu’il est plus que temps d’arrêter de prôner un modèle unique de « tout bio – déconsommation à fond – éthique 8000 – minimaliste power – j’en passe et des meilleurs », absolument impossible à atteindre.

Se tourner vers les gammes plus éthiques, et même éthiquewashées, des grandes enseignes me semble une option vraiment positive.

C’est, déjà, le signe que les choses bougent. Que ces piliers de l’industrie textile réalisent enfin que leurs clients ont aussi envie de savoir d’où viennent leurs vêtements, comment ils ont été confectionnés, par qui et de quoi ils sont fabriqués. Alors oui, je reconnais l’éthiquewashing et celles et ceux qui crient juste à « l’envie de faire du fric » ont entièrement raison MAIS on ne rappellera jamais assez que si une marque existe, une entreprise se cache derrière et le but d’une entreprise est de vivre, de prospérer et donc de gagner de l’argent. CQFD.

Si demain tout le monde se détournait de ces gammes, quel serait le message envoyé ? Celui d’un désintérêt total. On verrait donc disparaître, assez rapidement je crois, ces initiatives qui, bien qu’imparfaites, ont le mérite d’exister. Le mérite d’exister et de proposer à celles et ceux qui ne peuvent pas se tourner vers une mode éthique un peu plus aboutie, une alternative finalement pas si dégueulasse, moins pire comme j’aime souvent le dire. Et moins pire, les gars, c’est toujours ça de pris.

Il est temps, à mon sens :

  • de sortir du cliché du sacro-saint Made in France (qui n’a parfois de made in France que le nom…ou un ou deux boutons…). On peut produire bien et éthique à tous les niveaux ailleurs qu’en France (ou en Belgique si vous êtes belge, ou aux USA si vous êtes américain, etc.)
  • d’arrêter de penser que cher est forcément égal à qualité et éthique. Je pense notamment à toutes les marques qui rentrent, à mon sens, définitivement dans la case du mass market comme Ba&sh, Sandro et compagnie, à la communication bien ficelée, qui vendent des articles présentés comme haut de gamme, sans pour autant garantir une quelconque éthique
  • de ne plus bloquer constamment sur les même marques. C’est bien simple quand on voit passer les principales marques de fast fashion citées depuis le début de cet article (aka Zara, H&M et Mango), on hurle souvent au scandale. Mais s’intéresse-t’on aux marques un peu plus petites, à l’aura très « créateurs » ? Au hasard comme ça je pense (ce sont des exemples de marques, je ne dis pas qu’elles sont pourries hein ;)) à Maison Scotch, Asos, Levi’s toutes les marques vendues par Urban Outfitters ou les boutiques multi-marques comme Monshowroom qui vendent du Vero Moda, Vila et compagnie à tours de bras, des marques qui produisent elles aussi en quantités astronomiques.
  • de cesser avec les injonctions en tous genre et surtout, si on le veut, d’essayer de faire bouger les choses autrement

— LES 3%

Vous connaissez l’histoire des 3% ?

Matthieu Blanco,  dans cet épisode des Carencés (à partir de 32 minutes environ) nous explique comment seulement 3% des gens peuvent « changer le monde » et faire, par exemple, basculer une marque. Il explique que dans l’inconscient collectif nous pensons souvent qu’il faut au moins 50% de gens (par exemple 50% de la clientèle de Zara) pour avoir du pouvoir et un potentiel impact, pour être entendu et surtout pour que les demandes/revendications soient prises en compte.

Mais il explique qu’en agro-alimentaire toutes les remarques sont enregistrées et ensuite traduites sous forme de statistiques. Que les marques partent du principe que s’ils ont reçu, par exemple, 3000 mails se plaignant de la même chose (il prend l’exemple de la vitamine B3 dans les produits St Hubert, B3 d’origine animale donc produits pas végétaliens), cela signifie en réalité qu’ils ont X à avoir le même point de vue mais à ne pas le dire et Y qui n’achèteront pas leurs produits pour cette raison. Partant de là ils voient immédiatement une potentielle perte d’argent et, hop, ils décident de changer genre vite vite parce qu’ils flippent grave.

Tout simplement parce que, même si 3%, de notre point de vue de consommateur seul dans son coin ça ne nous semble pas grand chose, il faut prendre ces 3% d’une façon globale, sur des volumes et des sommes colossales, la perte (potentielle) de 3% de chiffre d’affaire est assez catastrophique du point de vue des industriels. #desdollarsàlaplacedesyeux

Alors bien entendu, ici, Matthieu nous parle du secteur agro-alimentaire mais je ne doute pas une seconde que ce schéma puisse s’appliquer à toutes les industries.

Alors pourquoi ne pas faire savoir aux marques ce qu’on ne cautionne pas dans leurs agissements ? Réclamer plus de transparence (comme connaître les pays de fabrication des vêtements lorsqu’on achète en ligne), faire savoir lorsqu’on a eu une mauvaise expérience avec un vêtement (genre « mon tee-shirt s’est déchiré au bout d’un lavage » ou « j’ai 350 000 bouloches sur le pull que j’ai porté 1h wtf ») Envoyer un mail ou un tweet à une marque n’a jamais été aussi facile qu’aujourd’hui et comme nous le prouve cette histoire de 3% ça peut avoir un réel impact.

— LÂCHE TA GRIFFE

Poser sa griffe sur des pétitions. Ben oui, ces bonnes vieilles pétitions qu’on voit tourner partout, tout le temps, où souvent on se dit « pfff mais ça sert à quoi ? ». Si on repense à cette histoire de 3% il me semble que cela apporte un jour nouveau sur ce système d’expression et de contestation.

Si on  repense à ces 3% et on peut se dire que notre signature peut en faire partie et que l’impact peut être réel. D’ailleurs voici un petit article datant de 2015 qui regroupe 16 pétitions qui ont changé le monde.

Donc si vous avez des envies de changer le monde n’hésitez pas à vous inscrire à des sites comme Avaaz ou Change.org, n’oubliez jamais cette histoire de 3% et surtout notre pouvoir en tant que communauté. Sachez aussi que n’importe qui peut lancer une pétition, c’est open-bar !

— IBOYCOTT

Il me semble avoir déjà parlé de ce site, assez récent, mais un petit rappel ne fait jamais de mal.

I-Boycott est une association à but non lucratif où chacun peut lancer sa campagne de boycott. Des revendications sont énoncées, des explications données, un seuil de boycottant est fixé, chacun peut aussi proposer ses alternatives (exemple ici avec Coca Cola : de l’eau/arrêter les sodas/acheter une soda stream/se tourner vers des sodas locaux et artisanaux/etc.) et bien entendu chaque boycottant s’engage à ne pas acheter chez l’entreprise concernée pendant la durée de la campagne de boycott. Lorsque le seuil de boycottants est atteint I-Boycott s’occupe d’envoyer le tout aux entreprises concernées. À partir de là les entreprises peuvent répondre, comme par exemple ici avec H&M. Ensuite les boycottants peuvent voter en indiquant si la réponse les satisfait…ou non. Dans le cas de H&M le « non » l’a emporté, deux fois, la campagne est donc toujours en cours et il manque un peu plus de 4000 boycottants pour informer à nouveau l’entreprise.

À ce jour je n’ai pas vraiment d’infos sur le taux de réussite mais je trouve le concept vraiment génial. Un système qui rassemble les gens, centralise, totalement gratuit, simple et intuitif.

Aujourd’hui il y a tellement de désinformation et de clichés bien ancrés dans l’inconscient collectif qu’il serait bon de faire de vraies campagnes d’informations à propos de tous ces sujets. Toute production en dehors de la France n’est pas non-éthique, le Made in China ne rime pas forcément avec qualité déplorable, on peut sans aucun doute produire dans les pays en voie de développement tout en respectant une certaine éthique ou encore toutes les grandes marques ne manquent pas d’éthique, que ce soit humainement ou écologiquement.

Côté informations je ne saurais que trop vous conseiller de suivre Fashion Revolution, une association hyper investie dans la mode éthique et la communication autour de cette dernière. Leur Fashion Transparency Index de 2017 est à voir et indique les « scores de transparence » d’une centaine de marques. On y apprend, entre autre que H&M obtient, selon leurs critères, un bon 48% de transparence (le score le plus élevé juste après Reebok et Adidas), Zara et Asos respectivement 36 et 34% quand Chanel, Dior, Prada et Miu Miu restent en dessous des 10% de transparence.

Et, pour le côté plus écologique, de jeter un oeil à la campagne Detox de Greenpeace où on apprend par exemple que du côté « detox de la force » H&M et Inditex (le groupe possédant Zara, Bershka et compagnie) sont très bien placés et fournissent de réels efforts.

Bien entendu, encore une fois, tous ces outils ne nous disent pas d’acheter sans compter ni se poser de questions chez les grandes enseignes et je ne mets pas en avant ces chiffres pour vous dire « le mass market, wouhou, keskya c’est super génial ! » mais il me semble que tout ça peut permettre d’y voir un peu plus clair et peut-être de mettre un peu d’eau dans notre vin.


Nous voici à la fin de cet article fleuve. J’espère sincèrement qu’il vous aura éclairé sur certaines choses mais surtout qu’il nous permettra d’échanger sur la question ! La fast-fashion pour vous, même à petites doses c’est « plutôt crever » ou « de temps en temps je me chope un teesh à 3 balles » ? Vous êtes plutôt team « shame ! shame ! shame ! » ou « j’ai envie de soutenir les initiatives positives bien qu’imparfaites » ? Dites-moi tout !

 

 

 

#COCOETHICOOTD – N.1

Depuis quelques jours j’ai instauré un petit truc sympa (enfin je crois) sur mon compte instagram (d’ailleurs si vous ne me suivez pas encore, c’est par ici que ça se passe ), les #cocoethicootd.

Je vous disais en début d’année avoir envie de revoir un peu ma façon de consommer la mode, d’acheter moins, d’acheter mieux – sans pour autant tomber dans l’extrême, coooomme d’habiiiitud-eeeeeuh – et comme les looks par ici se font de plus en plus rare, Instagram me semble un bon moyen de parler de mode « éthique ». Une petite photo, une petite légende, possibilité de découvrir les marques quasi immédiatement…

Mais l’autre jour, alors que je passais la journée avec mon Estelle adorée, j’ai reçu une petite commande et on s’est dit que ce serait cool de faire quelques photos.

Bon. Ok. En vrai Estelle a quasiment du me menacer et me traîner pour que je joue le jeu (je vous épargne les 40 premières photos qui sont juste…comment te dire…?) mais c’est un tel bonheur de faire des photos avec elle (c’est à dire que c’est la meuf qui te dit toutes les 2 minutes « ah tu es magnifique » « sublime, ne bouge pas » « oh tu es belle »… Bon, ça fait du bien on va pas se mentir) qu’on a fini par avoir cette petite série et que je me suis dit, ben allez, vas y, poste moi donc ça ! (je me parle beaucoup à moi-même, c’est important de communiquer avec son soi)

📷 Estelle Segura

Au programme donc aujourd’hui :

Reclaimed Vintage si j’ai bien tout compris ce sont des pièces fabriquées à partir d’anciens tissus… Exemple des restes qui traînent dans un coin, dont personne ne veut… Ils les achètent et en font des trucs cool… Hop, #upcyclingpower et c’est fabriqué en Angleterre (tout du moins cette combi est Made in UK). Niveau tarif on n’est pas dans le « tiens je te jette ça à la gueule » mais ça reste correct, d’autant plus qu’il y a très souvent des promos et des codes sur Asos.

 

Une marque que j’avais repérée depuis des mois et que je suis religieusement sur Instagram. Si ma folie pour les sacs a connu un énorme frein le jour où j’ai arrêté de porter du cuir et que j’ai construit, ces deux dernières années, une collection assez cool, de temps en temps je sens l’appel du joli sac (et l’envie de découvrir et tester de nouvelles marques) sonner à ma porte. *ding dong, coucou c’est moi l’appel du joli sac, bien ou bien ?* Je me décide donc à commander la semaine dernière…et là pas de bol, la marque ne livre pas en France. #génial #fail Mais il m’en faut plus pour me décourager, je commence à fouiller sur le world wide web et je découvre que la marque est distribuée chez Asos…et que le sac que je convoite est soldé à -50. Comment te dire que j’ai réfléchir l’équivalent d’une demie-seconde. Donc Melie Bianco c’est une marque américaine, les sacs sont en PU, exempts de PVC, ils sont certifiés par la PETA. Elle est aussi sweatshop free ce qui signifie que la marque est engagée auprès de ses fabricants et des ouvriers, qu’ils s’assurent d’un salaire correct, des bonnes conditions de travail etc.

Côté qualité je dois dire que j’ai été assez bluffée ! La matière est toute douce, hyper jolie, les finitions sont nickel et j’ai l’impression d’avoir un sac de designer, les animaux morts et le porte-monnaie vide en moins.

  • Les Converse les plus basiques mais cool du monde

Achetées exactement 20 balles d’occasion, elles sont déjà un peu abîmées (mais je suis team #chaussuresdéglinguées). Pas grand chose à dire à propos des Converse en soi, c’est du basique, mais acheter d’occasion c’est quand même super cool. Quand il s’agit de grandes marques de fast-fashion ça se transforme, à mon sens, en un achat éthique (mais aussi lorsque ce n’est pas de la fast fashion, obviously). Donner une seconde vie à un vêtement ou un objet dont quelqu’un ne veut plus plutôt que de le mettre à la poubelle. Et c’est aussi un moyen de consommer la mode « éthiquement » sans se ruiner (d’ailleurs le prix des Converse neuves est quand même assez effarant !). Certes ça prend un peu plus de temps que de rentrer dans un magasin, de sortir sa CB et de repartir avec son truc sous le bras, on peut aussi avoir de mauvaises surprises mais je trouve vraiment ça génial que la vente de seconde main ait le vent en poupe (expression de marin des années 70, bonsoir). Quand je vois des pubs pour Vinted à la télévision, je me dis que les choses commencent à bouger un peu.

Que vous connaissez bien maintenant… Bois et métal doré à l’or fin, entièrement fabriquées à la main en France, une créatrice adorable au dernier degré de l’adorabilité. Je suis et resterai fan de cette marque. J’en profite pour vous conseiller cette petite vidéo sur les coulisses des bijoux, la fabrication etc., que j’avais déjà partagée ici mais qui, à mon sens, dévoile parfaitement le travail qui se cache derrière de « simples bijoux ».

Voilà pour cette petite revue #cocoethicootd, j’espère qu’elle vous aura plu et qu’elle vous aura inspiré ✨ Passez une très belle journée ❤️


 Combinaison Reclaimed Vintage – tee-shirt River Island – Converse All Star – Boucles d’oreilles Salomé Charly – Sac Melie Bianco – Chien perso


New In – 41

Oh oh oooh ! Happy vendredi les amis ! Un petit New In ça faisait longtemps, non ? (ceci est la phrase d’intro de tous mes posts de blog depuis 6 mois…euh… 1 an…euh…ahem…pardon.)

À l’heure des instastories où tout peut être partagé de façon quasi instantanée je me demande parfois si les blogs, et ce genre de posts a fortiori, ont encore lieu d’être… Et puis il me suffit de voir combien j’aime (toujours) ce genre d’articles chez d’autres pour me dire que par ici il doit bien y en avoir encore 2 ou 3 que ça branche ! Donc, let’s go ! ✨

Je commence avec la plus belle surprise de ce début d’année : les bijoux De La Forge. Envoyés de la part de Maëlle, la créatrice (Maëlle si tu passes par là merci encore mille fois !), je ne savais pas du tout à quoi m’attendre en ouvrant les petites boîtes noires gravées au nom de la marque.

Bon, on a deux choses qui ressemblent manifestement à des bagues et deux choses qui me laissent, de prime abord, un peu pantoise… Ces anneaux  ouverts sont ils des bagues ? Des boucles d’oreilles ? Des boucles de nez ? Des porte-clés ? Très douée la dame, elle a quand même dû aller voir sur le site pour comprendre qu’il s’agissait de boucles d’oreilles « nouvelles générations » (je suis une personne si alerte)(…), de celles que tu places au creux de l’oreille, de celles pour lesquelles tu n’as pas besoin de passer par la case « trouez-moi ces oreilles ! » et alors…oh.la.la. Le coup de coeur intersidéral !

Tous les bijoux sont fabriqués en France, à Paris et sont disponibles dans plusieurs déclinaisons de métal (or ou palladium) et de pierres semi-précieuses lorsqu’il y en a (le lapis…ma pierre favorite de toute la vie), et ça on aime !

Je suis tombée littéralement amoureuse de ces bijoux minimalistico-graphiques, le concept de ces BO me transcende et c’est bien simple, depuis que je les ai reçus je-ne-les-qui-tte-plus !

 

Bague « Cosmos »  [à gauche]  boucle « Saturne » — [à droite]  boucle « Astro » et bague « Cosmos »  Bague « Saturne » et « Cosmos« 


Début décembre, avec Numéro Sept, nous avons participé à un petit événement à Strasbourg où j’ai eu la chance de rencontrer pas mal d’entre vous, dont Margaux, la créatrice de OkmaKoma ! Adorable au delà du possible elle m’a glissé un petit cadeau lors de notre rencontre et, omg, amour absolu lorsque j’ai déballé le joli paquet !

Margaux créé des linogravures, entièrement réalisée à la main et je suis f.a.n de son univers ! Elle avait aussi glissé un super tote-bag, lui aussi imprimé à la main et que vous pouvez voir juste ici.

Merci encore Margaux, ton affiche trône maintenant royalement dans mon bureau ! ❤️

[ Affiche OkmaKoma ]


Lors de mon dernier séjour à Toulouse je me suis retrouvée à flâner dans une petit librairie, à deux pas du Capitole, où je suis tombée sur ce bouquin (d’occasion qui plus est ! Je salue l’initiative de cette librairie qui mixe livres neufs et livres de seconde main !) : S’habiller (avec) Éthique.

Au programme un bouquin superbement pensé, facile à parcourir et plein de bons conseils pour mieux acheter, réutiliser, réparer ses vêtements, les entretenir au mieux, recycler, échanger…bref, repenser un peu sa garde-robe ! On y trouve aussi des DIY, des interviews, des recommandations de marques…bref, une véritable mine d’or !

Si mon armoire n’est pas une catastrophe de « l’éthique » et que ces dernières années ma conso de vêtements a dû être divisée par à peu près 200 (notamment parce que je ne travaille plus en partenariats mensuels avec des marques ou des boutiques en ligne…ça aide un peu 😶 ), en 2018 j’aimerais beaucoup aller un peu plus loin, réussir à me tourner encore moins vers la fast fashion (les Mango, Zara et compagnie qui sont clairement mon point faible…) et continuer à investir dans des marques durables, éthiques et engagées ! Et, bien évidemment, faire aussi évoluer Numéro Sept dans ce sens !


Un autre livre trouvé dans cette même librairie (et lui aussi d’occasion #lawin), Pulp, le recueil de dessins de Romain Duris. Tout de suite attirée par cette couverture rose et boobsifiante à souhait. À l’intérieur on retrouve les dessins, croquis, peintures que Romain Duris collecte depuis ses 15 ans. Ça navigue entre le dessin rigolo, érotique, l’humour un peu sombre et personnellement, bien que je ne sois pas du tout une férue d’arts, j’adore ce bouquin !


Un autre petit cadeau reçu lors de notre événement à Strasbourg, ce (si ravissant) savon de L’Esperluète. Des savons saponifiés à froid, certifiés bio et fabriqués à la main, non loin de chez moi, en Alsace (#bretzelpower)(#facile)(#pardon). Je n’ai pas encore pu le tester mais je valide déjà à 100% ce joli savon !

[Savon N° 3 / L’esperluète]


On reste dans la catégorie du « c’est fait à la main et c’est beau donnez m’en tout plein », ce…torchon.

Oui. bon. Je sais.

Qu’est-ce que vous voulez, à 30 ans passés j’ai des passions que je ne contrôle plus et des envies qui m’échappent. Découvert sur un petit marché de créateurs à Toulouse, je suis tombée amoureuse de l’univers de Naïssou. Un univers très graphique et un peu enfantin, des pochettes, des tote-bag, des torchons et même des abats-jours, j’aurais pu craquer sur à peu près tout son stand ! D’après mes recherches elle ne semble malheureusement pas avoir de boutique en ligne mais je pense que les commandes sont possibles via son site, en la contactant simplement.


Et je termine avec ces deux petites merveilles : un nouveau cache-pot pour ma plante dont je ne connais pas le nom mais qui est géniale et qui vient d’une micro bouture que m’a donné ma maman merci maman et un nouveau globe.

Si vous me suivez depuis un moment vous connaissez sans aucun doute ma passion pour les globes… Je dois bien en avoir 5 ou 6 chez moi, dans des tailles et des coloris différents et je pense que ça fait partie des choses face auxquelles je fais preuve du moins de volonté de l’univers. Principalement chez Maisons du Monde, mon fournisseur officiel, où, dès que j’en croise un nouveau…je me jette dessus comme la peste sur le bas clergé.

Mon rêve ultime restant évidemment de continuer cette collection avec des globes vintage mais…bon…niveau tarif c’est pas la même délire ! En attendant je me réjouis donc de cette petite merveille noire et dorée 🙌🏼

[cache-pot Maisons du Monde][globe Maisons du Monde]