S’habiller éthique… sans y laisser un smic

Voilà, on est en 2017 : c’est le futur.
Ces dernières années, un certain nombre de trucs cools ont fait leur apparition dans nos vies : la lampe torche sur l’Iphone, les vidéos Youtube et les saucisses végétariennes en sont quelques exemples.
Pourtant, alors qu’on devrait se détendre les neurones dans nos canapés devant Les Anges de la Téléréalité, on ne peut pas s’empêcher de penser à deux ou trois petits détails qui gâchent la fête.

Des pesticides dans nos assiettes, des perturbateurs endocriniens dans nos produits de toilette… Des vêtements qui bousillent la planète et ses habitants. C’est un fait : au 21ème siècle, des ouvriers du textile risquent leur vie dans des usines, des enfants travaillent pour 10 dollars par mois et la mode est le deuxième secteur le plus polluant juste après l’industrie pétrolière.
Happy new yeeeaaar !

La bonne nouvelle, c’est que des alternatives existent ; le bémol, c’est qu’elles sont souvent plus chères. Le prix est évidemment justifié, mais il faut se rendre à l’évidence : on n’a pas tous le compte en banque au vert ni les étrennes de Lagardère.

Je pourrais conclure cet article ici, en clamant qu’il suffit de n’acheter que ce dont on a strictement besoin : un panta-short (celui à zip, qui se transforme en fonction des saisons), un sweat à capuche et une paire de chaussures imperméables.
Oui. On aurait des maisons en rondins de bois et on vivrait grâce à la vente de sculptures en pomme de pain.

Mais avant de s’enterrer dans la forêt, nous pouvons déjà avancer pas à pas vers un quotidien plus vert.
Et dans le domaine de la mode éthique, il y a de la matière : composition et entretien des vêtements, seconde-main, labels équitables et vegan, fabrication locale, location et troc, minimalisme…

Je vous propose ici une petite batterie de solutions pour bien se vêtir sans racler le fond de sa tirelire !

Photo : H&M Conscious


Si un jean vendu au prix d’un paquet de cacahuètes est hautement suspect, un vêtement fabriqué de façon un peu plus responsable ne vaut pas forcément un lingot.

Selon une étude de Science Po et l’Atelier de couture : sur un tee-shirt à 29 euros, seuls 18 centimes sont liés à la confection. En rognant sur leur marge, les grandes enseignes peuvent offrir des prix bas tout en garantissant des conditions sociales et environnementales acceptables : “Respecter les règles ne coûte pas plus cher, à condition d’investir dans la formation des salariés, de réduire les coûts liés à une rotation excessive du personnel et d’obtenir des gains de productivité. Ces gains permettent de financer les augmentations de rémunérations et d’assurer des salaires décents. »  

Certaines marques ont aussi compris l’intérêt économique et écologique du recyclage et proposent des programmes de dépôt d’anciens vêtements dans les magasins en vue d’en fabriquer de nouveaux ou de les redistribuer à des personnes dans le besoin.

Pour éclairer le consommateur amateur de monde meilleur, le collectif Fashion Revolution a établi en avril 2016 un Fashion Transparency Index : le document classe les grandes marques en fonction des informations qu’elles partagent sur leur chaîne d’approvisionnement et des efforts qu’elles mettent en place pour améliorer leurs pratiques. En bas du tableau : Chanel, Hermes, Claire’s, Forever 21. En haut : H&M, Zara et Levi’s.

Certains hurleront au green washing en s’enchaînant aux grilles du magasin avec une paire de legging : je concède que c’est loin d’être parfait, mais ça avance dans le bon sens.

Par ici, la compagnie eco-friendly :

  • Galeries Lafayette – collection Fashion Integrity : des basiques équitables en coton bio
  • La Redoute – collection Made in France : une gamme de vêtements designés et fabriqués dans l’hexagone
  • H&M – collection Conscious : des vêtements confectionnés à partir de fibre recyclée, coton bio et lyocell ainsi que des cosmétiques certifiées ecocert
  • Asos – section Eco-friendly : une sélection de marques écolo, vintage et issues du commerce équitable à prix raisonnables
  • Urban Outfitters – section Urban Renewal Vintage : des pièces d’époque version originale ou retaillées
  • American Apparel : dommage, le site de vente en ligne a fermé, mais les boutiques physiques restent une très bonne option pour acheter des vêtements made in USA qui traversent les années

savoir apprécier la chine

 

Bureau des Évidences, bonjour ! Le vêtement le plus responsable est celui qui n’est pas (re)fabriqué : certes, mais comme dirait tante Josette, “ça va mieux en le disant”. La conception d’un jean, au hasard (l’un des produits les plus polluants au monde) nécessite à lui seul 10 000 litres d’eau, des pesticides, des colorants, des détergents et des millions de kilomètres de transport.
Ca tombe bien, le bon vieux jean de maman, le 501, a retrouvé ses lettres de noblesse sur nos fesses, à l’instar de toutes les tenues du siècle précédent.   

Pour dénicher des perles vintage, plus besoin de fouiner dans les greniers poussiéreux de nos aïeux : l’offre est pléthorique en ligne et en boutique. Rien qu’à Paris, il y a plus de 200 friperies.

Allez viens, je te donne un coup de (seconde) main :

prêter à son prochain

 

Lundi matin, mèche collée sur le front et teint blafard, on ouvre notre placards et on est envahies par une désagréable sensation : la pile de vêtements qui gît sous nos yeux nous file le cafard.
Pourtant, il y a à peine deux mois, l’achat de ce chemisier en soie nous avait excitée comme notre toute première barbe-à-papa.

Au lieu de se jeter dans le premier centre commercial à proximité, considérons une nouvelle façon de non-consommer : le partage (ouvrez vos bibles page 32).

Depuis quelques années, des plateformes de location de vêtements ont fait leur apparition. Leur fonctionnement est très simple : l’utilisatrice s’abonne puis choisit des tenues qu’elle gardera quelques semaines avant de les renvoyer, et ainsi de suite. Une solution eco-friendly pour changer de look à l’envi, tester des pièces funky ET faire des économies.

Le coeur sur la main, je partage mes bonnes adresses :

  • Hylla Penderie : une sélection de pièces uniques, neuves ou vintage, à louer lors d’événements et bientôt directement sur le site web
  • Tale me : une plateforme de location de vêtements éthiques spéciale enfants et  femmes enceintes, à partir de 19€ par mois pour ne pas dépenser des fortunes dans des tenues éphémères (une mention spéciale pour la formule location de manteau pour les petiots)

se prendre pour une grand-mère

 

Il y a fort longtemps, bien avant les gilets acrylique Jenyfer et les joggings à pressions, les vêtements étaient fabriqués par des artisans et portés jusqu’à leur dernier souffle. On les cousait, raccommodait, rapiéçait, remaillait et leur collait des coudières en attendant qu’ils ne ressemblent plus qu’à une vieille serpillière.  

Aujourd’hui, dégainer ses aiguilles pour réparer une chaussette trouée est quasi une hérésie : pourquoi perdre 15 minutes à coudre quand 5 secondes suffisent pour en glisser une nouvelle paire dans son panier Amazon ?

Pourquoi, je vous le demande ? Personne, au fond de la salle, au lieu d’échanger des petits mots avec votre camarade ?!
Eh bien : parce que ça évite de générer de nouveaux déchets vestimentaires dont seuls 25% sont recyclés, parce que ça permet de garder quelques piécettes dans son porte-monnaie, parce que ça détend et c’est grisant de faire quelque chose de ses dix doigts (surtout un dimanche soir devant une série avec un plaid et une tisane : #jesuismamie).

► A défaut d’être mamie-gâteau, je donne de bons tuyaux :

  • Le guide Couture Récup pour fabriquer de nouveaux vêtements avec les anciens
  • Un super article de Made in Utopie sur l’éloge du reprisage
  • Les blogs Coupe Couture et Heartsun qui donnent toutes les techniques pour réparer, repriser, remailler un vêtement
  • Le site Ma Petite Mercerie qui propose toute la panoplie de la parfaite couturière

faire tenir ses tenues

 

La mode éthique est protéiforme. Non, je ne reviens pas avec mes histoires de pantalon zippé qui devient short l’été : je veux parler des différentes façons d’appliquer cette mode qui respecte l’humain et son environnement.
Si le respect des droits des travailleurs est l’un de ses principes fondateurs, la mode éthique cherche aussi à diminuer son impact environnemental tout au long du cycle de vie des produits.

Forcément, plus il dure longtemps, moins le vêtement ne générera de pollution. Pour schématiser : il vaut mieux acheter un jean classique qui durera 10 ans que 10 jeans en coton bio qui dureront un an (on peut tromper une fois 1000 personnes… enfin vous avez compris).

Ça commence donc dans le rayon en choisissant des coupes et motifs intemporelles (par exemple, le sweat Bob l’éponge n’est pas VRAIMENT une option durable) et des matières de qualité : le coton, le lin, le chanvre, le lyocell issu de la pulpe de bois…

Ensuite, la clé de la durabilité, c’est l’entretien : espacer les machines, laver à basse température, sécher naturellement, repasser le moins possible.

► Par ici les combines green :

aiguiser son flair pour les bonnes affaires

Photo : Juste, la révolution textile


Dans l’ombre des grands magasins qui, façon Odile Deray au milieu de l’aéroport, clignotent, gigotent, assènent des slogans du soir au matin, une flopée de marques plus confidentielles ont déjà adopté une démarche responsable.
Fabrication en France ou en Europe, artisanat, petites séries, matières durables, certification équitable… Chacune a développé sa spécificité et oeuvre à son niveau pour une mode moins éphémères et plus respectueuse des hommes et de l’environnement.

Alors évidemment, payer des artisans avec du véritable argent, produire en quantité limitée et choisir des matériaux de qualité finit par peser sur l’addition.
Quand on n’a pas les biftons, on peut faire une wishlist sur Pinterest et attendre patiemment les promotions.

D’ailleurs, ce principe de wishlist est une très bonne façon de ne pas céder à l’achat d’impulsion : parfois, en revenant sur l’article quelques semaines plus tard, on se rend compte que le désir est retombé comme un soufflé. 

► La truffe au vent pour les bons plans :

 

 

Ethique et mass-market, l’équation impossible ?

La nouvelle m’a semblé passer assez inaperçue… Il y a quelques mois (peut-être même 1 an…? ou plus…? je n’ai pas pris de notes) le groupe H&M, après COS et &Other Stories, a lancé Arket. Une marque de mode mais aussi de lifestyle et de déco. Côté « ADN » comme ils disent, je cite « Le style au-delà de la tendance, de la qualité dans des conceptions simples, intemporelles et fonctionnelles » et, quand on y regarde de plus près, une petite saveur de « éthique éthique éthique » pas assumée franco-franco mais fortement sous-entendue comme on le sent avec cette présentation du groupe himself  « la mission d’Arket est de démocratiser la qualité au travers de produits accessibles, bien fabriqués, durables, créés pour être utilisés et aimés longtemps ». Du Baudelaire, cette présentation, moi je vous le dit !

Alors même si je surveille Arket depuis un moment je n’ai pas sauté le pas de la commande, mais je trouvais intéressant d’en parler avec vous et qu’on se questionne, ensemble, sur la possible éthique des grands groupes de fast fashion.

*insérer musique dramatique*

Que ce soit Mango avec Commited, Zara avec sa collection Join Life, H&M et sa bien connue collection Conscious, la fast fashion se sort doucement les doigts du c** et commence à proposer à son laaaaarge public, des pièces présentées comme plus « éthiques » : matières biologiques ou écologiquement plus sympas comme le lin, le tencel, réduction de la quantité d’eau utilisée pour produire, une plus grande transparence etc. Mais la question est : est-ce que c’est (vraiment) bien ? Est-ce que c’est (vraiment) éthique ?  Doit-on boycotter ces enseignes dans leur intégralité ? Est-ce un biais par lequel passer quand on veut résoudre l’équation éthique x petit budget ?

Parce que clairement, tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin à la mode éthique l’auront remarqué, consommer éthique peut vous coûter un rein et l’hypothèque de votre maison – je vous renvoie à mon article « Le prix des choses » si vous avez envie de comprendre un peu les rouages de cette industrie et surtout pourquoi produire de façon éthique coûte forcément plus cher et impacte donc le prix de vente -.

MAIS…pas forcément ! Camille, mon acolyte green, avait écrit un article génial à ce sujet, modestement intitulé « S’habiller éthique sans y laisser un smic« . Elle y listait tout un tas d’options, moins onéreuses, que d’aller directement acheter du bio ou de made in France et dans mes souvenirs vous aviez adoré cet article (et moi aussi !), même si certaines avaient évidemment soulevé la question du « oui mais acheter du Conscious chez H&M qui n’est pas du tout une marque qu’on peut considérer comme éthique, de facto, ne rend pas l’achat éthique« .

Je reviens sur Arket car c’est un cas qui me semble bien intéressant.

Ce qui m’a frappé dès mes premiers pas sur le site ce sont tous les filtres disponibles : on peut choisir sa couleur (bon, ok, plutôt classique), dans quel catégorie on souhaite naviguer (homme, femme, enfant, maison), se concentrer plutôt sur les imprimés à pois ou floraux et, soudainement, on vous propose de choisir la matière…et le pays de fabrication !

Alors le filtre « matière » quand tu ne portes ni cuir, ni laine, ni soie etc. c’est super cool ! Mais le filtre pays de fabrication, pour moi c’est du jamais vu.

Je crois que c’est vraiment ce point qui m’a le plus intriguée. Quand on sait que la fast fashion en ligne est très rarement transparente sur la question et qu’il n’y a bien souvent aucun moyen de savoir où ont été fabriqués nos vêtements avant de les avoir en main (à moins d’envoyer un mail au service client… TELLEMENT PRATIQUE), voir Arket proposer cette option d’entrée de jeu est forcément appréciable.

Alors bien entendu la liste est longue comme mes deux bras et on retrouve les classiques : Maroc, Bangladesh, Chine, Brésil, Inde… Mais aussi du made in France, Italie, Japon, Suisse, Allemagne. Plutôt inhabituel pour une marque de fast fashion, ces dernières se cantonnant souvent au bon vieux made in China ou pays en voie de développement aux conditions de travail qui laissent franchement à désirer. Donc plutôt cool de prime abord… Sauf que dès lors que l’on clique sur les petits filtres-qui-font-un-peu-rêver, espérant trouver un joli pull made in France ou un jean fabriqué au Japon… La débandade. En provenance de ces pays on ne trouve que du homeware, des cafetières, des bougies françaises, des brosses à chiottes fabriquées en Finlande ou des gourdes made in Switzerland. Lors de mon exploration je n’ai trouvé que des sacs fabriqués en Italie, des chaussures et un peu de textile (cravates, écharpes…) et d’autres chaussures fabriquées en Angleterre.

Par contre dès lors que le filtre Bangladesh ou Chine est enclenché, une pluie de vêtements s’abat sur toi.

Bon. Ok. Ça refroidit un peu mais tout n’est pas foutu.

Le monde du textile évolue sans arrête et je crois qu’il est bon, quand le sujet nous intéresse, de rester conscient des réalités (actuelles).

Arrêtons-nous un moment sur le Made in China, par exemple. Cette mention sur l’étiquette qui fait frémir toute personne un peu attentive à la question de l’éthique. Dès lors que l’on aperçoit ces trois petits mots défile devant nos yeux des allées et des allées et des allées de travailleurs chinois, croulant sous des montagnes de tissus, bossant 28h par jour dans le noir en étant payés 10 centimes la journée.

Alors qu’en réalité, la Chine a beaucoup évoluée ces dernières années. Je vous invite vraiment à lire cet article sur la question du made in China, datant de 2013, ok, mais hyper éclairant sur la question et qui remet un peu les choses à leur place. On y apprend, entre autre, que le coût de la main d’oeuvre, en 2013, n’est plus que la moitié du coût de celle aux USA (et qu’en 2015 elle prévoit d’atteindre 60% de ce coût…et, je ne vous apprend rien, nous sommes aujourd’hui en 2018) mais aussi que la Chine est devenue trop chère pour beaucoup de marques de fast fashion souhaitant réduire au maximum leurs coûts de fabrication.

Concernant la qualité, cet article nous apprend aussi que si la qualité peut être mauvaise en Chine c’est simplement à cause du cahier des charges des enseignes. Une usine à qui on dit d’utiliser du coton de piètre qualité, d’affiner les coutures pour grapiller 1 centime par ci ou 2 centimes par là…s’exécute. Ils sont là pour faire ce qu’on leur demande et si le made in China a si souvent été associé à qualité de merde et sapes qui se barrent en lambeaux au bout d’une lavage…c’est la faute des marques. Pas de la fabrication chinoise. Logique, au final.

En bref, la Chine, bien qu’elle ne soit pas un eldorado de l’éthique, n’est plus aujourd’hui la pire mention que l’on puisse lire sur l’étiquette de nos vêtements.

Le Bangladesh par contre…

En 2013 toujours, le Bangladesh était le pays avec le salaire le plus bas du monde. L’effondrement du Rana Plazza, toutes ces personnes décédées pour que l’on puisse porter des tee-shirts à 5€, avaient un peu chamboulé le monde et placé ce pays en top position des pires pays dans lesquels confectionner ses vêtements.

Mais en réalité, est-ce que c’est si pire que ça ?

Chez Arket, toujours, pour chaque article on peut connaître, en plus du pays de fabrication, le nom exacte de l’usine où a été fabriqué le vêtement. Pour ce jean, par exemple, on découvre que l’usine qui l’a confectionné se nomme joliement Pimkie Apparels et un rapide googlage nous permet même de voir des photos (bon, ok, UNE photo). Une visite sur le site et on apprend que l’usine en question souhaite se positionner de façon assez claire sur du green, de l’éthique et du socialement correct.

C’est bien beau tout ça, non ? Alors la question c’est est-ce qu’on est face à un joli éthiquewashing dans les règles de l’art ou, Arket (ou toutes les marques de fast-fashion qui se lancent dans la création de gamme éthiques) peut-il vraiment nous proposer de l’éthique sans vider notre PEL ?

Mon point de vue sur la question a toujours été assez tranché et voici comment je vois les choses :

OUI, au Bangladesh ou dans les pays du genre, les conditions de travail sont très majoritairement mauvaises, l’humain traité comme de la merde, les conditions de sécurité déplorables et j’en passe.

OUI on doit vraiment cesser de cautionner ça.

OUI, la qualité laisse souvent à désirer.

OUI, acheter du M.I.Bangladesh chez Zara & compagnie c’est soutenir une industrie qui pue un peu du cul.

OUI on pourrait avoir envie de passer directement à la case boycott sans passer par la case prison ni récolter 200€.

MAIS…

Peut-on s’imaginer une seule seconde ce qu’il se passerait si, demain, tous les consommateurs de Zara, H&M & Co, décidaient de ne plus jamais acheter chez ces derniers… On pense souvent à ceux qui se trouvent au bout de la ligne en matière de mode éthique, en se disant que, non, vraiment, on ne peut plus cautionner ça, on ne peut plus continuer à acheter des tee-shirts à 5 balles et des pulls en acryliques à 12, parce qu’il y a ces pauvres gens, qui triment comme des perdus, au bout de la chaine (ou plutôt au début). Mais est-ce qu’on pousse le raisonnement assez loin pour se dire que si demain ces personnes qui gagnent, une misère certes, mais qui survivent avec cette misère (et j’insiste sur le terme survivre…) se retrouvent sans emploi… Alors quoi ?

C’est, à mon sens, la limite de l’idée de boycott et là où il faut enclencher un autre mode de raisonnement, à savoir : ne pas arrêter de consommer chez ces enseignes mais plutôt faire entendre sa voix de consommateur et se lever contre des conditions qui ne nous conviennent pas et que l’on trouve inadmissibles.

Pour moi ça rejoint un peu l’idée de l’arrêt de la consommation. C’est une équation qui me semble assez impossible dès lors que le monde dans lequel on évolue demeure fondamentalement capitaliste, où tout est basé sur l’argent, la vente et l’achat de biens. Ce qui ne signifie pas, attention, que la sur-consommation n’est pas un problème et qu’il faut continuer à se rouler dedans tels les doubitchous de Sofia sous les aisselles. Non. Loin de là.

Mais concernant toutes ces questions je pense de plus en plus sérieusement qu’abandonner ces pays sur le côté de la route « par principe » n’est pas la meilleure solution qui soit.

Bien entendu -et je ne le répèterai jamais assez- il n’existe PAS de solution idéale. Ou tout du moins de solution qui puisse être adoptée par tout le monde. Nous restons des individus, chacun face à ses valeurs, ses envies, ses choix – son budget aussi – et je pense qu’il est plus que temps d’arrêter de prôner un modèle unique de « tout bio – déconsommation à fond – éthique 8000 – minimaliste power – j’en passe et des meilleurs », absolument impossible à atteindre.

Se tourner vers les gammes plus éthiques, et même éthiquewashées, des grandes enseignes me semble une option vraiment positive.

C’est, déjà, le signe que les choses bougent. Que ces piliers de l’industrie textile réalisent enfin que leurs clients ont aussi envie de savoir d’où viennent leurs vêtements, comment ils ont été confectionnés, par qui et de quoi ils sont fabriqués. Alors oui, je reconnais l’éthiquewashing et celles et ceux qui crient juste à « l’envie de faire du fric » ont entièrement raison MAIS on ne rappellera jamais assez que si une marque existe, une entreprise se cache derrière et le but d’une entreprise est de vivre, de prospérer et donc de gagner de l’argent. CQFD.

Si demain tout le monde se détournait de ces gammes, quel serait le message envoyé ? Celui d’un désintérêt total. On verrait donc disparaître, assez rapidement je crois, ces initiatives qui, bien qu’imparfaites, ont le mérite d’exister. Le mérite d’exister et de proposer à celles et ceux qui ne peuvent pas se tourner vers une mode éthique un peu plus aboutie, une alternative finalement pas si dégueulasse, moins pire comme j’aime souvent le dire. Et moins pire, les gars, c’est toujours ça de pris.

Il est temps, à mon sens :

  • de sortir du cliché du sacro-saint Made in France (qui n’a parfois de made in France que le nom…ou un ou deux boutons…). On peut produire bien et éthique à tous les niveaux ailleurs qu’en France (ou en Belgique si vous êtes belge, ou aux USA si vous êtes américain, etc.)
  • d’arrêter de penser que cher est forcément égal à qualité et éthique. Je pense notamment à toutes les marques qui rentrent, à mon sens, définitivement dans la case du mass market comme Ba&sh, Sandro et compagnie, à la communication bien ficelée, qui vendent des articles présentés comme haut de gamme, sans pour autant garantir une quelconque éthique
  • de ne plus bloquer constamment sur les même marques. C’est bien simple quand on voit passer les principales marques de fast fashion citées depuis le début de cet article (aka Zara, H&M et Mango), on hurle souvent au scandale. Mais s’intéresse-t’on aux marques un peu plus petites, à l’aura très « créateurs » ? Au hasard comme ça je pense (ce sont des exemples de marques, je ne dis pas qu’elles sont pourries hein ;)) à Maison Scotch, Asos, Levi’s toutes les marques vendues par Urban Outfitters ou les boutiques multi-marques comme Monshowroom qui vendent du Vero Moda, Vila et compagnie à tours de bras, des marques qui produisent elles aussi en quantités astronomiques.
  • de cesser avec les injonctions en tous genre et surtout, si on le veut, d’essayer de faire bouger les choses autrement

— LES 3%

Vous connaissez l’histoire des 3% ?

Matthieu Blanco,  dans cet épisode des Carencés (à partir de 32 minutes environ) nous explique comment seulement 3% des gens peuvent « changer le monde » et faire, par exemple, basculer une marque. Il explique que dans l’inconscient collectif nous pensons souvent qu’il faut au moins 50% de gens (par exemple 50% de la clientèle de Zara) pour avoir du pouvoir et un potentiel impact, pour être entendu et surtout pour que les demandes/revendications soient prises en compte.

Mais il explique qu’en agro-alimentaire toutes les remarques sont enregistrées et ensuite traduites sous forme de statistiques. Que les marques partent du principe que s’ils ont reçu, par exemple, 3000 mails se plaignant de la même chose (il prend l’exemple de la vitamine B3 dans les produits St Hubert, B3 d’origine animale donc produits pas végétaliens), cela signifie en réalité qu’ils ont X à avoir le même point de vue mais à ne pas le dire et Y qui n’achèteront pas leurs produits pour cette raison. Partant de là ils voient immédiatement une potentielle perte d’argent et, hop, ils décident de changer genre vite vite parce qu’ils flippent grave.

Tout simplement parce que, même si 3%, de notre point de vue de consommateur seul dans son coin ça ne nous semble pas grand chose, il faut prendre ces 3% d’une façon globale, sur des volumes et des sommes colossales, la perte (potentielle) de 3% de chiffre d’affaire est assez catastrophique du point de vue des industriels. #desdollarsàlaplacedesyeux

Alors bien entendu, ici, Matthieu nous parle du secteur agro-alimentaire mais je ne doute pas une seconde que ce schéma puisse s’appliquer à toutes les industries.

Alors pourquoi ne pas faire savoir aux marques ce qu’on ne cautionne pas dans leurs agissements ? Réclamer plus de transparence (comme connaître les pays de fabrication des vêtements lorsqu’on achète en ligne), faire savoir lorsqu’on a eu une mauvaise expérience avec un vêtement (genre « mon tee-shirt s’est déchiré au bout d’un lavage » ou « j’ai 350 000 bouloches sur le pull que j’ai porté 1h wtf ») Envoyer un mail ou un tweet à une marque n’a jamais été aussi facile qu’aujourd’hui et comme nous le prouve cette histoire de 3% ça peut avoir un réel impact.

— LÂCHE TA GRIFFE

Poser sa griffe sur des pétitions. Ben oui, ces bonnes vieilles pétitions qu’on voit tourner partout, tout le temps, où souvent on se dit « pfff mais ça sert à quoi ? ». Si on repense à cette histoire de 3% il me semble que cela apporte un jour nouveau sur ce système d’expression et de contestation.

Si on  repense à ces 3% et on peut se dire que notre signature peut en faire partie et que l’impact peut être réel. D’ailleurs voici un petit article datant de 2015 qui regroupe 16 pétitions qui ont changé le monde.

Donc si vous avez des envies de changer le monde n’hésitez pas à vous inscrire à des sites comme Avaaz ou Change.org, n’oubliez jamais cette histoire de 3% et surtout notre pouvoir en tant que communauté. Sachez aussi que n’importe qui peut lancer une pétition, c’est open-bar !

— IBOYCOTT

Il me semble avoir déjà parlé de ce site, assez récent, mais un petit rappel ne fait jamais de mal.

I-Boycott est une association à but non lucratif où chacun peut lancer sa campagne de boycott. Des revendications sont énoncées, des explications données, un seuil de boycottant est fixé, chacun peut aussi proposer ses alternatives (exemple ici avec Coca Cola : de l’eau/arrêter les sodas/acheter une soda stream/se tourner vers des sodas locaux et artisanaux/etc.) et bien entendu chaque boycottant s’engage à ne pas acheter chez l’entreprise concernée pendant la durée de la campagne de boycott. Lorsque le seuil de boycottants est atteint I-Boycott s’occupe d’envoyer le tout aux entreprises concernées. À partir de là les entreprises peuvent répondre, comme par exemple ici avec H&M. Ensuite les boycottants peuvent voter en indiquant si la réponse les satisfait…ou non. Dans le cas de H&M le « non » l’a emporté, deux fois, la campagne est donc toujours en cours et il manque un peu plus de 4000 boycottants pour informer à nouveau l’entreprise.

À ce jour je n’ai pas vraiment d’infos sur le taux de réussite mais je trouve le concept vraiment génial. Un système qui rassemble les gens, centralise, totalement gratuit, simple et intuitif.

Aujourd’hui il y a tellement de désinformation et de clichés bien ancrés dans l’inconscient collectif qu’il serait bon de faire de vraies campagnes d’informations à propos de tous ces sujets. Toute production en dehors de la France n’est pas non-éthique, le Made in China ne rime pas forcément avec qualité déplorable, on peut sans aucun doute produire dans les pays en voie de développement tout en respectant une certaine éthique ou encore toutes les grandes marques ne manquent pas d’éthique, que ce soit humainement ou écologiquement.

Côté informations je ne saurais que trop vous conseiller de suivre Fashion Revolution, une association hyper investie dans la mode éthique et la communication autour de cette dernière. Leur Fashion Transparency Index de 2017 est à voir et indique les « scores de transparence » d’une centaine de marques. On y apprend, entre autre que H&M obtient, selon leurs critères, un bon 48% de transparence (le score le plus élevé juste après Reebok et Adidas), Zara et Asos respectivement 36 et 34% quand Chanel, Dior, Prada et Miu Miu restent en dessous des 10% de transparence.

Et, pour le côté plus écologique, de jeter un oeil à la campagne Detox de Greenpeace où on apprend par exemple que du côté « detox de la force » H&M et Inditex (le groupe possédant Zara, Bershka et compagnie) sont très bien placés et fournissent de réels efforts.

Bien entendu, encore une fois, tous ces outils ne nous disent pas d’acheter sans compter ni se poser de questions chez les grandes enseignes et je ne mets pas en avant ces chiffres pour vous dire « le mass market, wouhou, keskya c’est super génial ! » mais il me semble que tout ça peut permettre d’y voir un peu plus clair et peut-être de mettre un peu d’eau dans notre vin.


Nous voici à la fin de cet article fleuve. J’espère sincèrement qu’il vous aura éclairé sur certaines choses mais surtout qu’il nous permettra d’échanger sur la question ! La fast-fashion pour vous, même à petites doses c’est « plutôt crever » ou « de temps en temps je me chope un teesh à 3 balles » ? Vous êtes plutôt team « shame ! shame ! shame ! » ou « j’ai envie de soutenir les initiatives positives bien qu’imparfaites » ? Dites-moi tout !

 

 

 

Le prix des choses

le prix des choses

Ça fait très longtemps que j’avais envie de vous parler du « prix des choses ». Je ne sais pas si certains l’auront remarqué mais en tant que blogueuse/youtubeuse, ces dernières années j’ai clairement noté que plus le temps passait et plus le « prix des choses » devenait un sujet récurrent. Et plus particulièrement le « c’est trop cher ».

Alors attention, loin de moi l’idée de transformer ce post en longue lamentation car là n’est pas le sujet. Ces commentaires, que ce soit chez moi ou chez d’autres ne sont pas vraiment des commentaires désagréables (le monde de l’internet a connu bien pire, croyez-moi ! ^^) et j’ai plutôt l’impression qu’ils sont souvent laissés suite à un sentiment de frustration. La frustration de ne pas pourvoir se payer quelque chose, majoritairement. Et moi je n’aime pas quand les gens sont frustrés. La frustration c’est bourré d’ondes négatives et c’est contre-productif. La frustration ça ne sert à rien. Ou comme dirait Truman dans Nos Jours Heureux « C’est d’la merde !!!« .

Aujourd’hui j’avais donc envie de vous parler de tout ça, du prix des choses, du pourquoi certaines choses sont chères et d’autres non. Tout en faisant de mon mieux, comme d’habitude, pour éviter les généralités ! :)

NON MASS MARKET VS MASS MARKET

Oui, j’avoue, tout est parti de ma dernière vidéo Non Mass Market. Si vous ne connaissez pas ces vidéos, elles reprennent tout simplement le concept des haul mais je n’y présente que des achats issus de petits créateurs, made in France, fabriqués à la main etc. Des choses qui ne viennent pas de la grande distribution, en clair. Et donc des choses qui, pour la plupart, coûtent un certain prix. Dans cette vidéo je présentais des bijoux, des vêtements fabriqués en France et en petites quantités, de beaux objets, produits dans des conditions respectueuses, notamment de l’humain et qui promettent une durée de vie belle et longue. Et une remarque est revenue très souvent au milieu des commentaires: c’est TROP cher.

Entre temps (puisque je mets toujours, à la louche, 6 mois, avant de pondre ce genre d’articles) ma collection Ekyog est sortie et là, hop, un tour gratuit, le même genre de remarques « c’est trop cher » « on nous prend pour des c*ns ».

Je suis sans aucun doute une vieille tête de mule mais j’ai beaucoup de mal à accepter ces commentaires. Pas parce qu’ils me touchent directement ou me blessent (il ne s’agit pas de moi, je pense que c’est assez clair) mais parce qu’ils disent quelque chose de nous que je trouve très malheureux: nous avons perdu la valeur des choses.

Alors avant de continuer cet article je tiens à préciser que tous ceux qui verraient un jugement de valeur ou une critique ou quoi que ce soit de négatif dans les torrents de mots qui vont suivre, sont dans le faux. N’oubliez pas que en ce qui me concerne, le fait que vous achetiez tous vos vêtements chez H&M ou qu’ils soient tous fabriqués en France/bio/ou que sais-je n’a aucun impact sur ma vie. Ça ne me regarde pas et partant de ce fait je n’ai donc aucune volonté de juger vos choix personnels (d’autant plus que, ne l’oublions pas, je ne vous connais pas ;)). Mon but est plutôt de rendre des choses qui sont peut-être un peu opaques, un peu plus transparentes et, pourquoi pas, d’éviter des débats stériles et de la frustration inutile.

POURQUOI C'EST CHER

Le mass market, comme son nom l’indique est une production de masse. On fabrique en quantités gargantuesques, on vend dans des nombreux points de vente, physiques comme en ligne et bien souvent on fait fabriquer dans des pays dits « à bas coût » comme la Chine, le Bangladesh, la Turquie, l’Ukraine et j’en passe.

Pour vous donner un exemple, en 2010 le salaire horaire moyen au Bangladesh était de 0,24 centimes et en règle générale le salaire des ouvriers, ceux qui ont fabriqué de A à Z un tee-shirt vendu une trentaine d’euros, ne représente que 1% du prix final.

Autre exemple très concret, cette « décomposition du prix d’un tee-shirt » produit au Bangladesh :2013_51_prix_t_shirt

(source)

Pour un tee-shirt fabriqué au Bangladesh et vendu 29€ : un ouvrier gagne 0,18 centimes, son usine 1,15€, les sous-traitants 1,20€, le magasin lui ramasse 17€. 17€ c’est donc la marge du magasin/de la marque sur les 29€, autrement dit ce qui atterri directement dans sa poche.

Evidemment c’est un exemple extrême, si on prend l’exemple du « fameux » tee-shirt à 5€ d’H&M, les choses semblent un peu plus terre-à-terre: Un t-shirt à 4,95€, c’est 1,40€ (27%) pour le Bangladesh, 6 centimes pour le transport, 2,16€ (44%) pour la commercialisation en Europe, 79 centimes (16%) pour la TVA et 60 centimes (12%) dans la poche de H&M (source). Les articles entrée de gamme chez ce genre de marques sont plutôt là pour donner une impression de « pas cher et accessible » (ce qui est, effectivement, le cas) plutôt que pour se faire des cou*lles en or. Il n’empêche qu’une fois de plus, on remarque que ceux qui font un peu tout le boulot, les fabricants, ont une part du gâteau bien maigrichonne.

Ces marques ont aussi, évidemment, des charges à payer, des loyers en cas de boutiques physiques et tout un tas d’autres frais. Mais on sait pertinemment que de nos jours les grands groupes, que ce soit dans l’industrie du textile ou tout autre secteur d’activité, font des pieds et des mains pour payer le moins de charges et le moins d’impôts possible, délocalisant leur siège social dans des pays à la fiscalité avantageuse et j’en passe… Et surtout énormément de grands groupes ne pensent qu’au profit et se soucient peu de la qualité, des conditions de fabrication, de l’écologie ou de l’aspect humain.


Passons maintenant au contre-exemple avec les vêtements ou accessoires de petites marques. Je connais pas mal de petits créateurs et j’ai la chance que certains aient accepté de me dévoiler un peu l’envers du décor pour pouvoir alimenter ce post.

➡️ Je vais prendre l’exemple du sweat « Artisan » de Carrousel (et je ne remercierais jamais assez Elisa, la créatrice de la marque, d’avoir accepté que je la cite !)

  • Le prix de vente du sweat Carrousel est de 65€. Pour un sweat Elisa a besoin d’1m de tissu qu’elle paye 15€ (TTC et frais de port compris).
  • La coupe et le montage d’un seul sweat prennent 45 minutes. À 0,60 centimes HT (ce qui est le coût moyen de production du Made in France), on arrive à  27€ HT, soit 32,4€ TTC.
  • La sérigraphie lui coûte environ 3,50€.

Ce qui nous donne un coût de production pour 1 sweat Artisan de 50,9€. Soit une marge sur le prix de vente de 14,1€ (soit ce qu’Elisa gagne en vendant 1 sweat).

artisan carrousel

Et alors soldé à 52€ (comme c’était le cas lorsque j’ai commencé à écrire cet article)…je vous laisse calculer le bénéfice de la marque…(oui, ça fait bien 1,10€)(alors, c’est la TEUF ou c’est pas la TEUF  la mode éthique ?).

Tout ça sans compter tous les frais adjacents liés à une activité professionnelle non salariée: payer un comptable, payer les charges sociales, le RSI (soit plus de 40% du bénéfice), une assurance, voire plusieurs, les majorations parce que les achats de matières premières (tissus etc.) ne sont pas faits en grandes quantités, etc.

➡️ Une marque que j’aime beaucoup pour son extrême transparence : Juste Textile !

Tout est produit localement et absolument tout est d’une transparence limpide ! Ici on ne connait pas la marge réelle faite sur un modèle mais tout est détaillé sur cette page. On remarque malgré tout que la production représente près de la moitié du prix d’un tee-shirt quand le fonctionnement de l’entreprise (autrement dit les charges sociales, autrement dit les salaires) n’en représente qu’1/10ème.

prix_JUSTE

Un débardeur coûte donc 80€, ce qui est un prix élevé, certes, mais comme on peut le constater il n’y a pas d’arnaque… Simplement un prix « juste » (ahah ! fallait que je la place, désolée ;) ) pour une production locale et respectueuse. La marque va d’ailleurs jusqu’à réduire ses marges au maximum (en gros juste de quoi lancer et faire vivre l’entreprise) en attendant de pouvoir produire plus (donc moins cher) pour pouvoir augmenter ses marges et vivre un peu mieux.

➡️Autre exemple avec un article de maroquinerie (ici la marque n’a pas souhaité être citée):

  • Un sac en cuir dont le coût de fabrication est de 125€ car fabriqué en petites quantités, non pas en France mais dans un pays de l’Union Européenne, sera revendu 225€ soit une marge de 100€. Ce qui peut sembler correct mais de ces 100€ il faut déduire les frais de livraison des sacs jusqu’en France, les charges sociales (+ de 40%, piqûre de rappel) et tout le reste. Le tout pour un sac qui va être produit à moins de 100 exemplaires… Je vous laisse imaginer qu’on peut difficilement vivre de ce genre d’activités…

➡️Allez, encore un petit pour la route:

J’ai demandé à une amie à moi qui possède une petite marque de me parler un peu des coulisses de son métier.

Elle m’a donc expliqué comment fonctionnait la vente dans des boutiques dites « multi-marques » (comme Monshowroom, Place des Tendances etc.).

Si elle décide de vendre une partie de sa collection dans une boutique multi-marques (pour profiter de la visibilité de ces grandes enseignes, principalement), elle devra reverser 14% du total des ventes à la boutique multi-marque. Ça semble normal, la boutique ne va pas vendre ses articles sans rien demander en échange, ok.

Par contre, pour se faire elle devra fournir aux commerciaux de la dite boutique, une collection complète de ce qu’elle souhaite voir vendu chez eux. C’est à dire que si elle veut vendre [3 tops – 2 jupes – 1 robe] de sa collection dans 6 boutiques différentes elle devra produire [3 tops – 2 jupes – 1 robe] x 6 pour chacun des commerciaux, pour que ces derniers puissent présenter la collection et prendre des commandes. À la différence de la production des collections qu’elle vendrait sur sa propre boutique, ces « mini-collections » lui coûtent 3,5 fois plus cher car elles sont fabriquées en petites quantités. Par dessus le marché ces modèles ayant souvent des défauts ils sont quasiment invendables par la suite.

On ajoute à ça qu’il faut prévoir un shooting et une sorte de lookbook spécial pour les commerciaux. Compter alors entre 600 et 1000€ pour un photographe et un studio, environ 1000€ pour une chouette mannequin, 200€ pour une maquilleuse. Tout ça uniquement pour voir sa marque vendue sur une boutique multi-marque et mise en avant (ou pas).

Pour se faire connaître des commerciaux/stylistes des grandes boutiques (soit ceux qui décident ce qui sera en vente sur leur site) il est préférable de se rendre à des salons spécialisés comme, par exemple, le Who’s Next. Pour ce faire il faut compter plus de 4000€ pour avoir un stand de 9m2. Et, évidemment, un emplacement un peu moisi puisque les meilleures places (et les plus chères) sont laissées aux grandes marques qui attirent beaucoup plus de clients que les petits créateurs. Tout ça sans compter les frais inhérents, le transport si on ne vit pas à Paris, l’hébergement, la nourriture etc.

Pour résumer, pour essayer de faire vivre sa marque en vendant ses créations au travers de grandes boutiques elle doit débourser des sommes faramineuses qui, en toute logique, impactent sur le prix de ses articles.


EN CLAIR

Bref, tout ça pour expliquer que, comme je l’ai déjà vu/lu si souvent: NON les petits créateurs/les marques de mode éthiques/etc. ne se font pas des marges et des bénéfices de fou et ils ne choisissent pas de vendre leurs articles à un prix élevé… Ils n’ont juste pas le choix. Parce que passion ou non, le but d’un métier est malgré tout, in fine, de pouvoir en vivre, donc de gagner de l’argent et je pense qu’aucun salarié n’accepterait d’avoir les revenus de certains petits créateurs…

Ce que nous oublions trop souvent (ou ce que nous ne savons tout simplement pas)(et c’est là où j’espère que cet article sera utile :)) c’est que produire quelque chose ne s’arrête pas à « je voudrais le vendre une bliiiiiiinde, s’il vous plaît ». Il y a des tas de critères à prendre en compte et qui vont avoir un impact sur le prix de vente:

• le pays de fabrication

• les matières utilisées

• la quantité produite (c’est simple, moins un produit et plus c’est cher et vice et versa)

• la domiciliation de l’entreprise (une entreprise basée, par exemple, au Luxembourg s’en sortira bien mieux qu’en France de par les taux d’imposition et charges/taxes très différents)

• la façon dont les choses sont produites (est-ce que l’on fait attention à l’environnement et aux employés ou, au contraire, on en a rien à foutre, vas y ça coûte moins cher ?)

 

CA RESTE CHER

Le prix des choses, ce qui est cher ou ne l’est pas, reste une notion très subjective. Ce qui est cher pour moi ne le sera peut-être pas pour mon voisin. Ce qui n’est pas cher pour moi le sera peut-être pour vous. Je vois souvent les gens parler de « la crise »… Alors évidemment le coût de la vie est de plus en plus délirant et les salaires, eux, ne bougent quasiment pas (je vais être payé 2€ de plus cette année? WOUHOU! C’est la TEUF ou c’est pas la TEUF ??), sans parler du chômage ni de tout ce que l’on doit payer, chaque mois, pour vivre un minimum correctement (genre un toit au dessus de sa tête, avoir l’eau courante, un peu de chauffage en hiver et de quoi bouffer).

Et OUI, acheter Made in France ou des bijoux fabriqués à la main, ou des vêtements (ou une pelle et une balayette) qui vont réellement durer dans le temps représentent un certain coût. Certains ne peuvent pas se le permettre et, malheureusement, ça a toujours été ainsi. Il y a des inégalités, des personnes qui gagnent extrêmement bien leur vie et d’autres qui galèrent comme des perdus pour un SMIC et d’autres qui essaient désespérément de trouver du travail. On peut difficilement refaire le système…

Quelle que soit toute la bonne volonté, l’éthique et l’engagement derrière certains produits, oui, parfois « c’est trop cher » pour nous.

REMETTRE EN PERSPECTIVE

Par contre ce sur quoi je ne reviendrais jamais (ou difficilement, on va dire ;)) c’est qu’entre un pull à 150€, fabriqué en Chine en quantités monstrueuses et dans des conditions qui puent et un sweat à 150€ fabriqué à la main en France dans des conditions respectueuses de l’humain et en petites quantités… Qui est le plus cher ? Qui abuse sur les prix ?

Je pense notamment à des marques comme Sandro, IRO, Ba&sh etc. qui ont des tarifs excessifs pour une qualité parfois plus que médiocre (qui veut une robe à 200€ fabriquée en Chine et 100% acrylique ?) et qui jouent uniquement sur le prestige, sur la popularité de leurs marques pour vendre à des prix totalement prohibitifs. Qui ont aussi sûrement les moyens de se payer des attachés de presse et de s’offrir de jolies parutions presse ou des partenariats avec des « influenceurs », ce qui n’est, croyez-moi, absolument pas le cas des petits créateurs qui ne peuvent compter que sur le bouche à oreille et éventuellement avoir un peu de bol et taper dans l’oeil d’une rédactrice de magazine ou d’une blogueuse.

Alors ça n’enlève rien au fait que dans les deux cas certains ne pourront pas se payer un de ces deux pulls mais ce qu’il est important de comprendre, je crois, c’est que ce qui est cher de nos jours, ce ne sont pas les pulls made in France à 65€ mais les tee-shirts à 30€ fabriqués au Bangladesh par des personnes maltraitées, sous-payées, qui bossent dans des conditions épouvantables, qui sont en contact avec des matières extrêmement toxiques qui, en plus de mettre leur santé en danger, mettent la planète en danger et, en dernière ligne, les consommateurs en danger. Quand on achète un tee-shirt à 30€ (ou une robe made in China à 150 balles, 100% acrylique) on apporte malgré nous un certain soutien à un système nécrosé, des sociétés qui manquent souvent d’humanité et qui n’ont que le profit et l’argent dans leur ligne de mire, quelles qu’en soit les conséquences.

Quand on achète un pull à 150€ fabriqué en France on soutient des personnes pleines de bonne intentions, qui se battent au quotidien pour faire vivre leur idées et leurs passions, qui ont du respect et qui bien souvent, s’en sortent à peine.

Acheter ce genre d’articles c’est aussi dire MERDE au système, dire merde à la mauvaise qualité, à la surconsommation et au mass market.

Et c’est aussi faire un choix. Je pense que nous avons tous pour 60-80-100€ de pulls dans nos armoires. 1 pull Zara à 40€, 2 pulls H&M à 20€, ce petit sweat Primark à 10 balles et ce petit sweat Mango soldé à 10 balles aussi et hop, on y est. 100€. Est-ce qu’on a trouvé ça cher lorsqu’on les as acheté ? Sûrement pas. Mais si on prenait le temps d’additionner les prix de tout ce que l’on a chez soi… Je pense que beaucoup serait surpris de voir tout « l’argent » qu’ils possèdent dans leurs armoires ou même dans leurs maisons.

Une étude a d’ailleurs été faite à ce sujet en Angleterre démontrant qu’une femme anglaise moyenne (je pense qu’il faut entendre par là, salariée, avec des conditions de vie « normale », ni riche ni pauvre) possède près de 4000£ (soit environ 5000€) de vêtements non portés dans sa garde-robe ! (!!!!)

Certains pourraient s’offrir du Made in France, ou des vêtements écologiques/éthiques s’ils décidaient…d’acheter moins.

L’une d’entre vous m’a raconté il y a quelques temps que sa grand-mère avait pour habitude de dire « je n’ai pas les moyens d’acheter bon marché ». En clair elle ne pouvait pas se permettre d’acheter un nouveau pull à chaque hiver et elle préférait en acheter un seul, de très bonne qualité, certes à un prix élevé mais qu’elle allait pouvoir garder des années.

pas les moyens acheter bon marché

Alors ne me faites pas dire ce que je ne pense pas, je ne suis pas en train de clamer que merde vous faites quand même zéro effort, allez donc claquer 100 balles en une fois chez Ekyog plutôt que 100 balles en 5 fois chez H&M. Encore une fois chacun est libre de faire ce qu’il veut, de faire ses propres choix, moi je m’en fiche. Je ne fais qu’exposer des faits. Si vous êtes étudiant ou sans emploi, évidemment il faut bien s’habiller et vous n’allez pas aller claquer 1/4, voire plus, de vos revenus dans un pull. Ça tombe sous le sens. Et surtout personne ne nous demande d’être parfaits et irréprochables. Moi par exemple, même si j’essaie de plus en plus d’éviter certaines enseignes, si un jour je vois un truc qui me plaît, qui me va et qui a été fabriqué en Chine bon, ben…je vais sûrement l’acheter. Et je crois que je ne serais pas un monstre pour autant.

En gros rien ne sert d’être extrémiste. Si certains on fait le choix de passer en mode no-consommation, de ne plus rien acheter de neuf ou de n’acheter que du Made in France, c’est leur droit et leur choix et c’est tout à leur honneur. Mais pour autant ça ne signifie pas que ceux qui ne suivent pas la même voie sont de sombres merdes. Non mais vraiment, J’INSISTE, ce ne sont PAS de sombres merdes.

LAQUALITE

On pourrait aussi parler de la qualité des choses. Suite à ma vidéo certaines avaient signalé que certains de leurs pulls « low cost » tenaient très bien la route et d’autres que leurs chaussures de bonne qualité achetées il y a 5 ans n’avaient pas tenu le coup.

Bon, qu’on soit bien clair : la véritable qualité est de plus en plus difficile à trouver et surtout à reconnaître. Acheter un jean à 200€ ne vous garanti absolument plus que ce dernier vous suive pendant 10 ans, voire toute votre vie. Tandis qu’un truc à priori un peu « merdique » peut durer des années et extrêmement bien vieillir. Pour la petite histoire j’ai toujours en tête deux exemples que je vis quasi quotidiennement :

  • J’aime bien les culottes H&M. Elles sont bien coupées, elles sont abordables et jolies. Il y a 9 ans, quand j’étais enceinte, j’ai acheté un culotte spéciale grossesse (tout le monde est ravi de le savoir………………), qui s’est avéré être une culotte tout à fait normal mais bon, passons. Je l’ai donc achetée il y a près de 10 ans et ce n’est que depuis 1 an et quelques qu’elle commence à se détériorer. À côté de ça j’ai acheté, toujours chez H&M, d’autres culottes il y a environ 1 an et demi et bien la moitié est déjà trouée. Même marque, même articles, qualité pourtant totalement différente.
  • Même exemple avec 2 tops achetés chez Zara il y a environ 1 an, exactement en même temps et pour à peu près le même prix: l’un d’entre eux tient jusqu’à maintenant très bien la route. Il est en synthétique, avec de la dentelle/guipure, je le porte quasi toutes les semaines, je le lave tout le temps, c’est un peu mon « top de soirée » donc autant vous dire qu’il en a vu des vertes et des pas mûres. L’autre top, est tout aussi synthétique, je l’ai porté 1 fois (et ce n’est pas une façon de parler, je l’ai VRAIMENT porté une seule fois) et le truc s’est déchiré. Une fois de plus même marque, même articles, qualité pourtant totalement différente.

À côté de ça je pense aussi à ce gilet Rick Owens que j’avais pu m’offrir grâce à un bon d’achat. Tricoté main en Italie, 100% laine. Ce gilet est de loin une des pièces le plus quali que je possède: je le porte tout le temps, je m’en sers comme manteau, comme couverture, il m’a suivi pendant 3 semaines aux Etats-Unis l’automne dernier, a été roulé en boule, a pris la pluie, la grêle, le soleil, s’est tapé 16h d’avion, je n’en prends pas particulièrement soin et il n’ a pas bougé d’un iota depuis presque 2 ans. Quasiment pas de bouloches, sa forme reste intacte. Il est génial. Mais évidemment il coûtait un prix absolument exorbitant.

En parallèle, cet hiver j’ai acheté un gilet en cachemire Hunky Dory, une jolie marque suedoise aux prix…ahem…qui vont bien. J’avais envie d’un joli gilet noir que je pourrais porter tout le temps et surtout longtemps ! Et bien au bout de 6 mois le truc ressemble à une serpillière. Blindé de bouloches, il attrape toutes les merdouilles qui passent et il commence à se trouer ! 6 mois, pour un gilet payé 200€, ça fait mal.

rick owens x hunky dory

La « qualité » aujourd’hui est malheureusement devenue une notion très subjective et qui tient à…pas grand chose. L’une d’entre vous me disait sur Facebook que « cher n’est pas forcément égal à qualité et pas cher n’est pas forcément égal à merdique » et je suis entièrement d’accord avec elle (la preuve avec mes culottes et mon gilet Hunky Dory… ;)). Quand on achète un pull, par exemple, on ne peut jamais savoir quelle est la longueur des fibres qui ont été utilisées pour le confectionner (car oui, sachez que fibres courtes = qui se cassent =  coucou les bouloches), de même pour un tee-shirt mais on peut quand même partir du principe qu’un pull à 30€ n’aura pas été tricoté dans des fibres longues et solides.

J’avais d’ailleurs partagé il y a quelques temps la petite histoire « de ouf » d’un tee-shirt mise en ligne par Loom (d’ailleurs entre temps la marque a été lancée! :D)… Je pense qu’il est de bon ton de la recoller ici !

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On y apprend notamment qu’on achète 2 fois plus de vêtements qu’il y a 20 ans (pile le moment où la fast-fashion a débarqué dans nos lifes, tiens…), que pour réduire les coûts les marques taillent dans la qualité (une fibre de coton 1,5 fois moins longue coutera 1,5 fois moins cher..hé hé, logique !), que l’industrie textile est la 3ème plus grande consommatrice mondiale d’eau (derrière le pétrole et le papier) et que de nombreux articles de fast-fashion contiennent des substances extrêmement toxiques comme les NPE qui entraînent des dérèglement hormonaux. #youpi

 

RESTER COOL

Je pense que ce qu’il faut retenir de tout ça c’est qu’il faut (autant que faire se peut) rester cool. J’avoue que plus j’y pense et plus je me dis que la solution ultime (enfin encore faut-il qu’il y ai réellement une solution ultime…) n’est pas de boycotter le « mass market » et la « fast-fashion ». Aujourd’hui on a la chance d’avoir le CHOIX. Le choix de soutenir des petits créateurs, une façon différente de faire les choses ou le choix de s’habiller à moindre coût ou les deux en même temps.

Je me dis toujours que si tout le monde arrêtait d’acheter chez Zara et Primark, que deviendraient toutes les personnes, d’un bout à l’autre de la loooooongue chaine, qui travaillent pour ces marques ? Et puis surtout la « mode » reste un plaisir comme un autre, tout le monde devrait avoir le droit de se payer un vêtement pas trop onéreux, tout en ayant une qualité respectable.  C’est sûrement très naïf mais j’ai l’espoir que par des actions moins radicales, on puisse faire évoluer les choses dans le bon sens. À force de signaler aux marques que leur qualité laisse franchement à désirer, à force de rejoindre des actions visant à donner de meilleurs conditions de travail aux ouvriers du textile, à force d’essayer de se faire entendre.

Je pense souvent la grande campagne Detox lancée par Greenpeace il y a 4 ans (vous pouvez lire un très bon résumé juste ici) et qui a porté ses fruits. On peut aussi soutenir des collectifs comme Ethique sur Étiquette ou se tenir informé et rejoindre des campagnes via Peuples Solidaires , aller faire un tour sur Fashion Revolution et jeter un oeil à leur HAULternative ou leur excellent guide sur How to be a Fashion Revolutionary !

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Consommer de la mode éthique ne s’arrête pas à aller faire ses courses chez Ekyog et chez les marques Made in France. Il y a énormément d’alternatives comme acheter d’occasion sur les vide-dressing, les sites spécialisés dans le domaine (vide-dressing.com , vestiairecollective, vinted…), faire des échanges avec ses copines, louer des vêtements, profiter des soldes pour se payer une jolie pièce produite respectueusement

CONCLUSION

Pour conclure je dirais que ce serait juste chouette si on arrivait à prendre la mesure de ce que coûte la mode éthique (et encore une fois par éthique j’entends bio ou made in France ou dans des matériaux de qualité ou produit dans des conditions respectueuses de l’homme et de la planète etc. ÉTHIQUE au sens large ) et qu’on arrêtait de hurler à l’arnaque.

Je me rends bien compte qu’en tant que « consommateur lambda » on ne prend a-bso-lu-ment pas la mesure de tout ça, qu’on se dit rarement « pourquoi ce tee-shirt coûte 50 balles alors que celui-ci en coûte 5 ? Quelle est la VRAIE raison ? », qu’on ne se demande jamais en quelles quantités peuvent être produites les choses et quel impact ça peut avoir sur les prix… Qu’en gros on a tendance à ne pas trop se poser de questions et à souvent conclure à du « foutage de gueule » alors que, malheureusement, les choses sont un peu plus complexes que ça.

J’espère sincèrement que cet article vous aura éclairé sur le sujet, vous aura éventuellement apporté des réponses et que j’aurais réussi à me faire comprendre (Le jumeau maléfique de Jean-Michel Raconte Mal, c’est moi… Ne l’oublie jamais !)

Prenez soin de vous et passez une très belle journée ! ❤️