Les sapes

Onze marques de chaussures véganes

Des chaussures ! Des chaussures ! Des chaussures ! 🎉

Le ridicule ne tuant pas je vais vous avouer que ce qui a longtemps freiné mon pas vers la véganie (hormis le fromage…) c’était les chaussures (bon. Et les sacs aussi.). M’imaginer me priver de toutes les merveilles que l’on trouve sur le marché et notamment dire adieu aux paires que je possédais parfois depuis des tas d’années et que j’aimais quasi inconditionnellement… Ouais. J’ai mis du temps à me faire à l’idée et à l’accepter.

Ce n’est qu’à partir du moment où j’ai commencé à réellement m’intéresser à la pompe végane que j’ai compris que je ne me priverai de (presque) rien en abandonnant mes chaussures en peaux d’animaux. Parce que si on peut laisser de côté le cuir au profit des chaussures à 30 balles en simili-cuir des grandes enseignes… On ne va pas se mentir, essayer de se tourner vers des marques un peu plus respectueuses de l’environnement et du vivant, c’est quand même mieux.

Je me suis donc dit que cet article serait le bienvenue et surtout qu’il permettrait peut-être à certaines de réaliser qu’en matière de chaussures véganes, le choix est plutôt grand et franchement pas mal du tout !

Cet article fait évidemment écho à ma vidéo sur le sujet et je vous invite à la regarder si vous avez envie de jeter un oeil à ma petite collection et, accessoirement, d’en savoir un peu plus sur le rapport simili-cuir / écologie (qui s’avère bien différent de ce que l’on pourrait croire !).

cosi-cosi-vegan Bottines Sonia  / bottines Corine / Bottines Rose

Ma découverte la plus récente (et un énorme coup de coeur !) Cosi Cosi, une marque allemande 100% végane ! Visuellement ça déboîte, les coupes ont l’air top, les matières très réussies et tout est fabriqué en Italie ! Autant vous dire que je me retiens de commander 4 paires d’un coup ! ;)

beyond-skin-vegan Babies à talons Beyond Skin / Ballerines Beyond Skin / Escarpins Beyond Skin / Bottes hautes Beyond Skin

Une des marques de chaussures véganes les plus connues. Beyond Skin est basée en Angleterre et tous leurs modèles sont fabriqués en Espagne dans le respect, autant que faire se peut, de l’homme, de l’environnement et des animaux. Les doublures intérieures sont en matériaux 100% recyclés et les semelles intérieures et extérieurs composées à 70% de de matériaux recyclés. Ils utilisent aussi un « faux daim » 100% fabriqué à partir de plastique recyclé. Ils ont pléthore de labels dont celui de la PETA, le label Vegan et le Vegetarian Society Approved. Bon à savoir, il est possible de commander des pointures 35 et 42/43. Les tarifs sont un peu élevés mais c’est justifié à 200% !
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2975 vegan Dr. Martens1460 vegan Dr. Martens

Depuis peu Dr. Martens propose 3 des ses modèles emblématiques en version végane ! Je pense que je n’ai pas besoin d’épiloguer sur le sujet ;)esprit-vegan-shoes

Baskets camel doublées en fausse fourrure/ Baskets noires doublées en fausse fourrure Esprit / Baskets bleu marine Esprit

Encore une marque à qui on souhaite la bienvenue en Véganie ! Esprit a lancé en début de saison une ligne de chaussures véganes, approuvées par la PETA. Pour le moment on ne trouve que des baskets MAIS des baskets avec une dégaine carrément réussie ! Gros point positif, on trouve des modèles fourrés (synthétiquement, évidemment ;)) et j’ai d’ailleurs craqué pour le modèle du milieu qui est simplement parfait ! Côté tarifs ça avoisine ce que l’on dépenserait chez des marques comme Nike, Adidas ou autre…la cruauté animale en moins ! ;)lulus-vegan-shoes Bottines à boucles Lulu’s / Sandales à talons Lulu’s / Bottines à talons Lulu’s

Un site américain qui propose des chaussures véganes. Ici pas de label mais partons du principe qu’on peut leur faire confiance ;) Côté tarifs c’est extrêmement raisonnable et d’après les photos ça m’a l’air d’une qualité plutôt correcte ! Comptez 15$ minimum de frais d’envoi (ce qui reste aussi raisonnable étant donné que l’envoi est effectué depuis les US).bourgeois-boheme-vegan

Chelsea boots Bourgeois Bohème / Derbies lacées Bourgeois Bohème / Bottines Bourgeois Bohème

Encore une marque anglaise ! Ici on est clairement dans du assez haut de gamme mais les chaussures sont fabriquées au Portugal (vous pouvez d’ailleurs voir un petite vidéo de la production juste ici), ils utilisent autant que possible des matériaux écologiques ou recyclés, leurs lacets sont en coton bio, certains matériaux sont faits à partir de coton tissé avec du papier, du liège ou des graines (oui oui !). Et leur matière « The Mycro » a d’ailleurs l’Ecolabel ! Ils sont d’une très grande transparence quant à tous les niveaux de création, de production etc. et ça c’est quand même vachement cool !nak-fashion-vegan-shoes

Bottes hautes NAK / Escarpins NAK/ Bottines lacées NAK

NAK, autrement dit No Animals Killed. Fabriquées à la main en Italie, tous les matériaux utilisés sont originaires du nord de l’Italie, le plus proche possible de leur atelier. Tous leurs modèles sont waterproof mais néanmoins respirants, ils promettent que le « cuir » ne vieilli pas ni ne craquèle avec le temps. Une fois de plus les tarifs sont assez élevés mais je ne doute pas une seule seconde de l’immense qualité de leurs chaussures !wills-veganBottes hautes Wills / Chelsea boots Wills / Bottines à talons Wills

Une marque 100% végane créée par un homme, Will Green ! La marque est labellisée Peta et Vegan et les prix sont assez raisonnables.good-guys-vegan Bottines lacées Good Guys / Bottines Good Guys / Baskets fourrées Good Guys

Je vous a déjà parlé de cette marque grâce à qui j’ai pu cocher la case « petites baskets simples et noires mais qui défoncent » sur la liste de mes envies chaussures. Les modèles sont (presque tous) jolis et très actuels. La marque est française, elle porte le label PETA, est certifiée Oeko-Tex Standars 100, tous leurs matériaux ont été testé par un labo indépendant qui les certifient inoffensif pour la santé et écologiques, leurs chaussures sont 100% recyclables et fabriquées en Italie, Espagne ou Portugal. À noter que leurs baskets tiennent HYPER chaud quand ça caille ! J’ai passé toute une journée et une soirée dehors en les ayant aux pieds (il faisait 7° en journée et genre 2 la nuit) et je n’ai quasiment pas eu froid aux pieds !matt-and-nat-vegan

Bottines bordeaux Matt & Nat / Bottines camel Matt & Nat / Baskets bordeaux Matt & Nat

Depuis peu la fameuse marque de sacs véganes a aussi lancé sa collection de chaussures. Alors personnellement je ne suis pas à donf avec leurs modèles, il y a systématiquement un petit truc qui me dérange et que je n’arrive pas à définir mais je suis sûre qu’elles plairont à certains ! Une fois de plus je ne doute pas une seconde de la qualité de ces chaussures, la marque est hyper transparente, que ce soit à propos de leur éthique ou du développement durable, des matériaux utilisés, ou encore de leurs usines de fabrication !

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Et enfin, last but not least comme on dit au Texas… Novacas ! (vous avez noté la rime j’espère…) Je vous avais présenté une paire dans ma vidéo, très bien coupée, très belle qualité…mais que j’avais malgré tout un peu de mal à porter. Et bien depuis j’ai craqué pour le modèle en noir et…O…M…G… Elles sont parfaites !

J’aime énormément cette marque qui propose des modèles très réussis, aux jolis matériaux et qui, comme toutes les autres, a une très belle démarche. Leurs matériaux ne contiennent rien de toxique pour la santé ou l’environnement, certains sont 100% biodégradables et leur usine se trouve au Portugal.

Promenons-nous dans les bois…

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📷 Julian Benini

Oui. Je sais. Personne ne va dans la forêt avec ces pompes compensées de 10 cm. PERSONNE. Pas même moi. Mais que voulez-vous, j’avais envie de profiter un peu de toutes ces jolies couleurs que nous offre l’automne et je trouvais que ça allait trop bien avec ma robe rouge.

On appelle ça les risques du métier m’sieur dame, et ouais.

(tu parles d’un risque… Un peu de terre sur une paire de godasses on a vu pire, hein..)(…)(oh ça va, laissez moi croire que je vis dangereusement, merde !)(#dangerous)

C’est surtout qu’il fallait absolument que je vous parle de cette parka ! Je pense que je l’ai assez répété ces presque 10 dernières années, si tu cherches la meuf qui a tout le temps froid : elle est devant toi. Mais la question du manteau quand tu veux éviter tout ce qui vient de nos amis les animaux…autant vous dire que ce n’est pas une mince affaire. J’en parlais d’ailleurs il y a peu, les types te collent de la laine absolument partout. Même si c’est 2%. WTF.

(Et si vous vous demandez quel est le souci avec la laine (ce qui est une question très, très très récurrente), je vous invite à lire cet article d’Antigone, extrêmement clair et bien documenté)(mais encore une fois, si vous portez de la laine je vous aime quand même, hein)(on ne le répètera jamais assez…)

Vref. (non ce n’est pas une coquille. J’aime bien dire « vref »)(bref) Comme il était hors de question que je continue à porter mes parkas pleines de fourrure (et j’ai toujours du mal à comprendre à quel moment j’ai pu acheter ce genre de trucs… Comme quoi qu’est-ce qu’on évolue avec le temps, hein…) je suis partie en quête d’une parka jolie, chaude, sans laine ni fourrure véritable et qui ne me donne (pas trop) l’air de passer tous mes dimanches à ramasser des champignons dans la forêt (surtout en chaussures compensées, ridicule, quoi…).

Si vous êtes actuellement dans la même quête que moi : ne cherchez plus ! La parka parfaite est là. Premièrement l’intérieur est doublé en moumoute. Deuxièmement, les poches sont entièrement en polaire. #mourirdebonheur. Et troisièmement, on ne le voit pas ici mais à l’intérieur on trouve une bandoulière. Vous allez me dire mais à quoi est-ce qu’une putain de bandoulière peut bien servir sur une parka est-ce qu’ils vont bien les types ou comment ça se passe ? Je n’aurais qu’un seul mot à dire : concerts.

Mais si. Vous savez, en hiver, quand vous allez voir un concert, que vous préférez mourir plutôt que de sortir de chez vous sans manteau quitte à décéder de chaud une fois dans la salle ? Et qu’une fois sur place vous vous retrouvez effectivement à suer à grosses gouttes sous votre parka, votre écharpe, votre bonnet et vos moufles ?  Et bien là, tu cales l’écharpe dans une manche, le bonnet et les moufles dans l’autre, tu retournes ta parka et tu la porte en bandoulière ! AHAHAH ! C’est pas génial ?? (est-ce que je suis trop enthousiaste ?) Alors dans mon cas ce sont les concerts qui m’ont toujours posé problème mais ça marche aussi dans un bar le samedi soir, dans un musée, à un vernissage…bref à tous les endroits où il n’y a pas de vestiaire et où tu n’as envie ni de garder ta parka, ni de l’enrouler désespérément autour de ta taille.

La révolution, en somme.

Et sinon, tenez, ça c’est cadeau.

Allez, bonne journée ! ;)

coline_141116_2_web-5 Chapeau Printemps (ancienne co.)

Parka Zara

Robe IRO

Legging en simili-cuir LTB (ancienne co.)

Derbies Stella McCartney

Sac Stella McCartney

Foulard Vyvyn Hill

Collier A La (ancienne co) et bagues Audrey Mestdagh

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De l’indulgence

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📷 Estelle Segura

Si vous me suivez depuis un moment je pense que vous savez qu’ici, ou ailleurs, ce que je prône avant tout (bien avant la cause animale, l’écologie, le local, le bio, liste non exhaustive) c’est la tolérance et l’indulgence. D’ailleurs je pense que si je dois « prôner » quoi que ce soit, ça se résume à ça. Et à l’ouverture d’esprit parce que ça fait comme un petit top 3 et j’aime bien l’idée.

J’ai d’ailleurs systématiquement les dents qui grincent face à ce terme – prôner – que je trouve très réducteur et qui, finalement, a un peu tendance à nous enfermer. J’ai le sentiment que ça nous réduit à ce qui nous tient à coeur et que, vis à vis d’autrui, ou pire, de soi-même, ça ne laisse la place à aucun écart, ça force à une sorte de perfection ultime (tout du moins en apparence…) et je pense qu’à la longue c’est tout simplement usant. Voire même décourageant.

Avant de commencer à écrire cet article j’ai cherché pendant bien 1h, au fil des pages Google, un article lu il y a quelques mois. Ma mémoire défaillante n’a manifestement pas souhaité que je me rappelle ne serait-ce que du titre de cet article et j’ai fini par abandonner l’idée de pouvoir le partager ici. Pour autant je me rappelle que cet article était beau et agréable à lire, un homme y racontait comment, de son point de vue, l’extrémisme trop extrême du véganisme, pouvait finir par nuire à la cause animale et au mouvement (et je suis très, très agacée de ne pas retrouver cet article, publié sur la version web d’un hebdomadaire assez « sérieux »)(= c’était pas Vice, quoi…)(j’adore Vice soit dit en passant). Il expliquait qu’à vouloir tendre trop ardemment  vers un idéal, certains finissaient pas craquer, par tout abandonner, en se disant sûrement que tout ça ne servait à rien puisque : les gens autour d’eux ne comprenaient pas leur démarche / que c’était socialement trop difficile / psychologiquement compliqué parfois / que les personnes « plus engagées » (ou plus « parfaites ») n’avaient cesse de les juger/ liste non exhaustive une fois de plus.

Il appelait à la tolérance, dans un domaine ou finalement, il y a peu de place pour ça (et pas forcément pour de mauvaises raisons).

Au fil de mon écriture je me souviens tout à coup d’un commentaire qui m’avait marqué il y a plusieurs mois. Dans une de mes vidéos je parlais de Sea Shepherd et on m’avait rétorqué que me voir parler de cette association alors que Paul Watson est végane et pas moi était une sorte d’aberration (je pense que les termes étaient mois courtois qu’ici…), d’autant plus que je plaçais Sea Shepherd et des patchs pour les yeux pas du tout véganes dans la même vidéo (ainsi que des marques non cruelty free). À l’époque, j’étais peut-être déjà végétalienne mais je n’avais pas étendu le concept au reste de ma vie et…je n’avais pas compris cette attaque. Je reste totalement consciente que bien que nous soyons tous composés de contradictions, il est toujours plus facile de pointer du doigt celles des autres plutôt que les siennes mais, sincèrement, ça m’avait laissée pantoise. Pourquoi me reprocher un acte, finalement, assez positif, pour la simple et bonne raison que je n’appartenais pas au mouvement végane ?

Et puis le temps a passé et, un jour, je me suis sensiblement retrouvée à faire la même chose. Mon chéri, par exemple, n’est pas végane. Mis à part à la maison où nous mangeons végétalien, il mange de la viande, des produits laitiers, il a des chaussures et des vestes en cuir. #pasbienvenueenvéganie Mais je sens que depuis quelques mois, un changement s’opère… Il me semble tourner en tâche de fond, discrètement et lentement, pour ne pas faire griller le disque dur, mais je sens qu’il est là… Du coup, depuis plusieurs semaines, il a commencé à partager, sur Facebook, des tas de vidéos, des photos, d’articles sur la cruauté infligée aux animaux. Ça va des classiques horreurs qui ont lieu dans les abattoirs, aux chiens de Yulin en passant par les poissons dévorés vivants dans je ne sais plus quel pays. Et systématiquement, oui, il est horrifié, choqué, peiné. Un être humain normalement constitué, en somme.

Mais moi, un jour, je n’ai pas pu m’empêcher de lui dire « hé, attends, tu es scandalisé face à ce système mais… TU EN FAIS PARTIE ! Tu y contribues ! Quelle hypocrisie, quand même ! ».

Et ce jour là (ou peut-être un peu plus tard), je me suis arrêtée un moment sur cette pensée, sur ces paroles et cette façon de voir les choses et je me suis dit « mais Coline mais… MAIS NON ! Pitié. Ne deviens pas comme ça. » J’ai dû prendre un moment pour me rappeler que j’avais mangé de la viande, du fromage, porté du cuir à outrance, utilisé des marques qui testent encore sur les animaux, me rappeler qu’à l’époque j’étais moi aussi touchée par tout ça et scandalisée mais que pour autant…je continuais dans cette voie.

Je me suis rappelée que ce qui m’avait aidée et que ce qui m’avait menée ici, aujourd’hui, c’était l’indulgence et la bienveillance que j’avais eu à mon propre égard. Je me suis rappelée qu’à l’époque j’assumais le choix de mon mode de vie tout en espérant qu’un jour il changerait. Mais uniquement quand je serais prête et que je ne le vivrais plus comme une privation, comme une frustration. J’ai parcouru un, je crois, bon morceau du chemin mais pour autant je ne suis pas encore arrivée à l’issue de mon voyage. Et je pense ne jamais y arriver. Parce que ça me semble si loin, que j’ai l’impression parfois d’y aller pieds nus sur un chemin de braises avec des gens qui me jettent des cailloux tous les 2 mètres (n’oubliez jamais mon extrême demi-mesure, hein…). Parce que tout ça implique tant de choses, tant de causes parallèles ou perpendiculaires, tant de questions auxquelles il faudrait trouver des réponses, de problématiques qu’il faudrait solutionner… C’est bien simple, quand tu te dis végane, on te rétorque « ouais et l’écologie alors ?! ». Quand tu expliques que le véganisme est un assez chouette mouvement écologique aussi, on te rétorque « pfouais et l’humain alors ?! ». Quand tu expliques que le véganisme marche main dans la main avec la planète et avec ses habitants hashtag bisounours et qu’il aime tout le monde, on te trouve autre chose dans lequel tu dois absolument t’impliquer : la surconsommation, le plastique, l’huile de palme, la guerre, les sans-abris, le chômage, la politique, le féminisme…

Et il arrive un moment où, à mon sens, si tu ne prends pas un peu de recul par rapport à tout ça…tu baisses les bras. Tout simplement parce que ça te renvoie une image très négative de toi-même (et ici je ne parle pas particulièrement de moi… Aujourd’hui je vis bien avec mes contradictions et mes imperfections), que tu peux te sentir un peu minable, que ça laisse soudainement un espace trop conséquent à une plaie : la culpabilité. Et je pense que n’importe qui sera d’accord sur le fait que : PERSONNE n’aime ressentir de la culpabilité. Quelle qu’elle soit, quelle qu’en soit l’intensité ou les fondements. La culpabilité c’est de la merde.

J’ai personnellement beaucoup, beaucoup culpabilisé tout au long de ma vie, et a fortiori depuis que j’ai décidé de me foutre dans cette petite case qu’est le « véganisme ». Et le pire dans tout ça, c’est que ce ne sont pas les autres qui me font culpabiliser, ce ne sont pas les messages que je reçois et qui me disent « han super les chaussures véganes mais salut l’écologie d’en acheter 10 paires d’un coup pffff » ou quand, au tout début de mon végétalisme, après avoir craqué pour une pizza au fromage mon mec me disait, quelques jours plus tard : « oh c’est bon, tu peux manger de ce truc plein de produits d’origine animale, la dernière fois t’as mangé une pizza au fromage ! ».

Ce qui me faisait culpabiliser…c’était moi-même. Moi, toute seule, dans mon coin. À me dire que je pourrais faire mieux, que je pourrais être plus forte, que je pourrais être plus engagée, que je pourrais me battre plus intensément, que je pourrais revendre ma bagnole et ne plus me déplacer qu’à vélo, que je pourrais arrêter de commander des pizzas, même végétaliennes parce que les cartons ça remplit quand même vachement les poubelles, que je pourrais arrêter d’avoir envie d’une robe Zara parce qu’ils ont vraiment des démarches de connards, que je pourrais installer des panneaux solaires sur mon toit, un récupérateur d’eau, me laver un jour sur deux, adopter tous les animaux abandonnés de la SPA de ma ville, faire des manifs, signer plus de pétitions, devenir minimaliste, m’inscrire dans une AMAP, reprendre en main mon potager, arrêter d’acheter des poivrons au mois de novembre et des avocats, couper internet parce que ça pollue, m’éclairer à la bougie, me laver avec des pains de savon, ne plus avoir qu’une huile végétale dans ma salle de bain contre 1200 crèmes et 450 contour des yeux.

Autant de pensées qui finissent tout simplement par épuiser son propriétaire. Encore une fois je ne pense pas me tromper en disant que PERSONNE n’a envie de vivre comme ça, avec ces réflexions incessantes sur tout ce que l’on fait mal ou de travers, tout ce que l’on pourrait « mieux faire ». Certains y voient sûrement une sorte de solution de facilité : « oui c’est bon, je fais déjà ci, et ça et encore ça, je vais pas non plus me compliquer la vie comme un ouf non plus, merdàlafin ». Mais personnellement j’y vois une petit fenêtre en arrière-boutique, que l’on laisse entrouverte, par sécurité et pour s’apaiser un peu. Pour finalement vivre sans une montagne de tumultes et de questions. De remises en question même.

Alors ne nous méprenons pas. Je suis POUR, définitivement et fondamentalement, la remise en question. Mais je suis contre toute forme de culpabilisation car elle est pour moi une véritable plaie pour l’humanité. On peut difficilement construire quelque chose de durable et de solide sur ces bases un peu instables, voire carrément vaseuses.

Si vous échouez quelque part, si vous vous autorisez un écart, quel qu’il soit, si vous n’êtes pas toujours à donf dans quelque chose, si vous n’êtes pas irréprochables, si vous n’êtes pas Béa Johnson, si vous n’êtes pas le plus parfaits des végétariens/véganes/écolo/militant/… C’est très bien ainsi. Sachez faire preuve d’indulgence vis à vis de vous-même. Ne vous flagellez pas car le risque est, qu’un jour, la douleur devienne trop intense et que vous décidiez soudainement de vouloir vous en débarrasser définitivement.

Et si vous réussissez quelque part, si vous ne vous autorisez pas d’écart, si vous êtes à donf dans quelque chose, si vous vous sentez irréprochable, si vous êtes Béa Johnson (coucou Béa !), si vous êtes un végétarien/végane/écolo/militant parfait… Félicitez-vous, soyez fiers de vous. C’est très bien ainsi. Mais sachez faire preuve d’indulgence vis à vis d’autrui. Ne le fagellez pas car le risque est, qu’un jour, la douleur devienne trop intense et qu’il décide soudainement de vouloir s’en débarrasser définitivement.

EPILOGUE

Cet article n’avait initialement pas du tout été pensé comme un article fleuve, mais quand les mots pleuvent… Tout ceci est parti du simple fait que la robe que je porte est en soie. Et que je m’en suis rendue compte un peu tard pour pouvoir la renvoyer. J’ai alors décidé de la porter, de continuer à l’aimer malgré le fait qu’elle ne corresponde pas à ce qui devrait être mes « standards ».
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Robe Réalisation Par (#pasvégane)

Chaussures Stella McCartney (#végane)

Manchette Helles (#végane ET #madeinFrance)

Ras de cou Johnny Loves Rosie (#végane MAIS #pastrèséthique)

Le tout porté par une Coline bien heureuse (modèle unique). Pas pour la robe en soie. Plutôt pour son indulgence vis à vis d’elle même.