Ethique et mass-market, l’équation impossible ?

La nouvelle m’a semblé passer assez inaperçue… Il y a quelques mois (peut-être même 1 an…? ou plus…? je n’ai pas pris de notes) le groupe H&M, après COS et &Other Stories, a lancé Arket. Une marque de mode mais aussi de lifestyle et de déco. Côté « ADN » comme ils disent, je cite « Le style au-delà de la tendance, de la qualité dans des conceptions simples, intemporelles et fonctionnelles » et, quand on y regarde de plus près, une petite saveur de « éthique éthique éthique » pas assumée franco-franco mais fortement sous-entendue comme on le sent avec cette présentation du groupe himself  « la mission d’Arket est de démocratiser la qualité au travers de produits accessibles, bien fabriqués, durables, créés pour être utilisés et aimés longtemps ». Du Baudelaire, cette présentation, moi je vous le dit !

Alors même si je surveille Arket depuis un moment je n’ai pas sauté le pas de la commande, mais je trouvais intéressant d’en parler avec vous et qu’on se questionne, ensemble, sur la possible éthique des grands groupes de fast fashion.

*insérer musique dramatique*

Que ce soit Mango avec Commited, Zara avec sa collection Join Life, H&M et sa bien connue collection Conscious, la fast fashion se sort doucement les doigts du c** et commence à proposer à son laaaaarge public, des pièces présentées comme plus « éthiques » : matières biologiques ou écologiquement plus sympas comme le lin, le tencel, réduction de la quantité d’eau utilisée pour produire, une plus grande transparence etc. Mais la question est : est-ce que c’est (vraiment) bien ? Est-ce que c’est (vraiment) éthique ?  Doit-on boycotter ces enseignes dans leur intégralité ? Est-ce un biais par lequel passer quand on veut résoudre l’équation éthique x petit budget ?

Parce que clairement, tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin à la mode éthique l’auront remarqué, consommer éthique peut vous coûter un rein et l’hypothèque de votre maison – je vous renvoie à mon article « Le prix des choses » si vous avez envie de comprendre un peu les rouages de cette industrie et surtout pourquoi produire de façon éthique coûte forcément plus cher et impacte donc le prix de vente -.

MAIS…pas forcément ! Camille, mon acolyte green, avait écrit un article génial à ce sujet, modestement intitulé « S’habiller éthique sans y laisser un smic« . Elle y listait tout un tas d’options, moins onéreuses, que d’aller directement acheter du bio ou de made in France et dans mes souvenirs vous aviez adoré cet article (et moi aussi !), même si certaines avaient évidemment soulevé la question du « oui mais acheter du Conscious chez H&M qui n’est pas du tout une marque qu’on peut considérer comme éthique, de facto, ne rend pas l’achat éthique« .

Je reviens sur Arket car c’est un cas qui me semble bien intéressant.

Ce qui m’a frappé dès mes premiers pas sur le site ce sont tous les filtres disponibles : on peut choisir sa couleur (bon, ok, plutôt classique), dans quel catégorie on souhaite naviguer (homme, femme, enfant, maison), se concentrer plutôt sur les imprimés à pois ou floraux et, soudainement, on vous propose de choisir la matière…et le pays de fabrication !

Alors le filtre « matière » quand tu ne portes ni cuir, ni laine, ni soie etc. c’est super cool ! Mais le filtre pays de fabrication, pour moi c’est du jamais vu.

Je crois que c’est vraiment ce point qui m’a le plus intriguée. Quand on sait que la fast fashion en ligne est très rarement transparente sur la question et qu’il n’y a bien souvent aucun moyen de savoir où ont été fabriqués nos vêtements avant de les avoir en main (à moins d’envoyer un mail au service client… TELLEMENT PRATIQUE), voir Arket proposer cette option d’entrée de jeu est forcément appréciable.

Alors bien entendu la liste est longue comme mes deux bras et on retrouve les classiques : Maroc, Bangladesh, Chine, Brésil, Inde… Mais aussi du made in France, Italie, Japon, Suisse, Allemagne. Plutôt inhabituel pour une marque de fast fashion, ces dernières se cantonnant souvent au bon vieux made in China ou pays en voie de développement aux conditions de travail qui laissent franchement à désirer. Donc plutôt cool de prime abord… Sauf que dès lors que l’on clique sur les petits filtres-qui-font-un-peu-rêver, espérant trouver un joli pull made in France ou un jean fabriqué au Japon… La débandade. En provenance de ces pays on ne trouve que du homeware, des cafetières, des bougies françaises, des brosses à chiottes fabriquées en Finlande ou des gourdes made in Switzerland. Lors de mon exploration je n’ai trouvé que des sacs fabriqués en Italie, des chaussures et un peu de textile (cravates, écharpes…) et d’autres chaussures fabriquées en Angleterre.

Par contre dès lors que le filtre Bangladesh ou Chine est enclenché, une pluie de vêtements s’abat sur toi.

Bon. Ok. Ça refroidit un peu mais tout n’est pas foutu.

Le monde du textile évolue sans arrête et je crois qu’il est bon, quand le sujet nous intéresse, de rester conscient des réalités (actuelles).

Arrêtons-nous un moment sur le Made in China, par exemple. Cette mention sur l’étiquette qui fait frémir toute personne un peu attentive à la question de l’éthique. Dès lors que l’on aperçoit ces trois petits mots défile devant nos yeux des allées et des allées et des allées de travailleurs chinois, croulant sous des montagnes de tissus, bossant 28h par jour dans le noir en étant payés 10 centimes la journée.

Alors qu’en réalité, la Chine a beaucoup évoluée ces dernières années. Je vous invite vraiment à lire cet article sur la question du made in China, datant de 2013, ok, mais hyper éclairant sur la question et qui remet un peu les choses à leur place. On y apprend, entre autre, que le coût de la main d’oeuvre, en 2013, n’est plus que la moitié du coût de celle aux USA (et qu’en 2015 elle prévoit d’atteindre 60% de ce coût…et, je ne vous apprend rien, nous sommes aujourd’hui en 2018) mais aussi que la Chine est devenue trop chère pour beaucoup de marques de fast fashion souhaitant réduire au maximum leurs coûts de fabrication.

Concernant la qualité, cet article nous apprend aussi que si la qualité peut être mauvaise en Chine c’est simplement à cause du cahier des charges des enseignes. Une usine à qui on dit d’utiliser du coton de piètre qualité, d’affiner les coutures pour grapiller 1 centime par ci ou 2 centimes par là…s’exécute. Ils sont là pour faire ce qu’on leur demande et si le made in China a si souvent été associé à qualité de merde et sapes qui se barrent en lambeaux au bout d’une lavage…c’est la faute des marques. Pas de la fabrication chinoise. Logique, au final.

En bref, la Chine, bien qu’elle ne soit pas un eldorado de l’éthique, n’est plus aujourd’hui la pire mention que l’on puisse lire sur l’étiquette de nos vêtements.

Le Bangladesh par contre…

En 2013 toujours, le Bangladesh était le pays avec le salaire le plus bas du monde. L’effondrement du Rana Plazza, toutes ces personnes décédées pour que l’on puisse porter des tee-shirts à 5€, avaient un peu chamboulé le monde et placé ce pays en top position des pires pays dans lesquels confectionner ses vêtements.

Mais en réalité, est-ce que c’est si pire que ça ?

Chez Arket, toujours, pour chaque article on peut connaître, en plus du pays de fabrication, le nom exacte de l’usine où a été fabriqué le vêtement. Pour ce jean, par exemple, on découvre que l’usine qui l’a confectionné se nomme joliement Pimkie Apparels et un rapide googlage nous permet même de voir des photos (bon, ok, UNE photo). Une visite sur le site et on apprend que l’usine en question souhaite se positionner de façon assez claire sur du green, de l’éthique et du socialement correct.

C’est bien beau tout ça, non ? Alors la question c’est est-ce qu’on est face à un joli éthiquewashing dans les règles de l’art ou, Arket (ou toutes les marques de fast-fashion qui se lancent dans la création de gamme éthiques) peut-il vraiment nous proposer de l’éthique sans vider notre PEL ?

Mon point de vue sur la question a toujours été assez tranché et voici comment je vois les choses :

OUI, au Bangladesh ou dans les pays du genre, les conditions de travail sont très majoritairement mauvaises, l’humain traité comme de la merde, les conditions de sécurité déplorables et j’en passe.

OUI on doit vraiment cesser de cautionner ça.

OUI, la qualité laisse souvent à désirer.

OUI, acheter du M.I.Bangladesh chez Zara & compagnie c’est soutenir une industrie qui pue un peu du cul.

OUI on pourrait avoir envie de passer directement à la case boycott sans passer par la case prison ni récolter 200€.

MAIS…

Peut-on s’imaginer une seule seconde ce qu’il se passerait si, demain, tous les consommateurs de Zara, H&M & Co, décidaient de ne plus jamais acheter chez ces derniers… On pense souvent à ceux qui se trouvent au bout de la ligne en matière de mode éthique, en se disant que, non, vraiment, on ne peut plus cautionner ça, on ne peut plus continuer à acheter des tee-shirts à 5 balles et des pulls en acryliques à 12, parce qu’il y a ces pauvres gens, qui triment comme des perdus, au bout de la chaine (ou plutôt au début). Mais est-ce qu’on pousse le raisonnement assez loin pour se dire que si demain ces personnes qui gagnent, une misère certes, mais qui survivent avec cette misère (et j’insiste sur le terme survivre…) se retrouvent sans emploi… Alors quoi ?

C’est, à mon sens, la limite de l’idée de boycott et là où il faut enclencher un autre mode de raisonnement, à savoir : ne pas arrêter de consommer chez ces enseignes mais plutôt faire entendre sa voix de consommateur et se lever contre des conditions qui ne nous conviennent pas et que l’on trouve inadmissibles.

Pour moi ça rejoint un peu l’idée de l’arrêt de la consommation. C’est une équation qui me semble assez impossible dès lors que le monde dans lequel on évolue demeure fondamentalement capitaliste, où tout est basé sur l’argent, la vente et l’achat de biens. Ce qui ne signifie pas, attention, que la sur-consommation n’est pas un problème et qu’il faut continuer à se rouler dedans tels les doubitchous de Sofia sous les aisselles. Non. Loin de là.

Mais concernant toutes ces questions je pense de plus en plus sérieusement qu’abandonner ces pays sur le côté de la route « par principe » n’est pas la meilleure solution qui soit.

Bien entendu -et je ne le répèterai jamais assez- il n’existe PAS de solution idéale. Ou tout du moins de solution qui puisse être adoptée par tout le monde. Nous restons des individus, chacun face à ses valeurs, ses envies, ses choix – son budget aussi – et je pense qu’il est plus que temps d’arrêter de prôner un modèle unique de « tout bio – déconsommation à fond – éthique 8000 – minimaliste power – j’en passe et des meilleurs », absolument impossible à atteindre.

Se tourner vers les gammes plus éthiques, et même éthiquewashées, des grandes enseignes me semble une option vraiment positive.

C’est, déjà, le signe que les choses bougent. Que ces piliers de l’industrie textile réalisent enfin que leurs clients ont aussi envie de savoir d’où viennent leurs vêtements, comment ils ont été confectionnés, par qui et de quoi ils sont fabriqués. Alors oui, je reconnais l’éthiquewashing et celles et ceux qui crient juste à « l’envie de faire du fric » ont entièrement raison MAIS on ne rappellera jamais assez que si une marque existe, une entreprise se cache derrière et le but d’une entreprise est de vivre, de prospérer et donc de gagner de l’argent. CQFD.

Si demain tout le monde se détournait de ces gammes, quel serait le message envoyé ? Celui d’un désintérêt total. On verrait donc disparaître, assez rapidement je crois, ces initiatives qui, bien qu’imparfaites, ont le mérite d’exister. Le mérite d’exister et de proposer à celles et ceux qui ne peuvent pas se tourner vers une mode éthique un peu plus aboutie, une alternative finalement pas si dégueulasse, moins pire comme j’aime souvent le dire. Et moins pire, les gars, c’est toujours ça de pris.

Il est temps, à mon sens :

  • de sortir du cliché du sacro-saint Made in France (qui n’a parfois de made in France que le nom…ou un ou deux boutons…). On peut produire bien et éthique à tous les niveaux ailleurs qu’en France (ou en Belgique si vous êtes belge, ou aux USA si vous êtes américain, etc.)
  • d’arrêter de penser que cher est forcément égal à qualité et éthique. Je pense notamment à toutes les marques qui rentrent, à mon sens, définitivement dans la case du mass market comme Ba&sh, Sandro et compagnie, à la communication bien ficelée, qui vendent des articles présentés comme haut de gamme, sans pour autant garantir une quelconque éthique
  • de ne plus bloquer constamment sur les même marques. C’est bien simple quand on voit passer les principales marques de fast fashion citées depuis le début de cet article (aka Zara, H&M et Mango), on hurle souvent au scandale. Mais s’intéresse-t’on aux marques un peu plus petites, à l’aura très « créateurs » ? Au hasard comme ça je pense (ce sont des exemples de marques, je ne dis pas qu’elles sont pourries hein ;)) à Maison Scotch, Asos, Levi’s toutes les marques vendues par Urban Outfitters ou les boutiques multi-marques comme Monshowroom qui vendent du Vero Moda, Vila et compagnie à tours de bras, des marques qui produisent elles aussi en quantités astronomiques.
  • de cesser avec les injonctions en tous genre et surtout, si on le veut, d’essayer de faire bouger les choses autrement

— LES 3%

Vous connaissez l’histoire des 3% ?

Matthieu Blanco,  dans cet épisode des Carencés (à partir de 32 minutes environ) nous explique comment seulement 3% des gens peuvent « changer le monde » et faire, par exemple, basculer une marque. Il explique que dans l’inconscient collectif nous pensons souvent qu’il faut au moins 50% de gens (par exemple 50% de la clientèle de Zara) pour avoir du pouvoir et un potentiel impact, pour être entendu et surtout pour que les demandes/revendications soient prises en compte.

Mais il explique qu’en agro-alimentaire toutes les remarques sont enregistrées et ensuite traduites sous forme de statistiques. Que les marques partent du principe que s’ils ont reçu, par exemple, 3000 mails se plaignant de la même chose (il prend l’exemple de la vitamine B3 dans les produits St Hubert, B3 d’origine animale donc produits pas végétaliens), cela signifie en réalité qu’ils ont X à avoir le même point de vue mais à ne pas le dire et Y qui n’achèteront pas leurs produits pour cette raison. Partant de là ils voient immédiatement une potentielle perte d’argent et, hop, ils décident de changer genre vite vite parce qu’ils flippent grave.

Tout simplement parce que, même si 3%, de notre point de vue de consommateur seul dans son coin ça ne nous semble pas grand chose, il faut prendre ces 3% d’une façon globale, sur des volumes et des sommes colossales, la perte (potentielle) de 3% de chiffre d’affaire est assez catastrophique du point de vue des industriels. #desdollarsàlaplacedesyeux

Alors bien entendu, ici, Matthieu nous parle du secteur agro-alimentaire mais je ne doute pas une seconde que ce schéma puisse s’appliquer à toutes les industries.

Alors pourquoi ne pas faire savoir aux marques ce qu’on ne cautionne pas dans leurs agissements ? Réclamer plus de transparence (comme connaître les pays de fabrication des vêtements lorsqu’on achète en ligne), faire savoir lorsqu’on a eu une mauvaise expérience avec un vêtement (genre « mon tee-shirt s’est déchiré au bout d’un lavage » ou « j’ai 350 000 bouloches sur le pull que j’ai porté 1h wtf ») Envoyer un mail ou un tweet à une marque n’a jamais été aussi facile qu’aujourd’hui et comme nous le prouve cette histoire de 3% ça peut avoir un réel impact.

— LÂCHE TA GRIFFE

Poser sa griffe sur des pétitions. Ben oui, ces bonnes vieilles pétitions qu’on voit tourner partout, tout le temps, où souvent on se dit « pfff mais ça sert à quoi ? ». Si on repense à cette histoire de 3% il me semble que cela apporte un jour nouveau sur ce système d’expression et de contestation.

Si on  repense à ces 3% et on peut se dire que notre signature peut en faire partie et que l’impact peut être réel. D’ailleurs voici un petit article datant de 2015 qui regroupe 16 pétitions qui ont changé le monde.

Donc si vous avez des envies de changer le monde n’hésitez pas à vous inscrire à des sites comme Avaaz ou Change.org, n’oubliez jamais cette histoire de 3% et surtout notre pouvoir en tant que communauté. Sachez aussi que n’importe qui peut lancer une pétition, c’est open-bar !

— IBOYCOTT

Il me semble avoir déjà parlé de ce site, assez récent, mais un petit rappel ne fait jamais de mal.

I-Boycott est une association à but non lucratif où chacun peut lancer sa campagne de boycott. Des revendications sont énoncées, des explications données, un seuil de boycottant est fixé, chacun peut aussi proposer ses alternatives (exemple ici avec Coca Cola : de l’eau/arrêter les sodas/acheter une soda stream/se tourner vers des sodas locaux et artisanaux/etc.) et bien entendu chaque boycottant s’engage à ne pas acheter chez l’entreprise concernée pendant la durée de la campagne de boycott. Lorsque le seuil de boycottants est atteint I-Boycott s’occupe d’envoyer le tout aux entreprises concernées. À partir de là les entreprises peuvent répondre, comme par exemple ici avec H&M. Ensuite les boycottants peuvent voter en indiquant si la réponse les satisfait…ou non. Dans le cas de H&M le « non » l’a emporté, deux fois, la campagne est donc toujours en cours et il manque un peu plus de 4000 boycottants pour informer à nouveau l’entreprise.

À ce jour je n’ai pas vraiment d’infos sur le taux de réussite mais je trouve le concept vraiment génial. Un système qui rassemble les gens, centralise, totalement gratuit, simple et intuitif.

Aujourd’hui il y a tellement de désinformation et de clichés bien ancrés dans l’inconscient collectif qu’il serait bon de faire de vraies campagnes d’informations à propos de tous ces sujets. Toute production en dehors de la France n’est pas non-éthique, le Made in China ne rime pas forcément avec qualité déplorable, on peut sans aucun doute produire dans les pays en voie de développement tout en respectant une certaine éthique ou encore toutes les grandes marques ne manquent pas d’éthique, que ce soit humainement ou écologiquement.

Côté informations je ne saurais que trop vous conseiller de suivre Fashion Revolution, une association hyper investie dans la mode éthique et la communication autour de cette dernière. Leur Fashion Transparency Index de 2017 est à voir et indique les « scores de transparence » d’une centaine de marques. On y apprend, entre autre que H&M obtient, selon leurs critères, un bon 48% de transparence (le score le plus élevé juste après Reebok et Adidas), Zara et Asos respectivement 36 et 34% quand Chanel, Dior, Prada et Miu Miu restent en dessous des 10% de transparence.

Et, pour le côté plus écologique, de jeter un oeil à la campagne Detox de Greenpeace où on apprend par exemple que du côté « detox de la force » H&M et Inditex (le groupe possédant Zara, Bershka et compagnie) sont très bien placés et fournissent de réels efforts.

Bien entendu, encore une fois, tous ces outils ne nous disent pas d’acheter sans compter ni se poser de questions chez les grandes enseignes et je ne mets pas en avant ces chiffres pour vous dire « le mass market, wouhou, keskya c’est super génial ! » mais il me semble que tout ça peut permettre d’y voir un peu plus clair et peut-être de mettre un peu d’eau dans notre vin.


Nous voici à la fin de cet article fleuve. J’espère sincèrement qu’il vous aura éclairé sur certaines choses mais surtout qu’il nous permettra d’échanger sur la question ! La fast-fashion pour vous, même à petites doses c’est « plutôt crever » ou « de temps en temps je me chope un teesh à 3 balles » ? Vous êtes plutôt team « shame ! shame ! shame ! » ou « j’ai envie de soutenir les initiatives positives bien qu’imparfaites » ? Dites-moi tout !

 

 

 

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    95 commentaires sur Ethique et mass-market, l’équation impossible ?

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    1. Wouah!! Merci beaucoup Coline pour ce très bon article. 👏🏼 Comme d’habitude, tu poses les mots justes, la ou il faut.
      Je suis entièrement d’accord avec toi sur le fait qu’il ne faut pas tout condamner et être extrémiste dans tout. Dans mon cas, j’essaie au maximum de shopper éthique et responsable, mais je n’ai pas un budget très fourni disons nous, et en effet il m’arrive d’acheter aussi une paire de chaussette sympa avec des paillettes qui n’est pas labellisée éthique ou made in France. D’ailleurs, merci de saluer l’hypocrisie du made in France! Oui pour le vrai made in France, non au «madeinfrancewashing », avec seulement une finition faite sur place. Et on peut produire au Pérou ou au Maroc de manière très responsable aussi.
      La règle des 3%, je n’en avais jamais entendu parler, et c’est génial! En fait, quand tu l’expliques ça fait plutôt sens en effet..
      Alors j’ai envie de dire: continuons à nous poser des questions, continuions à vouloir changer les choses, continuons à encourager les initiatives positives pour la planète et l’Homme.
      Moi j’y crois!! Bises!

    2. Bonjour Coline,

      Merci pour cet article riche en questionnements importants, en pistes de réflexions intéressantes et en conseils pratiques aussi !
      Les problèmes éthiques, écologiques et sanitaires liés à l’industrie textile me préoccupent beaucoup personnellement (j’y ai déjà consacré une dizaine d’articles et je suis loin d’avoir fait le tour des problèmes et solutions tant ce sujet est vaste et complexe…) et je suis rassurée de voir que les marques comme les consommateur·trice·s s’en soucient de plus en plus… Mais « l’éthiquewashing » est un vrai problème à mon sens – un de plus – (je ne supporte pas qu’on nous prenne pour des c***) !

      J’aime beaucoup l’initiative d’I-Boycott – j’ai pu voir Levent Acar (co-fondateur) lors de la conférence du Everyday Heroes Festival à Lyon en octobre dernier et il nous a donné un tas d’exemples démontrant l’impact positif de leurs campagnes dans différents domaines.

      Je me demandais si tu consacrerais un article à la création de Numéro 7 un jour ? Il serait vraiment intéressant de savoir quelles sont les différents barrières que tu as dû franchir, les différents compromis que tu as dû faire et pourquoi pour créer une marque et des produits éthiques… et finalement, quelle marge est vraiment nécessaire pour qu’une entreprise puisse vivre de manière décente. On manque vraiment de transparence à ce sujet de manière générale et c’est fort dommage – cela aiderait vraiment les consommateur·trice·s à faire la différence entre un prix juste et un prix cher (parce que nombre de marques « éthiques » se font des marges de folie…).

      Merci pour cet article en tout cas !

      P.S. Et sinon, « Le monde du textile évolue sans arrête… »… c’est un jeu de mots ?! (Parce que moi j’aurais plutôt dit le contraire ;-) !)

      1. Oui, l’éthique ou le greenwashing c’est pas ouf c’est vrai mais je pense que ça ne prend que sur les personnes mal renseignées et que c’est un peu une responsabilité partagée. Aujourd’hui je crois vraiment qu’il est primordial que les consommateurs se renseignent et s’informent ! Parce que clairement ce ne sont pas les marques qui le feront à notre place. Alors oui, c’est parfois un peu relou de devoir douter de tout, de devoir investiguer etc. mais à mon sens ça fait partie de nos responsabilités.
        Concernant Numéro Sept j’ai prévu une FAQ en vidéo bientôt 😊

    3. Merci Coline pour cet article ! :)
      J’ai toujours tendance à avoir des doutes sur ce genre de pratiques, et en même temps, quand on n’a pas le choix, c’est quand même mieux que rien. Parce que ce qui m’énerve profondément surtout, ce sont ces gens qui pensent qu’on est tous égaux face à la consommation, que si quelques uns sont super évolués sur la question, alors tout le monde peut l’être, alors qu’en fait, malheureusement, tout le monde n’a pas les moyens d’acheter du Made In France Éthique, et dans ce cas là, heureusement que des marques comme H&M essayent de changer .
      À propos de ça, j’ai écouté un podcast hyper intéressant, l’épisode 1 de Badass La Mode, qui parle justement de cette idée des 3% qui font bouger les choses !
      Sinon, une application (brésilienne, donc en portugais, mais ça peut servir à certains!) Qui évalue les conditions de travail chez les marques, notamment sur le travail esclave, et ça permet de se rendre compte de pas mal de choses !
      Du coup moi je dis oui à ces initiatives, et puis si on peut se permettre de faire mieux, alors faisons le! Et sinon bien sûr, acheter de la seconde main c’est pas mal non plus ;)

    4. Super article et très complet.
      Pour ma part ça fait un petit moment que j’ai arrêté d’acheter pour acheter côté vêtements.
      Mais c’est vrai que si tu arrêté d’acheter dans ces grandes enseignes d’un côté tu prive les pays en voie de développement de leur « seul revenue » c’est toujours compliquée.Alors comme tu le dis souvent,chacun fait en fonction de sa conscience,de ses moyens (financiers et autres)
      Si chacun fait un peu,que ce soit niveau alimentaire,vêtement et autres,et continuer d’informer les choix pour qu’ils puissent en prendre conscience et faire leur propre choix on va bien finir part arriver à faire évoluer les choses 😊
      Merci pour cet article et continue ainsi 😉💙👍

    5. Amen Coline! Non plus sérieusement merci pour cet article. J’apprécie ta façon de toujours aller plus loin en finesse dans ta pensée et de discuter chacun de tes propos sous plusieurs angles. Je suis d’ailleurs tout à fait d’accord avec toi et pense qu’il ne faut pas s’arrêter à la « non-perfection » car de toute façon rien ni personne n’est parfait et qu’on peut déjà très bien saluer des initiatives qui ont pour but le mieux, et pas forcément l’irréprochable. Pour ma part je consomme depuis peu chez Ekyog (d’ailleurs à quand une prochaine collection capsule?) mais mon budget ne me permet (clairement) pas de tout acheter chez eux. C’était déjà plus facile pendant les soldes. De manière générale je consomme moins qu’avant, et chacun de mes achats est réfléchi. Je n’ai jamais « boycotté » hetm ou mango mais c’est vrai que j’y allais un peu à reculons. Ton article a remis les choses en perspective, et j’irai désormais volontiers acheter leurs collections « éthiques ». Je te souhaite une très belle journée! Pauline

      1. Merci pour ton message 🙏🏼 Contente que mon article ai trouvé écho chez toi ! Et oui, je pense qu’acheter les gammes plus éthiques des grandes chaines est déjà un bon message à envoyer 😊

    6. Article intéressant mais un peu en surface, parler du low fashion en ne parlant que des gros groupes… why not, tous les efforts sont bons pour la planète mais pourquoi ne pas porter une attention aux petites marques ? Celles qui cherchent à se faire une place dans l’horizon de la mode, celles qui parlent avec leurs tripes et qui pensent que l’ultra-rentabilité n’est pas la seule finalité ? Nous avons créé Instinct-Project en s’inspirant des espèces en danger, pour les protéger en retour, tous nos foulards sont fait à base de tencel ( 76% – le fil le plus responsable aujourd’hui) et 24% de coton (manip obligatoire pour que les fils ne cassent pas), car nous travaillons en tissé jacquard, le tout 100% made in France (tous les gens qui travaillent sur le projet sont bien traités, on vous promet), 100% autofinancé, 100% responsable ! 100% beau ! 100% éthique, vegan, … Donc autant vous dire qu’après avoir analysé tout ça en long en large et en travers, nous avons essayé de créer un modèle économique vertueux qui mériterait votre attention ;-) http://www.instinct-project.com/

      1. Il y a beaucoup d’autres articles dédiés au sujet ici, mais en l’occurence là on parle, comme l’indique le titre, de « mass market et d’éthique » 😊 Du coup ça a été l’occasion de découvrir votre travail…c’est super, bravo ! ❤️

        1. Merci Coline ! On est contents, on te suis depuis tes débuts… ;-)
          En effet on est très loin du mass market (ou l’éthique est encore minoritaire), on essaye de véhiculer les mêmes choses que toi, le mieux c’est déjà mieux… On aimerait juste des fois que ça aille plus loin, plus vite, car la planète et tous les êtres qui y vivent, l’homme compris en ont bien besoin !
          Allez un message plein d’espoir… On t’avait envoyé un petit mail pour savoir si on pouvait te faire un cadeau, que tu nous dises ce que tu en penses, en parler si tu aimes, évidemment, on a tellement envie que ce projet permette une prise de conscience et surtout permette à des espèces d’être protéger. Contrairement à ces marques qui ont pour seul but de faire un maximum d’argent avec les « tendances » du moment (comme l’agroalimentaire qui fait du vegan -_- alors oui c’est déjà mieux, mais ils mettent encore de la mer** dedans) – révoltés mais positivement, Instinct Project prône une économie vertueuse, responsable du début à la fin… Parce que faire les choses bien c’est possible !;-)

    7. Merci Coline pour cet article au top et hyper bien documenté qui sort des sentiers faciles et battu du « shopping c’est mal, vivons nus pour sauver la planète » ;)
      J’entame la semaine sur une superbe réflexion sur ma consommation avec de nouvelles perspectives.

      Je te suis depuis un moment et je vois ton évolution au fur et à mesure du temps, avec ton contenu qui évolue, toujours plus original et agréable qui nous offre non seulement d’avoir accès à des choses qu’on ne voit pas ailleurs et qui nous permet de faire bosser un peu notre cerveaux et nos valeurs.

      Bravo et merci pour tout ça !

    8. Merci pour cet article vachement bien documenté ! D’ailleurs, il va falloir que je le relise au calme, en prenant le temps de cliquer sur les liens ! La question est vraiment complexe, comme souvent lorsqu’on décide de réfléchir à son mode de consommation, et pas seulement pour l’habillement.
      Mais la très bonne nouvelle, c’est que les lignes bougent, les gens s’interrogent, les marques cherchent des solutions… même si on peut toujours trouver des choses à redire (après tout ça fait avancer), c’est du positif tout ça !
      Jolie journée tout le monde !

    9. Coucou Coline,
      et bien il y a des arguments qui me choquent dans ce texte, en gros c’est « comment se payer une bonne conscience » …
      Que se passerait-il si on arrêtait d’acheter chez Zara & compagnie … , si on « abandonnait ces pays » comme c’est écrit ??? Donc ça sous-entend qu’on « aide » ces pays, sérieusement ??? Non ça s’appelle de l’exploitation ! Donc arrêtons de se poser en sauveur du monde, sérieux !!!
      Faire savoir aux marques qu’on ne cautionne pas mais acheter quand même chez elles ??? WTF cohérence quand tu nous tiens !!!!
      Alors je précise, je suis loin d’être un modèle de consommation éthique, ma marge de progression est encore grande mais purée ton article m’énerve dans le sens où ça n’aide pas à progresser justement, mais à s’acheter une bonne conscience.
      J’ai des exemples à la pelle de personnes dans mon entourage qui consomment éthique sans que ça leur pose PB, et qui ne gagnent pas 100000 euros pas moi je te jure ! Seulement le point commun que je leur trouve c’est que ben oui consommer éthique va de pair avec le fait de renoncer à certains plaisirs superflus : acheter que ce dont on a besoin, acheter seconde main et du coup ne pas avoir forcément l’allure qui fait fureur sur les réseaux sociaux, etc etc …. En fait, je ne te reproche pas de ne pas être parfaite dans ta consommation, je suis d’accord pour dire qu’il ne faut pas attendre d’être parfait pour agir et s’améliorer, mais ce que je reproche à cet article c’est que en gros ça donne des arguments pour continuer à consommer de façon merdique en bonne conscience ! On ne sort pas du système de merde capitaliste qui exploite les autres et fait passer ça pour de l’aide à ces pauvres gens qui sans nous ne s’en sortiraient pas … En fait « l’éthique washing » de ces marques fonctionne à merveille !!! Mais bon je ne suis pas sans contradiction moi non plus : je t’aime beaucoup quand même Coline !!!

      1. Ouh la, calmons-nous 🤗 Je ne pense pas sous-entendre quoi que ce soit, c’est juste ma façon de voir les choses. À mon sens il est plus positif de pousser les marques dans leur retranchement, de leur mettre le nez dans leur caca en leur disant « vos pratiques merdiques je n’en veux pas, sortez-vous les doigts et évoluez » (sans pour autant aller claquer tout son salaire chez eux… Je ne crois pas avoir écrit ça ?), de passer par des initiatives comme i-Boycott que de tout foutre à la poubelle. Notamment parce qu’il y a d’autres être humains au bout de la chaine, effectivement. 😊
        En ajoutant à ça que, perso, la sur-culpabilisation des individus, j’en ai juste ras la couenne 😅 Bref cet article n’est pas un « guide », c’est juste mon opinion, aussi un partage d’informations qui sont, je crois, assez peu connu du grand public (exemple le cas du made in China où on part toujours du postulat que made in china = exploitation et fringues toutes pourries alors que…non) et absolument ps un « mot d’excuse » pour continuer à se rouler dans le mass-market.
        Je suis contre la fast-fashion et les 52 collections qu’ils nous pondent par an mais on peut aussi consommer de façon plus éthique en se tournant vers les gammes « plus éthiques » de ces même enseignes (parce que tout le monde ne veut pas acheter de seconde main ou n’a pas les moyen de consommer éthique chez des marques réellement engagées). Evidemment cet avis m’appartient mais je ne vois pas le mal à acheter un jean chez Zara si tu l’achètes consciemment et qu’ensuite tu le garde pendant 10 ans 😊

        1. oui oui je suis d’accord quand tu dis acheter un jean Zara consciemment … c’est ça que je veux dire ! Mais pour moi c’est pareil d’acheter la « gamme éthique », il faut bien avoir conscience que ce n’est que du « green washing » ou de l' »éthique washing » là dessus je n’en démords pas ! Donc ok achetons le mais en sachant bien ce qui se cache derrière ça (du marketing) et en assumant, mais pas en se donnant bonne conscience parce qu’on a acheté dans la « gamme éthique ».
          Et je n’en démords pas non plus sur l’argument des « êtres humains au bout de la chaîne » … pour moi ça reste un rapport d’exploitation !
          Après je ne dis pas que c’est toi qui sous-entend quoi que ce soit,excuse moi si tu as cette impression, juste que dans nos façons de penser, de voir les choses (et moi la première)… il y a des représentations dont on n’a pas toujours conscience (bon je suis pas très claire là). Est-ce qu’on appellerai ça de l’aide si c’était nos enfants qui fabriquaient nos tee shirt dans des conditions atroces … Bon mon exemple est pas cool j’en conviens et ATTENTION je ne dis pas que tu penses ça, mais en gros c’est cette idée que notre système qui marche sur la tête leur rendrai un tant soit peu service à ces personnes au bout de la chaîne … je ne crois pas. Mais je plussoie à fond tes articles où tu présentes des petites marques alternatives, j’en ai découvert plusieurs grâce à ton blog et ça j’adore !!!

          1. Merci Coline pour cet article. Il contient en effet des informations et des liens vers des sites qu’on ne croise pas souvent. Cependant, je rejoins Isabelle. En lisant ton article, j’avais vraiment du mal à voir où tu en voulais en venir. Le but est-il de relâcher la pression que peuvent ressentir certaines qui ne peuvent pas se permettre les enseignes « bio et éthique » ? Camille de Green Eyes avait déjà fourni un super article pour ça. J’aimerai bien que tu puisses rendre cela plus clair.
            En ce qui concerne le « made in China », je suis d’accord avec toi qu’en effet, ce n’est pas parce que le vêtement est fabriqué en terre chinoise qu’il est de facto de mauvaise qualité et par des ouvriers mal payés, c’est la politique de la marque qui choisi un pays où c’est possible de le faire et c’est pourquoi « made in bangladesh » est le new « made in china ». Par contre, que tu dises que ne pas acheter chez ces grandes marques peut conduire à l’abandon des employés, je ne suis pas d’accord. On rentre dans une autre culpabilisation alors que l’on soit consommatrices ou non-consommatrices, on y est pour rien ! C’est la politique du pays qui est en cause et tous plein de facteurs géoplitiques en sus, voire historiques. Se justifier de consommer chez ces enseignes parce qu’au moins ces gens on un job, fusse-t-il dangereux et mal payés, ça me paraît plutôt gros comme raisonnement. D’autant plus que ces marques changent d’implantation quand les conditions de travail s’améliorent pour aller dans un pays où l’exploitation à un moindre coût est toujours possible (China –> Bangladesh).
            Pour le reste, je suis d’accord avec toi, pas de culpabilisation contre-productive. Chacun fait ce qu’il peut (et veut) en fonction à la fois de ces valeurs et des ces revenus. Ne jetons pas la pierre à son prochain. Personne n’est parfait et nous n’avons pas tous et toutes les mêmes priorités. Clairement, moi, l’écologie est au top, je choisi mes vêtement en fonctions des matières utilisées et du pays de fabrication (surtout pour éviter la pollution dû aux transports et celle dû aux normes de pollutions plus flexibles dirons-nous). Par contre, je ne suis pas vegan et je continue à porter des chaussures en cuir et des pulls en laine. Je terminerai donc avec un mot. Tolérance.

            1. Je pense que j’ai un peu mal exprimé mon idée concernant les personnes au bout de la chaine 😅 Dans ma tête c’est une sorte de mix entre de la pression de la part des marques et un changement en bout de chaine. Si demain Zara débarque dans une de ses usines où les employés sont mal payés, mal traités etc. et annonce que si ça ne change pas ils se barrent, je pense que très rapidement les conditions s’amélioreront grandement. Les marques ont un réel pouvoir sur les usines qui fabriquent leurs produits et elles ont surtout de la thune à investir et malgré les facteurs, comme tu le dis si bien, politiques etc. je suis persuadée qu’elles peuvent avoir un impact positif et faire changer les choses…si elles le veulent.
              C’est dans ce sens que je dis que ne pas y penser est peut-être une erreur. Et c’est pourquoi je crois que communiquer avec les marques est important. Quand je dis qu’il ne faut pas arrêter de consommer chez ces enseignes je ne parle pas de la conso qu’on peut, de prime abord, avoir en tête du genre j’achète 17 tee-shirts par semaine et je me vautre dans la surconso. Je parle de conso plus raisonnée et raisonnable. On peut par exemple acheter un article de leur gamme «  » » »éthique » » » tout en leur faisant savoir que c’est cool mais faudrait voir à étendre ça au reste de leurs collecs, faire savoir qu’en tant que consommateur c’est important pour nous. L’idée n’est en aucun cas de faire culpabiliser mais d’amener une réflexion 😊
              Quant au but de cet article, il est simplement de se demander si des grandes enseignes peuvent se tourner vers un mode de fonctionnement plus éthique, s’il peut être éthique d’acheter là-bas… Comme je l’ai déjà dit ce n’est pas du tout un « guide » (comme ce qu’a pu faire Camille par exemple ^^), juste le fil de mes pensées, des informations qui me semblent pertinentes quant au sujet abordé, des outils et surtout une porte ouverte sur l’échange 😊

          2. Dans un podcast que j’écoutais hier j’ai appris que chez H&M (pour changer de cible ahah ^^) la gamme Conscious ne représentait que 5% de leur prod’ donc pour le green/ethiquewashing mais oui clairement on est en plein dedans (d’autant qu’ils mettent toujours beaucoup de moyens niveau com’ pour ces gammes « green » donc on peut avoir l’impression d’un truc énorme alors que…ah ben non 😅). Quant à la bonne conscience, aaah… Perso je trouve que quelqu’un qui est habituellement client de ces enseignes mais qui va commencer à plutôt se tourner vers leurs gammes bio/moins polluantes/fabriquées en respectant l’humain que vers le reste…ben c’est déjà un pas ? Ça reste un tee-shirt moins dégueu que celui d’à côté qui n’a pas l’étiquette Conscious ou Join Life ou je ne sais quoi, non ?
            Pour le reste je ne pense pas du tout qu’on « aide » les personnes au bout de la chaine. Je me questionne juste sur l’impact d’un boycott total (qui n’arrivera jamais, je n’en doute pas…) 😊

            1. Merci beaucoup d’avoir pris le temps de répondre, Coline, et d’avoir expliqué l’intention avec laquelle tu as écris cet article. C’est cool que tu fasses ce genre d’articles (où tu laisses libre cours à tes pensées). ça permet de se poser des questions et de revoir ses certitudes :)
              Je suis d’accord avec toi quand tu dis que les marques ont un réel pouvoir sur les usines qu’elles emploient. Je pense être moins optimiste que toi car si elles peuvent en effet changer les choses, je ne sais pas si elles le veulent. Ou du moins, le soucis du coût de fabrication sera toujours une limite devant l’éthique. De même, la production à outrance de nombreuse collections de vêtements par an pour vendre en quantité, plus dont nous avons besoin, en est une autre si on regarde d’un point de vue écologie et gestion des ressources.C’est là que je vois peut-être un rétrécissement de leur marge de manoeuvre en matière d’éthique. Est-ce qu’elles vont réellement faire évoluer leur modèle ? Sans doute que non. Quelle marge de manoeuvre leur reste-il (fournisseur, bien-être des ouvriers, tehcniques moins polluantes, etc) ?
              Je te rejoins sur ce point. Consommer leur gamme « éthique » au « détriment » de leur gamme habituelle peut être reçu comme un message par l’enseigne. J’ai du mal à savoir si on est réellement nombreuses pour que ça ait un impact (5% tu disais).
              En tous cas, je t’encourage dans ce format de « voici l’état de mes pensées sur le sujet en ce moment, voici les ressources qui existent à ma connaissances (merci !), lançons le débat ». Je pense d’ailleurs que ça doit être d’autant plus intéressant que tu t’es lancé dans Numéro Sept et donc tu dois voir les choses l’intérieur, ce qui n’est pas visible de prime abord aux consommatrices. Tu dois être plus au courant des contraintes coût/éthique, quels sont les concessions réelles que les consommatrices sont prêtes à faire pour obtenir un vêtement plus ou moins éthique (je pense notamment au made in France de ta précédente collection qui n’a pas été très sollicité). J’aurai grand plaisir à suivre l’évolution de tes pensées sur ce sujet ! :D

      2. Entièrement d’accord avec ton message du début jusqu’à la fin !
        Je préfère me tourner vers des petites marques, chercher des alternatives plutôt que de croire à un « petit » effort fait par ces grandes chaines… Faudrait presque les applaudir ? Selon moi ça n’a aucun sens de vouloir faire une gamme plus « eco-conscious » alors que le reste de tes gammes exploitent des femmes et polluent la planète….C’est juste un moyen de se faire encore plus de fric parce qu’en fait ça devient tendance de vouloir consommer mieux. C’est triste à dire mais c’est le terrible constat que je fais…C’est du marketing…
        Des alternatives il y en a pour une nana (pauvres mecs c’est plus compliqué^^), cela fait un an que je n’ai pas mis les pieds dans des magasins comme ZARA etc… et je m’en porte très bien… Ca ne me manque même pas, en fait je me sens en cohérence avec mes convictions. C’est pas si dur…
        Ce que je te « reproche » (c’est un bien grand mot Coline ;) ) c’est cette facilité à soulever un problème hyper grave et puis finalement sentir que tu ne vas pas jusqu’au bout de tes convictions… Le constat c’est bien, mais un vrai changement c’est mieux !

        1. Non mais on est d’accord, c’est exactement ce que je dis dans mon article : ça reste du xxx-washing, c’est du marketing à fond les ballons… Mais encore une fois entreprise = marketing = envie de gagner de l’argent. C’est la même chose pour les petites marques éthiques (mais avec moins de moyens ahah 😅) bien qu’il y ai un engagement réel derrière. Je ne suis pas certaine qu’on puisse reprocher ça à Zara & co… Et encore une fois, comme je l’ai dit à Isabelle, moi je trouve que quelqu’un qui est client de ces enseignes mais qui va plutôt se tourner vers les vêtements qui ont été fabriqués en polluant moins etc. ben…c’est déjà ça 😊 Tout le monde n’a pas envie ou la volonté d’acheter du « vrai éthique » ou du MIF ou du seconde main, c’est juste une réalité. Et tu sais perso je n’achète plus rien pour moi chez Zara ou H&M depuis fort longtemps aussi, dans cet article je me questionne simplement, je soulève des pistes, je donne des infos. Je ne sais pas pourquoi certaines voient ça comme une espèce de façon de me dédouaner comme si je faisais des razzias là-bas tous les week-end 😅
          Et encore une fois « aller au bout de ses convictions »… Ça veut dire quoi ? C’est typiquement le genre de choses qui m’irritent un peu parce qu’on ne peut PAS aller au bout de ses convictions (enfin si mais, vas y accroche-toi ahah ! ^^). Pour la mode, l’alimentation et quelques autres trucs oui mais franchement je trouve toujours ça un peu délicat de brandir ses convictions et dire « faut aller au BOUT » quand à côté de ça on fait forcément de choses pas éthiques. Je n’ai pas trop d’exemple là tout de suite mais, au pif, avoir un smartphone ou un ordinateur. Ça n’a rien d’éthique, ça a a sûrement été fabriqué dans des conditions super pourries, ça pollue de ouf… Bref, tu vois ce que je veux dire ?

          1. voui je vois bien ce que tu veux dire et je suis plutôt d’accord avec toi
            Il y a toutefois une différence entre une micro entreprise qui souhaite gagner sa life « grâce » à l’éthique et les gros groupes comme Zara qui recherche encore plus de profit ! C’est un peu injuste de les mettre sur le même pied d’égalité d’autant plus que je ne pense pas qu’une petite marque deviendra milliardaire en faisant du Made in France

            Quand je dis « aller au bout de ses convictions » cela sous entend « dans la mesure du possible » évidemment ! Parce que c’est clair que si j’devais m’amuser à trouver un ordi made in France HAHAHA c’est pas demain la veille que je commenterai cet article
            Mais pour les fringues par exemple, je pense qu’on peut commencer par bannir des grands groupes et c’est déjà pas mal

            je ne saluerai pas le geste des grandes enseignes de se lancer dans l’éthique, dans quelques temps elles le feront toutes…

            A une époque tu parlais moins de véganisme et plus de fringues, c’est pourquoi je t’imagine en acheter des tonnes à peu près tous les jours (blague)

            Je te taquine

            kiss

    10. Hello ! Super article merci merci merci !

      Je te rejoins vraiment dans la façon de voir. Il vaut mieux un petit pas que rien du tout. Je dirais également qu’au-delà de l’aspect économique, la mode éthique propose une limite dans les design et que parfois (c’est quand même ça la mode !) on a envie de chose qu’on ne trouve tout simplement pas en éthique. C’est d’ailleurs comme ça que j’ai acheté la semaine dernière un sweat mickey en sequin la semaine dernière chez H&M. Je privilégie le coton bio, les matières moins consommatrice en eau, et les petits créateurs, mais quand on a un coup de coeur faut aussi savoir craquer. ET oui il faut que ces gens travaillent et je milite pas pour que tout soit made in France, mais pour que les personnes qui produisent soient payé normalement et travaillent dans des conditions convenable. C’est pas après pas qu’on change le monde. :)

    11. Merci pour cet article ! C’est bien que les choses bougent…mais quand tu dis que c’est facile d’envoyer un mail aux marques pour leur demander des infos, cela me fait tiquer. Je l’ai fait, sans résultat ou presque !!!
      Il y a quelques années j’ai écrit à Décathlon pour leur demander dans quelles conditions travaillaient les ouvriers dans leurs usines sous-traitantes : je n’ai eu aucune réponse !
      Et j’ai écrit à Esprit, en juin dernier. Je voulais leur demander que les infos concernant un vêtement, sur leur site en ligne, mentionne le pays de fabrication. Après tout, en magasin, on regarde l’étiquette et on voit tout de suite si c’est du Made in Bengladesh ou pas… pourquoi cette info nous est dissimulée quand on achète sur internet ? Donc j’envoie mon mail au service client, ce fut d’abord un dialogue de sourds car ils ne comprenaient pas l’objet de ma demande, je réexplique patiemment ma requête…pour finalement recevoir en PJ d’un mail une brochure en anglais de 30 pages sur les différents pays dans lesquels se trouvent les entreprises sous-traitantes de la marque. Ils m’ont aussi précisé qu’il n’était pas possible de faire figurer, pour chaque vêtement, l’info concernant leur pays de fabrication…pourquoi ? Mystère !
      J’ai vraiment eu l’impression , en tant que consommatrice lambda, de n’avoir aucune influence. On est face à des multinationales colossales ! Le boycott me paraît donc une bonne idée, ainsi que le fait de faire durer mes vêtements, tricoter, acheter moins…je ne suis pas Miss Parfaite, je refuse d’acheter chez Ekyog des fringues qui coûtent un bras, je m’interroge…je m’impose des « diètes » de consommation (genre : pas d’achat de vêtement pendant 6 mois).

      Le récent documentaire de France 2 sur la production de coton m’a vraiment fait froid dans le dos ( en bref : en Inde, les agriculteurs qui produisent le coton pour un salaire ridicule meurent des pesticides qu’ils épandent dans leurs champs mais se sentent obligés de continuer, pour survivre). On voit à quel point toutes ces multinationales jouent sur l’opacité, la méconnaissance du consommateur.
      Heureusement que les journalistes font un super boulot et éclairent nos consciences, car les marques,elles, sont dans la dissimulation. Elles n’ont pas intérêt à ce que le consommateur sache d’où vient la matière première, dans quelles conditions les entreprises sous traitants travaillent, etc…Et de fait la plupart des consommateurs achètent sans savoir.

      Je ne suis pas d’accord avec ton raisonnement critiquant le boycott (quand tu dis que, si on n’achète plus chez Zara, les ouvriers exploités dans les usines textile vont perdre leur emploi et que ce sera pire pour eux) : je pense au contraire qu’acheter ces vêtements renvoie à Zara un message du genre : « tout va bien, ne changez rien, continuez à exploiter et polluer ! » Si les consommateurs se tournent en masse vers le coton bio, le tencel et les vêtements plus fair trade, Zara sera obligée de suivre le marché et de changer ses pratiques. Si les consommateurs ont un petit pouvoir, on peut espérer qu’il est là.

      1. Mon « tellement pratique » concernant les mails aux marques était évidemment ironique 😉 Personne n’a l’envie ou le temps d’envoyer des mails pour demander la compo, le pays de fabrication etc ^^ Concernant le manque de transaprence sur internet je ne pense pas que ce soit voulu comme tel ou que ce soit une volonté de « cacher » quoi que ce soit… Je pense juste que ce n’est pas encore une réflexe sur internet… 😔 Mais même si tu n’as jamais eu de réponse à tes mails je suis sûre qu’ils ont été lu et que ce genre de demandes sont notées quelque part.
        Pour le coton, oui, c’est très loin d’être une matière écolo… J’écoutais justement un podcast ce matin qui expliquait que les matières « synthétiques » comme la viscose par exemple, bien qu’elles passent par des procédés pétrochimiques, étaient en fait plus « écolo » que le coton qui est juste une des matières les plus polluante de toutes… Heureusement, comme tu dis, qu’il y a encore des personnes pour informer sur les grands médias !
        Enfin pour le boycott je pense que chacun a son point de vue sur la question et je comprends totalement que l’on ai envie de boycotter certaines marques. Je le fais moi-même mais je trouve que ça reste une sorte d’étau dans lequel le consommateur un peu « éveillé » est pris au piège 😔 C’est pourquoi je trouve des initiatives comme celle de i-Boycott vraiment géniales ! 😊

    12. Coucou Coline,
      Merci pour cet article très complet! Tu nous donne plein d’informations sur le sujet de la mode étique et des problèmes de fast fashion et des grandes enseignes, ça se sent que tu maitrise le sujet et que les problèmes d’étique dans la mode te touchent! Merci pour soulever la question de la mode responsable et faire les gens agir! Je suis contente qu’il y a des associations pour faire bouger les marques!
      Je voudrais quand même remarquer que bien sur, le monde n’est pas idéale, mais pour les grandes enseignes il est plus facile de lancer des lignes éthiques que pour les jeunes marques. Car il ont plus de moyens grâce à l’argent gagné sur fast fashion. Car la production respectueuse coûte bien sûr plus cher, comme les tissus bio et recyclés. Et je pense qu’il est possible de s’habiller responsable même sans être riche, mais cela demande de changer ces habitudes : acheter moins souvent des pièces intemporelles qui ont du style, de l’authenticité et qui ne seront pas démodées. Acheter du vintage et du seconde main et si on a vraiment besoin, s’occuper bien de ses vêtements. Mais il y a un grand changement dans ce sens et de plus en plus de gens souhaite acheter des produits uniquement si il y a le respect des hommes et de l’environnement derrière.
      Je suis créatrice d’une nouvelle marque en tissus naturels, recyclés et bio, et fabriquée en Europe. Cela me ferait un grand plaisir si tu pourrais regarder ce que je fais. Merci encore pour ton engagement!
      Svetlana
      https://www.svetlana-k-paris.com

      1. Merci pour ton commentaire ! Et je te rejoins, étant moi-même créatrice je sais que les matériaux responsables sont bien plus chers que les choses plus « basiques »…ce qui se ressent forcément sur le prix final ! Mais effectivement on peut déjà faire des efforts à son niveau, pas besoin de n’acheter que du bio/made in France etc. 😊

        1. Pour ma part, j’ai choisi « Made in Europe » car pour moi il est important de proposer des vêtements abordables (comparé à « Made in France »). En plus cela réduit le transport, je sais que les gens travaillent dans de bonnes conditions et le savoir-faire est au top!

    13. Super article! Ça me donne envie d’aller lire les autres articles que tu as fait! Merci de nous avoir éclairés sur la question.
      Bisous

    14. Bonjour Coline,

      Tout d’abord, un grand bravo pour cet article très lucide. Je partage ton point de vue, sur plusieurs points. Le premier étant que le made in France, dès qu’on touche à l’artisanat et à un savoir-faire particulier (maroquinerie, confection un brin design), est souvent une quête vaine.
      Cela recouvre un fait plutôt positif, qui est que la France a atteint un niveau de vie (et de rémunération)- des ouvriers notamment-, qui est parmi les meilleurs au monde. De fait, le made in France est souvent trop cher pour la plupart des français, c’est une réalité. Les marques de luxe et haut de gamme arrivent encore à tirer leur épingle du jeu concernant la production française, avec les prix qui en découlent évidemment, et qui ne sont de fait pas « démocratiques ».

      Quand on se balade un peu en Europe du sud (Espagne, Italie) ou en Europe de l’est, on s’aperçoit vite que la plupart des « locaux » peuvent encore s’acheter un produit artisanal de qualité dans un atelier, ce n’est plus vraiment le cas en France.

      Je te rejoins également sur ce qui devrait être un crédo : la lucidité face à sa consommation. Ne pas boycotter les initiatives, quand bien même elles viennent de grands groupes, car celà va dans le bon sens. Quitte à faire le tri entre une collection non éthique et une collection éthique, dans la même marque. Laisser plus de place au contenu (démarche, éthique) qu’au contenant (marque, image) en somme. Dur à notre époque de sur-représentation par l’image…
      Certes, il y a comme dans tout, et quel que soit le pays de fabrication, différents niveaux de qualité, et tu le décris très bien. Même si, bien que le prix ne fasse pas la qualité, il est compliqué d’avoir de la qualité à bas prix, c’est un fait.

      La seule chose à mettre en perspective et qui me laisse sur ma faim dans ton article est la grande différence entre une production pas forcément française mais européenne et une production hors Europe (Asie notamment), je fais référence à la partie « Réalité & transparence » de ton article. Il est vrai que l’on peut produire en Asie (en Chine même) dans des conditions sociales correctes, avec une qualité correcte, quand on y met les moyens et le prix en tant que marque.

      Le souci reste cependant les normes, inexistantes sur place. L’Europe a en effet, cet énorme avance en terme de respect de la santé et environnemental que l’Asie ne peut pas offrir aujourd’hui (ni l’Afrique du nord quand on pense au cuir marocain pour la maroquinerie). Or cela fait à mon sens, partie de l’éthique.
      Payer équitablement un ouvrier est un fait, s’assurer que sa santé n’est pas en jeu en est un autre, s’assurer que les rejets chimiques dans la nature soient retraités aussi. Or quand on voit ce qui se passe en Inde et en Chine (en tête de la production mondiale de cuir), avec les dégâts sanitaires et environnementaux, il est impossible de remplir réellement la case « conditions humaines » ou « éthique environnementale ». Ceci, même si on choisit un atelier avec des salaires corrects et qu’on fait de la qualité.
      Cette question est à mon sens, à rajouter à l’équation « comment je consomme ». Parce qu’au delà de la rémunération juste des ouvriers, on peut aussi s’interroger sur les conséquence de sa consommation sur les éco-systèmes à l’autre bout du monde, les dégâts sur la santé des ouvriers aussi.
      J’ai pris l’exemple du cuir qui est plus significatif, mais celà s’applique évidemment aux textiles en général, dont la production hors Europe reste non encadrée comme elle peut l’être en Europe.

      Bien à toi.

      1. Ah mais totalement ! Après je suis persuadée que les marques, en Asie ou en Afrique du nord peuvent aussi impacter sur l’intégralité des questions éthiques, écologie comprise. Le rapport Detox de Greenpeace en est un bon exemple. Les marques se doivent aujourd’hui d’investir dans l’humain, dans le respect ET dans l’écologie (+ tout le reste 😅) et je trouve vraiment que ça bouge aussi à ce niveau (bon, doucement certes, mais ça bouge quand même)

    15. Super article Coline ! Ca fait du bien de lire des choses qui ne poussent pas tout à l’extrême (c’est trop fatiguant et démoralisant de se dire qu’il faut viser le minimalisme absolu et se payer des sapes en y laissant un bras !). Tu avais déjà parlé de ça, mais l’indulgence est tellement importante ! Et ta réflexion sur les limites du boycott et les conséquences d’un potentiel arrêt brutal de la consommation sont très inspirantes, merci !!

    16. La vache quel taf ! Je crois que je vais devoir relire ton article en prenant des notes. J’aime aussi lire les échanges, les opinions de chacune.. Ton article fait réagir et c’est ça qui est super! On en apprend beaucoup en venant ici. Merci :)

    17. Bonjour Coline!
      Merci pour cet article détaillé, pas culpabilisant et plein de bonnes infos! Je n’imagine pas le temps que tu as du passé à l’élaborer et bravo pour ça!

      Bonne journée :)
      Clémentine

    18. Article fort intéressant. Je m’apprête à faire une mini session shopping car j’ai besoin de nouvelles affaires, et je pense que j’aurais tes lignes qui me feront des guirlandes des lumières entre les cintres et mes yeux !
      Je suis actuellement entrain de lire « Le plus beau métier du monde » paru récemment au Seuil, je te le recommande vivement, surtout les premiers chapitres. Ce livre traite de l’envers du décor des métiers autour de la mode, et c’est une révélation. Une enquête minutieusement fouillée, c’est une anthropologue qui en a fait le sujet de sa thèse. C’est passionnant !

    19. Coucou Coline,

      Un grand MERCI pour ton article très intéressant et éclairant. Perso, je débute dans le green (mode et beauté, et faut dire que t’y es pour beaucoup !) et je suis un peu perdue car j’ai vu The True Cost il n’y a pas longtemps et bien évidemment, je ne veux plus entendre parler d’H&M et Zara et en même temps, je suis en quête de marques éthiques mais dont le style me plaît, et puis je me demande quand je pourrai à nouveau m’offrir une fringue vu mon salaire… Bref. Au secours.

      Et ton article bourré de logique et de bon sens vient apporter un nouvel élément plus modéré à ma réflexion. Merci de nous faire réfléchir et merci pour ton travail de centralisation d’infos et de simplification, pour que les plus débutants du green d’entre nous comprennent tout du premier coup et surtout puissent faire passer le message. :)

      Reste plus qu’à continuer à creuser, s’informer et partager ! Peut-être qu’on va les exploser ces 3% !!
      Belle journée,
      Aurélie

    20. Hello Coline,

      Super article, un bon complément de celui sur le « prix des choses ». Je travaille au Cambodge pour une marque de mass market et avec les usines de fabrication textile. De mon point de vue, ce sont les grands groupes qui oeuvrent le plus pour l’amélioration des conditions de travail car ils en ont les moyens et désormais de plus en plus la volonté. Les conditions inhumaines que l’on voit à la télé concernent souvent des usines de contrefaçon ou lorsque les intermédiaires sont nombreux. Maîtriser à 100% la chaine de production est impossible mais beaucoup des enseignes de mass market essayent de controler l’approvisionement des matières premieres. Le made in Europe ne peut pas répondre à la demande mondiale, il n’y a pas la capacité ni les technologies suffisantes et les pays d’Asie sont bien plus en avance que nous sur ces industries aujourd’hui ! Au final tu le dis bien tout est un question d’équilibre, faire plus attention à ce que l’on achète et encourager les démarches éthiques est une bonne solution ! Associer les marques de mass market aux pays en développement et aux conditions déplorables est un raccourci vraiment éronné. Au plaisir d’en discuter plus amplement. C.

      1. Merci pour ton commentaire hyper intéressant ! 🙏🏼 C’est vraiment chouette d’avoir le point de vue d’un « insider » si je puis dire. Je pense effectivement (et tu le confirme) que les grandes enseignes se bougent de plus en plus (en même temps elles ont pas vraiment le choix, ahah !) et qu’elles sont un maillon très important de la chaine (principalement parce qu’elles ont les MOYENS).Et oui, toutes les marques de mass-market ne font pas toute leur prod dans les pays en voie de développement. J’ai d’ailleurs visité une usine de fabrication de Zara quand j’étais au Portugal avec Numéro Sept et on était très loin de ce qu’on peut s’imaginer. Sans vouloir les dédouaner (loin, loin, loooooin de là) je pense qu’il est aussi important de tout prendre en considération 😊

        1. Tout à fait d’accord ! Et même si la prod est en majorité dans les pays en développement les conditions de travail sont en grande voie d’amélioration. Je ne parle pas au nom de tous les groupes mais les usines fournisseurs de grandes marques respectent des codes éthiques et sont sans cesse challengées sur la sécurité. Les sweat shops, et l’exemple du rana plazza concernent très souvent des pratiques illégales et non déclarées. Elles existent il faut donc s’en préoccuper et c’est de la responsabilités des grands groupes mais aussi des gouvernements locaux et aux consommateurs évidemment de faire entendre leur voix !

        2. Tout à fait d’accord ! Et même si la prod est en majorité dans les pays en développement les conditions de travail sont en grande voie d’amélioration. Je ne parle pas au nom de tous les groupes mais toutes les usines fournisseurs de grandes marques respectent des chartes

    21. Merci merci ! Des vrais questions qui vont loin et une vision modérée du truc… Ca aide à se positionner ! Joie, bonheur de lire cet article (jusqu’au bout !). Marine

    22. Salut Coline ! Merci pour cet article très intéressant :) Depuis maintenant 2 ans environ, je m’intéresse beaucoup à la question écologique et environnementale. Dans mes réflexions je m’informe pas mal que se soit sur les cosmétiques, la nourriture et bien sûr la mode éthique. Je pense que même si depuis plus longtemps je « savais » que les conditions de production des entreprises de la fast fashion n’étaient pas les meilleures, en m’informant davantage sur la question j’ai été assez choquée des conditions abominables dans lesquelles les personnes du Bangladesh, par exemple, vivent.
      Je suis étudiante donc sa veut dire petit budget. J’essaie au quotidien de faire de mon mieux pour consommer en accord avec mes convictions, ce n’est pas toujours possible malheureusement ^^ ». J’ai beaucoup apprécié lire ta réflexion sur les gammes éthiques de la fast fashion, je pense que c’est mieux que rien, que ce n’est pas encore gagné pour les cultivateurs de coton du Bangladesh mais que, tu as raison, il faut souligner les améliorations faites tout en restant critique :)

      Un looong commentaire pour dire pas grand chose au final #j’écristoujoursdespavés ^^’ Juste bravo pour cet article, j’ai toujours aimé ton côté « green power » mais toujours dans la modération, que personne n’est parfait et fais selon ses possibilités :) Je pense qu’il vaut mieux encourager les petits changements que de pointer du doigt et de décourager :)

    23. Bravo Coline pour cet article super documenté et très complet! Mais je ne partage pas ton avis quand tu dis: « Peut-on s’imaginer une seule seconde ce qu’il se passerait si, demain, tous les consommateurs de Zara, H&M & Co, décidaient de ne plus jamais acheter chez ces derniers… « , pour justifier de continuer à acheter dans ces enseignes. Parce que l’on sait bien que ça ne se fera jamais du jour au lendemain et que ça ne concernera jamais tout le monde. Au mieux on peut espérer une baisse lente de leur chiffre d’affaire liée à la perte progressive de leurs clients. Et je suis sûre que ces marques ont toute l’intelligence nécessaire pour la repérer bien vite et changer leur façon de fonctionner avant d’arriver à la banqueroute.
      Et surtout j’ai vraiment peur que cette façon de voir les choses donne une excuse pour fermer les yeux quand ça nous arrange. Bien sûr on peut craquer pour un vêtement dans ces enseignes sans s’auto flageller. L’auto flagellation c’est pas vraiment un style de vie agréable. Mais c’est comme fumer une cigarette ou manger un gros burger bien gras, c’est mauvais, on le sait tous, c’est comme ça. Mais parfois on ne peut pas s’en empêcher parce que ça nous fait plaisir.
      Alors à chacun de réfléchir et de choisir ce qu’il veut faire de son plaisir et où il le place par rapport à ces autres êtres humains, à l’environnement, aux animaux, etc. L’important étant d’être honnête avec soi-même, d’assumer ces choix et ne pas se réfugier derrière de « fausses raisons ».

      1. On est d’accord, un boycott complet n’arrivera jamais et je sais que mon idée est exprimée un peu bizarrement (elle a un peu de mal parfois, la dame 😅) mais ce que je veux dire c’est surtout que oui, il faudrait arrêter de se flageller dès qu’on fait un pet de travers. Comme je l’ai déjà dit plus haut je ne vois pas le problème de s’acheter un jean chez Zara si on le fait en étant conscient de la réalité et en partant du principe qu’on ne va pas le bazarder au bout de 10 jours. Je considère qu’acheter éthique peut aussi passer par une baisse de consommation et par le fait d’apprendre à porter et aimer ses vêtements, quel que soit l’enseigne d’où ils viennent. Si on sortait déjà de ce modèle de sur-consommation ce serait déjà bien chouette, non ? 😀 Et puis surtout (et ça je le vois tellement au travers de ce que je fais) il y a plein de gens qui n’ont pas les moyens, qui n’ont pas envie de fouiner dans les soldes des marques éthiques, d’acheter de seconde-main ou juste de dépenser 100 balles dans un pull même s’ils en ont les moyens. Ça reste une réalité donc j’ai trouvé intéressant de se questionner sur l’éthique (ou pas, ahah ^^) des grandes enseignes, de donner des infos et…oui…de se questionner, tout simplement.
        Pour justement, comme tu le dis, assumer ses choix et faire les choses en étant conscient. Perso ça fait longtemps que je n’achète plus chez ces enseignes mais si je pense à une nana qui le fait très souvent (et j’en vois plein, notamment sur les RS, Youtube etc. du genre « salut j’ai acheté la moitié de la collec Zara du moment 😳), si un jour elle commence à se « conscientiser » un peu (pas sûre de l’existence de ce mot ahah!) et se dit « ben je vais plutôt prendre des fringues qui ont été fabriquées de manière moins polluante », c’est déjà, à mon sens, un pas vers quelque chose de positif, et une petite porte d’entrée aussi. 😊

    24. Super article. Toutefois HetM,CetA and co font des efforts mais misent également un max sur une comm qui est bien huilée et qui ne dit pas tout. 2 exemples: le coton bci qui est censé être vertueux pour la terre et le cultivateur mais qui en réalité contient très peu de coton bio (cf. La brillante démo du cash investigation sur le coton) ou l’initiative cradle to cradle avec collection éthique supportée par des instagrameuses green qui malheureusement ne donne que peu de détails sur les conditions de travail de ceux qui ont confectionné les vêtements. Bref ce greenwashing est peu reluisant et donne le tourni. Et surtout, on se sent perdus et on perd confiance en ces marques. Dommage!

      1. Oui, c’est vrai que c’est très difficile de faire confiance à ces marques… Et perso je n’en ai aucune (damn je n’ai toujours pas regardé la Cash Investigation ! 😑) mais je pense que ça reste un biais intéressant, que ça parle de quelque chose de plus concret qui est la prise de conscience des marques et des consommateurs. À petite échelle, certes mais ce genre de choses prennent du temps et perso je me réjouis toujours de voir des petites avancées 😊

    25. Merci merci pour cet article très bien écrit dans lequel j’ai appris plein de choses très intéressantes (avec plein de liens que je mets en favoris). J’avais déjà beaucoup aimé celui sur le prix des choses et là on va encore un pas plus loin.

      J’aime beaucoup cet aspect de ton blog qui oscille entre sujets légers et articles de fond super documentés.

      A bientôt

    26. Hello Coline
      Quel article super, une fois de plus
      La dernière fois j’ai publié un article sur le prix des vêtements, justement, ça me titillait depuis un moment
      Et la goutte d’eau ça a été quand j’ai publié en storie instagram le sweat Ragdoll que je me suis offert de ta marque
      Et que jai reçu une petite vague de commentaires limite haineux me disant que si j’étais riche j’avais de la chance mais que ce n’était pas le cas de tout le monde
      Du coup, j’ai eu envie d’expliquer qu’on était, encore une fois, pas obligé de s’acheter du made in france ou europe, car il y a des superbes autres alternatives éthiques qui coûtent pas « un rein »
      Par exemple, l’essor des sites comme Vinted, Vestiaire Co, ou l’on peut acheter du seconde main à moindres coûts et en excellent état
      Je vais aussi régulièrement chez Emmaus, et je fais revivre des meubles / des fringues / des bijoux qui auraient sûrement finis à la poubelle
      Je trouve ça super cool, et si on ouvre un peu les yeux on peut trouver des initiatives géniales pour tous les goûts et aussi tous les budgets
      C’est aussi pour ça qu’il faut continuer de parler de ces sujets
      Et il ne faut surtout PAS juger, condamner les gens qui continuent de consommer fast fashion
      Que ce soit dans ce domaine ou dans un autre, il n’y a rien de pire que de juger ou remballer les gens ou les insulter en mode « bouhhhhhhh tu manges encore de la viande, meurs, ohhhh un jean Zara, tu tues des gens tu devrais avoir honte »
      Je détesterais qu’on le fasse pour moi alors pourquoi le faire aux autres?
      Et puis, c’est tellement pas comme ça qu’on fera avancer les choses
      Culpabiliser les gens et les mettre devant le fait accompli avec un ton de jugement, c’est la pire chose à faire.
      Par contre moi je continue de parler aux gens, en leur expliquant que faire attention à ce qu’ils portent c’est important car la fabrication de nos vêtements a un impact humain et environnemental, et je trouve que l’échange par la gentillesse permet des merveilles
      Par exemple, ma soeur m’a dit l’autre fois « je vais réflechir à la cup » alors que si je lui avais forcé la main elle m’aurait dis « tu me soules jamais je mettrais ça c’est bon j’fais ce que je veux »
      Et c’est ça que tout le monde, peut importe le combat qu’il veut mener, devrait comprendre!
      Je suis d’accord qu’il n’y a pas de modèle parfait, mais par contre, refuser la fast fashion en allant directement dans la boutique elle même c’est important
      Je me refuse d’acheter dans un Zara, sans m’y forcer, c’est devenu naturel, et je préfère acheter un jean zara sur vinted, qui a vécu, déjà été porté, mais qui selon moi « minimise » un peu les impacts…..
      Enfin, pour ce qui est de l’éthique dans les grandes enseignes telles que Zara ou H&M, je tiens à dire OUI, je pense que c’est bien.
      Je pense que c’est du moins, MIEUX
      Oui, ce n’est pas parfait, oui on pourrait faire mieux et ne pas y aller, mais il faut SALUER chaque petit pas
      J’entends souvent les gens dire « on nous prend pour des cons à nous faire croire que c’est éthique alors que pas du tout » (c’est dailleurs ce qu’on me dit quand je parle de Lush en disant que c’est cool et que certains produits sont veganes, on vient me juger à coups de  » mais c’est de la merde tu crois à ces foutaises de marques green mais ils sont pourris »…) mais… ne pourrait on pas saluer les petits gestes?
      Nobody’s perfect, essayons d’y aller ensemble, petit a petit ;)

    27. « j’ai envie de soutenir les initiatives positives bien qu’imparfaites »
      Partant du principe que je ne suis pas responsable des merdes de mes parents, je pense qu’une société évolue, grandit et change de personnel. Donc ça revient au même, ils peuvent faire mieux.
      :)
      Bel article !

    28. Merci Coline de démontrer une fois de plus qu’on peut bloguer sur des sujets « lifestyle » et produire des réflexions de qualité. Je trouve ton article particulièrement intéressant. Pour être honnête je ne viens pas par ici si souvent, mais je le fais toujours lorque j’ai vent de la publication de ce type d’article ! Il se trouve que j’ai récemment publié (à ma petite échelle…) un articles sur les limites de la consommation éthique. Et j’y trouve des points de concordance avec ce que tu écris, notamment en ce qui concerne le problème des effets de niche : si on se contente de consommer ailleurs, des marques ou des gammes alternatives, le marché et les marques concernées feront juste en sorte que ceux qui veulent de l’éthique l’aient et que les autres continuent comme avant, point final. Il faut des mobilisations plus politiques (au sens large) pour mettre la pression sur les plus grands groupes qui représentent la majeure partie de la production aujourd’hui ! C’est une problématique qu’on retrouve dans d’autres domaines : on peut créer des alternatives à côté, mais il ne faut jamais oublier que la société n’est pas forcément menacée pr l’existence de ces alternatives…on peut avoir un pied dehors, mais il faut un pied dedans et l’utiliser ! L’article de sociologie que je cite traite des dilemmes que tu évoques justement, en suivant des débats internes d’une association qui se bat pour dénoncer les conditions de travail dans ces usines. À mon avis cela t’intéresserait beaucoup. L’auteur s’appelle Philip Balsiger mais de manière générale il y a toute une sociologie de la consommation engagée qui mène des réflexions là dessus. Merci d’alimenter les échanges sur ce sujet en tout cas !

    29. En complément du commentaire précédent, finalement d’autres aspects me viennent en tête… Le premier : une fois qu’on a dit qu’il fallait faire pression, quels objectifs on se donne, quels moyens d’action ? Les pétitions oui pourquoi pas ce n’est pas inutile, mais je pense à d’autres choses, notamment à se renseigner sur les grèves et mouvement d’ouvriers à l’étranger à soutenir (ce sont souvent leurs luttes qui font bouger les choses dans leurs pays finalement, largement autant que les nôtres et probablement plus). Il y a aussi des campagnes plus visibles à mener certainement, auprès des consommateurs, devant les magasins etc. Mais ensuite, plus fondamentalement, ne pas oublier qu’une entreprise ne renonce que très rarement à une part de profit, le taux de profit est censé augmenter avec le temps… Donc s’ils ne le gagnent plus sur les conditions de production, ils vont le gagner ailleurs, sur les prix par exemple. À moins qu’on arrive à imposer le contraire, mais là on parle de vrais bras de fer. La vraie difficulté c’est comment empêcher que des marques ne viennent perpétuellement occuper ce marché du vêtement très peu cher ? Là encore c’est un rapport de force pour imposer des normes chez nous et dans les pays de production… Et là encore, on n’a pas d’autres choix que d’envisager des actions plus politiques. Une pétition et des courriers ca peut convaincre une marque d’infléchir certains choix , mais ça ne crée pas de normes que toute marque doit respecter…. Voilà quelques pistes de réflexion mais un peu en vrac j’en conviens !

    30. On sent que tu as mis beaucoup de temps et d’energie dans cet article – merci de te donner a fond sur ce sujet!

      Perso j’habite en Nouvelle Zelande et c’est pas la folie cote choix. Soit les marques sont tres cheres (et pas specialement ethique ou d’excelente qualite) ou vraiment cheap. Quand je suis passee en France l’hiver dernier ca m’avait frappe le nombre de marques engagees ethique/bio/recyclee/…, meme au sein d’enseignes plus mainstream.

      Donc je te rejoins 100%, je trouve que c’est carrement positif et ca normalise cette problematique au coeur de nombreuses enseignes. Meme si comme toujours la limite est fine entre efforts et strategie marketing…

      Pour en revenir a moi, vu mes options assez limitees j’avoue que je shop chez Asos et H&M principalement…l’equilibre que j’ai trouve ici c’est d’acheter le moins possible, et les matieres les plus naturelles que possible.

      Petite anecdote: je m’etais achetee un tshirt a Other Stories a genre 30euros, qui a l’air d’une vieille serpillere apres seulement 6mois (il fait office de pyjama :p), alors que j’ai des tshirt H&M a 5euros que je porte encore 5ans apres…

      Sujet complexe et perso s’il en faut!
      Merci de nous pousser a la reflexion :)

    31. Très bon article, tu gères de mieux en mieux la communication avec ta communauté à ce sujet et ça ne fait que renforcer ta crédibilité, déjà bien solide au vu des temps de recherche et d’écriture que tu consacres au sujet. Merci pour toutes ces infos, te suivre depuis plusieurs années est une expérience incroyablement enrichissante, positive et stimulante. Tu écris très très bien, c’est vraiment rare sur le format blog, et encore plus pour des articles longs. Keep on keeping on!

    32. Très bel article, MERCI !

      Je fais parti d’I-Boycott et je suis entrain de monter WeDressFair, une marketplace qui met en avant les marques de vêtements qui produisent en se souciant de leur impact sur l’Homme et l’environnement.

      Je te laisse jeter un oeil au projet : https://fr.ulule.com/wedressfair/

      On est 2 personnes engagées derrière ce projet, on serait ravi d’avoir ton retour, tes critiques.

      Belle journée

    33. Hello Coline
      Je te suis depuis plus de dix ans je pense, à l’époque où avec punky B, sushipedro, Betty , deedee alixcherryblossom etc vous étiez l’offre prédominante de blog mode et lifestyle (et mes lectures du matin!! Depuis que planifier mes douches dans mon agenda le matin est devenue une vraie stratégie pour rester propre et qu’instagram a inventé le concept de la story, j’avoue que je me cultive sur le pouce à coup de pouces qui swipent sur les instaposts et les stories. Ce soir, en cliquant sur la flèche et me retrouvant lire cet article fleuve tellement bien structuré, je me rends compte que cette communauté et surtout les échanges plus construits autour de la mode m’ont bvp manqué!!! Je ne suis pas d’accord avec tout ton raisonnement mais contrairement au mien planqué ds ma tête, le tien se structure, s’offre au monde, et est prêt à se défendre. Merci d’être toujours aussi fraîche, pétillante et incisive! Ne change rien!!!

    34. A mon sens c’est acheter ce type de collections qui achèvera de convaincre les grandes marques de notre besoin de transparence en ces temps de brouillard…
      Suis assez d’accord pour mettre de l’eau dans son vin, surtout à une époque ou le luxe ne rime plus forcément avec qualité.Les marques indépendantes, à l’instar de Carrousel ou de ta marque Numéro 7, je pense restent la meilleure option. Mais soyons honnête, de part leur plus faible éventail de propositions, elles ne peuvent satisfaire tout le monde, à contrario du mass-market, qui comme son nom l’indique, vend en masse et à la masse…

    35. Coucou Coline !
      Bel article très bien écrit, ton discours est clair et réfléchi c’est chouette.
      Egalement dans une démarche de « qu’est-ce que je mange réellement » ou « qu’est ce que je porte réellement sur le dos », je me pose pas mal de questions, j’écoute bcp de pod-casts, lis pas mal d’articles, etc., bref je me documente.
      Le message est clair : devenons des consomm-acteurs (-trices) !!
      Pour ma part, je suis plutôt partisante d’un vestiaire made in Europe (si possible made in Frnace) pour limiter la pollution environnementale et favoriser l’économie locale. La France était un pays connu pour son industrie du textile mais les usines ferment les unes derrière les autres. Quelques unes subsistent et je trouve important de les soutenir.
      Je suis tout à fait d’accord qu’il ne faut pas forcément boycotter certains pays de fabrication c’est pourquoi je pense intéressant de se tourner vers des marques qui s’engagent et qui ont obtenu des labels Fair Trade par exemple, qui nous assurent que les employés sont bien traités et garantissent un minimum de salaire pour vivre et travailler dans des conditions décentes.
      Enfin, je rajouterai une petite précision avec un article que j’ai lu récemment : le temps des fringues écofriendly/responsable-mais-qui-coutent-un-rein est en train de changer : je te mets le lien vers un article de Sloweare qui est intéressant sur ce sujet https://www.sloweare.com/top-10-marques-eco-responsables-petits-prix/

      Encore merci de nous avoir fait part de ton point de vue que je trouve juste et intéressant. Ca serait encore plus chouette de débattre avec toi en chair et en os sur ce sujet qui me passionne.

      Keep on rolling !!

      Des bisous

    36. Merci pour cet article très intéressant Coline. En effet, ce n’est pas en diabolisant complètement qu’on avance. Ceci dit, pour moi la question se pose souvent à un autre niveau lorsque je vois la consommation de mass market : l’excès. La surface des magasins, les soldes à répétition, les livraisons et les collections qui tournent plus vite qu’un bol de lait au soleil sous 45°C provoquent une sur-consommation, une frénésie de l’achat, et les acheteurs deviennent un peu boulimique. Produire éthiquement, ok, consommer éthiquement, c’est encore plus important :)

    37. Hello Coline.
      Cette spontanéité dans ton écriture cree vraiment ce sentiment de discuter d un sujet entre copines. Et je te rejoins sur le contenu: je pense effectivement qu une solution radicale n est pas adaptée parce qu effectivement ça mettrait en difficulté les ouvriers déjà précaires.
      Être dans la nuance est des fois plus intéressant parce qu on change les choses peut être plus lentement mais aussi plus en profondeur car les mentalités ont le temps d évoluer.

    38. Super article qui donne à réfléchir. J’essaye d’acheter moins et de plus en plus éthique mais il est clair que cela peut coûter un bras. Et made in china ne veut pas dire qualité de merde et vice et versa avec le made in France, j’ai des vêtements Made in China, qui sont d’excellente qualité et éthiques (de la marque Boden…même si on est d’accord le tarif pique aussi parfois). Je pense que c’est comme avec l’alimentaire et cosmétiques, il devrait déjà y avoir des règles plus strictes au départ sur les productions, le problème c’est que tout le monde fait un peu ce qu’il veut. Mais la plupart des gens en demandent et en redemandent, c’est aussi un cas de conscience personnelle. Je préfère avoir un jean à 200 euros, produit de manière éthique et qualitative que 10 jeans à 20 euros produits par des enfants payés une misère…
      Ce genre d’article peut certainement faire réveiller quelques mentalités donc ça c’est top.

    39. Bonjour, très intéressant mais alors de mon point de vue on peut appliquer cela au monde du veganisme… ne plus consommer est il vraiment la solution pour les petits producteurs locaux??? Apiculteur? Etc?….

    40. Bonjour Coline,
      Encore un article intéressant qui poussera les consommatrices à se poser des questions, en tout cas, je l’espère.
      Mais je ne suis pas d’accord (en tout cas pas sur tout) ! Déjà la fast-fashion est par définition anti-éthique, ce n’est pas possible de faire toujours moins cher, toujours plus vite en étant toujours plus éthique. On ne parle pas de slow fashion pour rien. Le coton bio coute trop cher. C’est pour cela que les grandes enseignes utilisent maintenant toutes du BCI (Better Cotton Initiative) qui n’a de « better » que le fait de couter moins cher que le coton bio. Ce label n’a aucune transparence et le peu de coton bio qu’il y a à l’intérieur est mélangé à tout plein de coton traditionnel aux OGM qui pollue et tue.
      Indiquer le pays de provenance, c’est une première bonne démarche (j’ai d’ailleurs envie de le faire sur Dressing Responsable, pour la matière, la filature et la confection) mais la « Pimkie Apparel » ce n’est pas une usine, c’est une branche de Pimkie qui sous-traite à des usines rassurantes, qui sous-traitent à des usines beaucoup moins rassurantes (coucou le Rana Plaza) qui elles-mêmes sous-traitent à des femmes « indépendantes » qui vivent dans des conditions aussi insoutenables que celles des ouvrières de ces usines.
      Je pense qu’acheter les lignes green des marques de fast-fashion, c’est surtout leur dire « eh regardez, je suis assez naïve pour croire à ce que vous me racontez, surtout, continuez comme ça ! ».
      On parle beaucoup du prix du made in France (je suis d’accord avec toi, le tout made in France n’est pas la solution) ou du tout bio. Sauf que la seule raison pour laquelle c’est aussi cher, c’est parce que c’est produit en petites quantité. Certes, ça ne sera jamais aussi peu cher que de la fast-fashion, mais si au lieu de produire leurs vêtements en 10 ou 20 pièces par modèle, les marques pouvaient ne serait-ce que les produire par 200 ou 500, ça changerait tout. Et ça, c’est encore ridicule par rapport à ce que produisent les grandes marques. Bonne Gueule que tu cites a d’ailleurs baissé les prix de certains modèles le jour où ils ont atteint une quantité de commandes suffisantes pour faire baisser leurs couts.
      Alors oui, quand on a peu d’argent, et qu’on a l’habitude d’acheter plein de choses, ça peut paraitre frustrant, mais l’article de Camille « s’habiller éthique dans y laisser un smic » donne plein de pistes pour faire la transition en douceur. Et puis c’est tellement plus agréable d’avoir un dressing cohérent avec des vêtements de qualité qui nous vont bien et que l’on garde longtemps <3

    41. Bonjour Coline (et tout le monde),

      J’aime bien votre article, qui pose des sujets de réflexion pas évidents à trancher définitivement et catégoriquement.
      Et c’est rigolo (enfin en fait non), car j’ai cette même réflexion à propos des prospectus papier dans ma boîte aux lettres. Je m’explique : comme tout le monde, j’en ai 12 tonnes chaque semaine, que je ne lis même pas et qui font un direct dans la poubelle (à papier évidemment). Et souvent je me dis que je devrais mettre un petit autocollant « pas de pub merci ». Sauf que derrière ces 12 tonnes de papier, il y a des gens qui les fabriques, les impriment et surtout les distribuent. Et pour qui cette distribution est bien souvent un complément de revenu non négligeable.
      Alors oui la planète se porterait mieux sans tout ce gaspillage de papier et sans toute cette utilisation d’encre pas du tout ecofreindly. Mais je n’arrive pas à savoir où est le « moindre mal » ? Où est la bonne échelle du curseur ? Choisir entre les arbres et la planète ou les hommes qui sont derrière tout ce papier ? Je fais le choix des hommes (en compensant la planète avec plein de règles de vie au maximum non polluantes).

      Le parallèle avec votre article ? Cesser de consommer du mass-market est une utopie. Très séduisante mais bien une utopie. Beaucoup de gens vivent grâce au mass-market. Cela ne veut pas dire acheter n’importe quoi à 2€ toutes les 5mn évidemment et cautionner cette forme d’esclavagisme. Cela ne veut pas dire se bander les yeux et se boucher les oreilles sur les conditions de travail de million de personnes dans le monde. Mais c’est se dire que l’on doit faire bouger les choses « en douceur » parce que ce n’est que comme ça que ces choses terribles changeront véritablement et surtout durablement. Et donc si faire bouger les choses durablement c’est acheter chez les mass-marketteur leurs collections éthiques… faisons le (surtout si notre porte monnaie ne nous permet pas d’acheter dans d’autres boutiques plus éthiques). Et quand les grands groupes analyseront leurs ventes et verront que les collections éthiques se vendent mieux, plus rapidement et peut être plus que leurs collections dégueulasses, ben peut être que les bonnes conditions de travail seront la règle et plus l’exception. Mais ça prendra du temps c’est certain. Et en faisant cela, je n’ai pas l’impression de cautionner quoique ce soit. Je montre juste à mon mass-marketteur que je ne suis pas dupe et que je fais les choses en connaissance de cause. Et ce n’est pas hypocrisie de dire cela.

      Et la visibilité de plus en plus grande des « petites » marques éthiques va forcément nous aider à aller un peu plus vite. Car aujourd’hui, je crois qu’il faut arrêter de dire « je ne savais pas ». Tous les grands média et autres outils d’information publient régulièrement des papiers ou des reportages sur la production de ce que nous consommons. Cessons de nous déresponsabiliser en disant « c’est pas moi, c’est Zara ».

      Consommons mieux, consommons juste, pensons à celui qui nous nourrit/habille et soyons bienveillant avec nous-même. Et votre billet du jour a le mérite de dire que noir et blanc c’est bien, mais que parfois passer par toutes les nuances aident mieux le consommateur à évoluer.

      Bonne journée
      AL

      PS : désolée, c’était un petit peu long mais quand on parle de l’humain, c’est difficile de faire vite.

    42. Je voulais apporter ma réflexion par rapport à l’idée du boycott qui empêcherait les pays fabricants de travailler.
      Les « pays-émergent-en-voie-de-développement » subissent le modèle occidental. Je ne pense pas qu’ils aient besoin de nous pour leur « offrir » du boulot. Ce n’est pas un cadeau que nous leur faisons. Ces pays ont autant de talents et de richesses que nous, soit-disant « riches » occidentaux. J’ai plutot le sentiment que nous leur faisons perdre leur temps en véhiculant la croyance que notre modèle est le bon et en cherchant à les y intégrer tout en les exploitant.
      Nous, « occidentaux » créons des besoins artificiels et les véhiculons à travers le monde. Les employés surexploités courent aussi après ce modele.
      Nous qui paraissons si riches et heureux à travers les images sur écran et papier glacé. Mais pourquoi (sur)consommons-nous ? Pourquoi avons-nous besoin de 15 t-shirts, 20 robes, 12 pulls, 7 maillots de bain…? Ethique, bio ou pas d’ailleurs.
      Pourquoi est-ce nous qui tirons la tronche tous les jours à la sortie du boulot dans nos métro et dans nos bouchons nous « pays-riches-développés » ? Et nous qui sommes les plus grands consommateurs d’anti-dépresseur… Entre autres choses..?
      C’est le chien qui se mord la queue…
      Mais je m’emballe peut-être dans tous ces lieux communs, ces images clichées.
      A mes yeux ces nouveaux concepts aux vagues principes éthiques, sont de belles oeillères pour permettre de ne rien changer dans le fond et continuer à acheter (trop) de choses dont nous n’avons pas de réels besoin tout en se donnant bonne conscience, et sans trop remettre en cause le monde dans lequel vivons.

      Tu l’auras compris, je me sens complètement tiraillée entre la lecture que j’ai du monde dans lequel nous évoluons, et cette irrépressible envie de con-som-mer !!! (dit-elle les yeux injectés de sang et un filet de bave coulant au coin de la bouche).

      Finalement, je commence à croire que le fait d’investiguer dès le moindre achat, chose que je fais de plus en plus et que tu évoques dans ton article, occupe également beaucoup de « temps de cerveau disponible », et nous bloque aussi toujours dans le paradigme de la consommation, plutôt que de réfléchir à de nouvelles formes de société qui nous permettraient de vivre heureux et en harmonie avec nos pairs et la nature .

      Très très vaste et passionnant sujet. Merci pour cet article et tous les autres dans lesquels tu partages tes réflexions.

    43. Hello,

      J’ai vraiment trouvé cet article hyper intéressant.
      Et ça fait du bien de lire des personnes qui ne sont pas là pour faire la morale mais pour nous aider à nous y retrouver.
      Merci pour ce post, je ne manquerai pas de le relire je pense ;)

      Justine

    44. Bonjour Coline :) ça fait quelques temps que je te suis sur instagram et je découvre tout juste ton blog et ta chaîne youtube (cette vidéo sur le Rwanda… *love*) et j’aime beaucoup te lire ou t’écouter. Je trouve ton article très intéressant et je partage tout à fait ton point de vue. D’ailleurs suite à la lecture de cet article hier soir, j’ai regardé le documentaire « The True Cost » sur Netflix et si tu ne l’as pas vu, je te le conseille. Je pense que le plus important est d’être INFORMÉ et toujours curieux. Alors oui, on n’a pas toujours l’argent pour acheter des choses 100% clean (mais est-ce que ça existe vraiment ?), mais faire plus attention aux moyens de production des vêtements (les gens qui travaillent dans les usines, leurs conditions de vie, les déchets engendrés, les maladies développées suite aux conséquences nocives de la production…) que l’on achète et agir en mesure (limiter le nombre d’achats à ce dont on a VRAIMENT besoin par exemple), ça ne coûte rien ;) Bref, ce genre de documentaire ou d’articles devrait être montré au collège ou à l’école même ! Dans le même sens, j’apprécie aussi beaucoup la démarche de Victoria du blog Mango&Salt et de Laeticia de Eleusis megara :)

      Bonne soirée
      Marion

    45. Merci Coline de partager ta reflexion avec nous !
      J’ai quitté mon travail dans la fast fashion suite à une réflexion personnelle sur l’impact de mon métier sur l’environnement et le monde en général. Je pense que les choses sont entrain d’évoluer du côté des consommateurs et aussi des marques, les employés qui sont derrière ces marques essaient aussi de bouger les lignes et c’est avec l’adhésion de nous autres consommateurs que ces changements sont possibles.
      « j’ai envie de soutenir les initiatives positives bien qu’imparfaites » c’est le seul moyen d’avancer sans tout foutre en l’air non? Et la mode éthique ne doit pas être réservée à une élite fortunée, je salue ces initiatives aussi imparfaites quelles soient !

    46. Zut je pensais t’avoir laissé deux longs commentaires hier… Soit ça n’a pas fonctionné, soit je ne les vois pas pour une raison ou une autre ! J’y disais en somme que je trouve cet article très pertinent et vraiment susceptible d’alimenter les échanges sur le sujet… En allant plus loin qu’un simple « consommons mieux, donc ailleurs ». Car la stratégie de la fuite a ses limites, il faut aussi secouer les marchés centraux, lutter de l’intérieur, sinon nous ne créons que des marchés de niche et les marques feront simplement en sorte que les deux types de clients aient leur compte : ceux qui veulent de l’éthique, ceux qui s’en fichent (un risque d’ailleurs inhérent aux sous-gammes que créent H et M et d’autres). J’y notais aussi que sans utiliser le mot, tu parles finalement d’avoir une démarche plus politique et pas centrée uniquement sur l’acte de consommation : signer des pétitions, participer à des évènements, c’est déjà un peu ça. Je pense aussi qu’on peut se renseigner sur les luttes syndicales des travailleurs du textile dans le monde, car, finalement, ce sont aussi eux qui font bouger les choses dans leurs pays ! (PS : à ma bien, bien, bien plus petite échelle j’ai écrit récemment un article sur La consommation éthique et ses limites… ce serait miraculeux si tu avais 5 minutes pour le lire mais évidemment tu as peut être d’autres chats à fouetter – euh à caresser.. J’aurais peut être rajouté d’autres éléments si j’avais lu ton article avant d’ailleurs :) )

    47. Plein de questions intéressantes dans cet article.

      La question du boycott est difficile, parce que pour une personne seule, c’est peut-être facile à trancher, mais pour une mère qui habille et chausse trois ou quatre enfants avec peu de moyens, par exemple, c’est plus difficile. On parle aussi beaucoup de chaînes fast-fashion un peu plus glamour (Zara, H&M, Uniqlo) qui vendent des choses réellement attractives fashionement parlant, mais qu’en est-il des enseignes comme Kiabi, Gemo, Texto, etc., les vraiment bas de gamme? Ont-ils aussi la pression de faire un effort? Est-ce qu’ils ont réellement une image de marque à améliorer? Leur clientèle est un peu prisonnière quelque part, non? Perso, j’achète quasiment tout d’occasion, en partie parce que même Zara et H&M, pour ce que c’est, c’est trop cher pour mon budget, donc c’est direction Vinted pour toutes mes fringues. Mais ça prend du temps, quelque part c’est un hobbie, et l’occase il faut essuyer pas mal d’erreurs d’achat avant de savoir s’y prendre, ce que j’imagine mal pour une mère de famille qui bosse dans une école ou un supermarché, habite dans un quartier populaire, et achète les fringues une fois par trimestre chez Kiabi ou simplement au supermarché le samedi après-midi parce que c’est pratique.

      Même si ça reste positif que certaines marques sentent la pression de prévoir une alternative éthique, ça reste une alternative. Alors qu’il faudrait vraiment leur mettre la pression pour que les conditions de travail décentes, etc. soient la norme pour tous les vêtements qu’ils produisent. Selon quels moyens? A voir, mais je suis aussi un peu dubitative sur le boycott. Pas tellement pour le fait que ça priverait de travail les ouvriers textiles, c’est un argument qui ne me convainc pas, pour l’avoir déjà vu ailleurs. Mais en tout cas, pour être un peu efficace, le boycott doit être organisé, coordonné, et informé, sinon c’est juste une façon de garder les mains propres. Y a-t-il moyen de savoir quand les ouvriers de telle ou telle marque sont en grève, par exemple? Un boycott pourrait alors les soutenir, ce qui créerait une action sur toute la ligne, et enverrait le message que les consommateurs refusent aussi d’être exploités et de se taper du sang sur les mains pour pouvoir s’habiller. Est-ce qu’il y a des organisations de soutien aux ouvriers qu’il serait possible de soutenir (autrement que par un boycott, par exemple financièrement)?

      Mon problème avec des marques comme Ekyog, c’est qu’ils proposent aussi une alternative: ils dépendent encore, pour leur image, de la situation actuelle. Dans une situation où les enseignes de fast fashion (et les Sandro, Ba&sh et autres, qui reçoivent une bonne note parce que, quoi, leur clientèle serait plus raffinée) auraient des pratiques correctes, des enseignes comme Ekyog perdraient leur identité.

      Sinon, ça fait quand-même plaisir de lire un article à la fois détaillé et informatif, et qui ne prône pas forcément que le local, parce que franchement, le côté « cocorico made in France », les gros drapeaux tricolores sur les marques éthiques, et le repli sur le local, ça ne me plait guère. Je ne pense pas que le retour à l’artisanat soit vraiment une solution. Les fringues doivent être faites en masse et sur la base de conditions de travail et de protection de l’environnement plus que décentes, et on ne doit avoir à s’en occuper qu’au moment de se procurer de quoi s’habiller. Et pas devoir aller visiter la petite start-up locale et serrer la patte de la chèvre qui fournira l’angora du pull (dans un cas de figure non-végane) parce que ça, c’est du luxe inutile.

    48. Salut Coline,

      Article très intéressant et constructif. Par ailleurs, je pense qu’il ne faut pas se voiler la face car toutes les enseignes fast fashion ont en leur pouvoir de révolutionner les pratiques éthiques et ne le font pas pour optimiser leur revenus. Elles ont également la possibilité de changer la vie de ces personnes au début de la chaîne. Jette un oeil à la marque Everlane. Basée aux USA elle a une éthique incroyable. Sans tomber dans le « tout bio – déconsommation à fond – éthique 8000 – minimaliste power – j’en passe et des meilleurs ». Il ne faut pas oublier que l’industrie textile est la plus polluante après l’industrie pétrolière et qu’il est important de consommer moins. Nous n’avons pas besoin de 50 paires de chaussures différentes et de closets remplis de fringues qui ont encore des étiquettes. Car je l’ai fait, les amies le font et nous le faisons toutes mais dans quel but?

    49. Bonsoir Coline, dans la lignée de ton article je me permet de te partager ce site internet https://www.wedressfair.fr/ qui a la volonté de faire avancer les choses dans le monde de la mode. Il s’agit d’un projet d’un ami qui fait tout son possible pour faire changer les comportements de consommation et évoluer les consciences. Merci pour lui pour ta visite sur le site qui alimentera je pense ta propre démarche =)

    50. Bonjour, j’ai une question associée à un projet professionnel futur et j’aimerais avoir ton avis : je vais lancer une marque de sacs et décoration. Très marquée par les soucis écologiques, cette marque aurait été made in France pur pur. Finalement c’est impossible si je veux me payer ….mais dans ce cas si je t’écoute, fabriquer correctement ailleurs ça va….Dans un des derniers articles de sezane, avec sa grande qualité Marketing indiquait être plus obsédé par le made how que le made in, moi en lisant cela je trouve qu’elle se fout de nous et qu’on est tous hypocrites , bref je suis perdue…………………………………où faire fabriquer pour au moins éviter au maximum les impacts écologiques, ces containers géants dans les océans qui abîment tout….tu sens cette détresse en moi !!! :)

      1. Bonjour Magali,

        Je me permets de vous apporter, non pas une réponse toute faite, mais des éléments de réponses à vos interrogations. Visiblement, vous avez déjà répondu à la question du « made in France », qui vous l’avez constaté, est hors de portée pour la petite entreprise que vous êtes.
        Cela veut dire qu’il vous faudra chercher ailleurs pour votre fabrication. Les réponses à vos questions se trouvent dans votre reflexion même.

        Si vous souhaitez éviter une exploitation humaine et produire éthique, la meilleure chose à faire est de dénicher un atelier qui corresponde à vos critères. En veillant à ce que les conditions humaines soient respectées, la question écologique aussi.
        Vous pouvez débuter votre recherche sur le net, mais il va forcément falloir à un moment vous rendre sur place pour vous assurer d’avoir trouvé le bon partenaire, voir de vous-même où seront fabriqués vos produits et dans quelles conditions.

        Ensuite, du grand atelier avec 100 artisans au petit atelier de 10 personnes, vous avez de tout. L’un n’est pas forcément mieux que l’autre, l’important est que vous soyez à l’aise avec leur façon de travailler et avec vos interlocuteurs sur place. Oui, il est possible de produire de façon éthique hors de France, mais trouver la perle rare qui le fera est très difficile et demande un grand travail de prospection.

        Bon courage pour votre entreprise !

    51. Merci, Coline pour cet article-fleuve passionnant qui tombe à pic dans mes réflexions actuelles… Vivant au pays de Zara, je bannis de plus en plus cette marque (en l’ayant pourtant adorée pendant 20 ans) sur le principe qu’elle participe à l’idée que d’avoir 15 jeans et 60 tee-shirts, c’est bien, voire normal. Je ne suis plus OK avec ça, j’ai pourtant été une acheteuse compulsive pendant des années. J’essaie aujourd’hui d’acheter de la qualité, de me renseigner sur les conditions de fabrication de mes achats, et surtout d’acheter ce dont j’ai vraiment besoin. La base, finalement. Pour moi, la transparence des infos via les marques, avoir le choix d’acheter ou non, soutenir les initiatives innovantes, c’est le début de ma liberté de consommatrice/citoyenne.

    52. Bonjour Coline,
      Merci pour cet article complet et super intéressant.
      Les arguments que tu avances me rappellent une conversation que j’ai eu avec un copain il n’y a pas longtemps: il m’a reproché le fait que je consommais du « bio de grande surface » et que c’était « hypocrite », et limite que j’étais une pigeonne…
      Je pense qu’il n’y a pas besoin de te faire un dessin sur le genre de reproches que j’ai eu #tmtc. Je lui ai dit qu’effectivement quand je vais dans une grande surface « traditionnelle » (type Leclerc), je préfère me diriger vers leur marque distributeur bio (comme Bio Village par exemple), et même si je sais que ce n’est pas le nec plus ultra de la consommation éthique, que c’est beaucoup de marketing toussa toussa, cela n’existait PAS il y a quelques années.
      J’encourage à travers mes achats ce système et montre avec mon portefeuille que je souhaite plus de bio dans la vie. Il ne faut pas se leurrer, le système capitaliste dans lequel nous sommes n’évolue qu’à travers la consommation des gens. Et si les gens achètent plus de bio et bien il y aura de plus en plus de bio à disposition (comment/quoi/combien, c’est un autre débat à mon sens). Même concept pour les vêtements, les portables, etc…
      Tout ça pour dire que chaque démarche vers plus de transparence et d’éthique de la part des marques est bonne à prendre et est à encourager. Même si c’est imparfait, comme tu le dis, ça a le mérite d’exister.
      Je tiens une boulangerie artisanale avec mon chéri et c’est aussi simple que ça: les produits que l’on ne vend pas, on les supprime et ceux que l’on vend bien, on augmente les quantités. Cela peut paraître bête dit comme ça mais à grande échelle, ça fait la différence :)
      Bravo Coline pour ton travail en tout cas !

    53. Merci Coline pour ce super article très bien documenté.
      Pour ma part je ne boycotte aucune marque mais il est vrai que je consomme de moins en moins de fast fashion car cette profusion de vêtements et surtout l’odeur me gêne de plus en plus. J’achète moins mais mieux j’espère !
      Travaillant actuellement pour une entreprise de mode qui fabrique en Europe, j’achète principalement chez eux.
      Je chine aussi pas mal et je me couds quelques pièces.
      Bonne soirée !
      Christine

    54. Voilà quelque temps que je n’etais pas passée te voir ici ou sur les réseaux sociaux et comment dire : ça fait un bien fou de revenir !!! Merci !

    55. brillant!

      Bravo pour cet article constructif, positif, mais lucide et juste! Merci de porter ce regard realiste sur un tiers monde qu’on ne peut que plaindre mais qui subirait en premier les consequences d’une lutte mal organisée pour l’ethique et le commerce equitable. C’est quelque chose que j’ai pu comprendre en le voyant de pres (bosser dans le batiment n’est pas la meme histoire en asie ou au moyen orient, ca calme notre conception parfois bien reductrice du monde) Merci aussi d’avoir souligné notre impuissance locale, et meme nationale, a changer ou juste freiner une planete entiere qui tourne sur le modele capitaliste… Vraiment brillant cet article!!!

    56. Salut,
      Super article je te découvre « seulement » et je dois te dire chapeau bas pour ton travail fourni. Tu es carrément inspirante, engagée dans ce monde de consum-bloggeuses un peu …. Soit après les éloges, je voulais aussi rajouter qu’en ce qui concerne les pays de production : « la Chine » entre autre a décidé de manufacturer ailleurs de ses belles frontières… Dans des pays, où il n’y a aucunes législations du travail établies, droit de l’homme défectueuse… -Cad dans beaucoup de pays africains, les gens gagnent des misères pour des jobs de chiens sous la gouvernance chinoise.
      La misère industrielle se déplace, il n’y a pas plus d’argent dans le monde, c’est juste que les flux aussi se déplacent. Si un pays devient « immensement » riche ce sera toujours au détriment d’autres… Les inégalités se creusent.

      « Le trop tue le tout » cette expression relativise bien notre époque plus que jamais.
      -Le trop d’argent pour une minorité tue le tout- le monde des petites gens.
      – Le trop de consommation tue le tout- notre terre.
      – Le trop d’informations tue le tout- la désinformaion.
      – Etc.

      Ensuite, as-tu remarqué que maintenant le « made in China » est remplacé par le « Prc »= people ´s Republic of China…
      On brouille les pistes.. Hein

      Allais, je crois à un futur meilleur 🌿❤️✌️
      Be the change on veut voir dans le monde ahaha…

      Bisous

      San

    57. Merci pour cet article très complet qui fait se poser pas mal de questions ! Pour ma part j’ai toujours regardé les étiquettes de tous les produits que j’achète mais ça ne fait qu’un an que j’ai décidé de boycotter tous les habits provenants d’hors Europe. Du coup j’ai pas mal acheté chez Antoine & Lili (mais faut aimer le style) ou du 2nde main en bon état.
      Si j’Ai un doute sur une marque, j’envoie toujours un message en MP sur IG et généralement j’ai toujours la réponse sur le pays de fabrication et on se rend vraiment compte qu’on nous prend pour des c***. Enormément de marque mettent « entreprise française » sur le IG avec drapeau français et quand on pose la question on se rend compte que le design est fait en France et le reste dans des pays comme Chine, au Bangladesh ou autre….
      Je pense que dans tous les cas le mieux est la sobriété, de réfléchir avant d’Acheter et d’essayer au maximum de réduire son impact sur la planète et sur les hommes en trouvant des alternatives…