Tests sur les animaux : Cruelty Free International nous dit tout !

Si vous avez un peu suivi l’actualité depuis le début du mois de juin vous savez sans doute que The Body Shop a récemment lancé une immense campagne, dans le but de mettre définitivement fin aux tests sur les animaux dans le milieu cosmétique, et ce dans le monde entier, d’ici à 2020.

D’ailleurs nous avons déjà dépassé les 600 000 signatures !#YAY Si jamais vous n’avez pas encore signé la pétition je vous invite vraiment à le faire juste ici (ça prend 23 secondes et c’est vraiment pour la bonne cause). #GOGOGO

De mon côté, si vous avez vu passer cette vidéo, vous savez que je suis l’ambassadrice de cette campagne en France et je compte bien vous tenir régulièrement au courant de l’avancée des choses, à commencer par une (deuxième) très bonne nouvelle : au mois de septembre The Body Shop organisera une grande marche dans Paris, pour les animaux et surtout contre les tests ! Bien évidemment j’y participerai et j’espère que vous serez nombreuses/nombreux à vous joindre à nous !

Mais en attendant de pouvoir vous en dire plus à propos de cette marche je tenais à réparer un petit oubli de ma part…

Il y a quelques semaines, toujours dans cette vidéo, je vous annonçais que je vous retranscrirai entièrement l’interview que j’ai réalisée de la directrice de Cruelty Free International et…et ben j’ai oublié. Hin. Hin. Hin.

#boulet

Du coup je tenais à réparer ça et surtout à ce que vous ayez toutes les infos à propos des tests sur les animaux dans le milieu cosmétique sous la main, facilement et rapidement !


Comment sont sélectionnées les marques que CF décide de labelliser / quel est le cahier des charges ? Lorsqu’une marque est labellisée, effectuez-vous des contrôles ?


Afin d’être labellisées par Cruelty Free International les marques doivent passer un certain nombre de tests. Pour ce faire elles doivent répondre aux exigences suivantes :

•  Aucun produit, ni ingrédient qui le compose, ne doit avoir été testé sur les animaux.

•  La marque doit pouvoir fournir une attestation de ses fournisseurs confirmant qu’ils ne pratiquent pas l’expérimentation animale.

• La marque doit accepter de pouvoir être contrôlée à tout moment par un organisme indépendant.

• Après avoir rejoint le programme, les marques sont soumises, tous les 3 ans, à un audit leur permettant de conserver leur label.


Fin 2016, une nouvelle loi est entrée en vigueur en Europe pour combattre les tests sur les animaux. Pourquoi certaines marques ne réalisent pas la démarche de devenir Cruelty Free ?


Si aujourd’hui certaines marques ne prennent pas l’initiative de devenir cruelty free, c’est principalement parce qu’elles ne souhaitent pas se fermer les portes de certains marchés. Marchés qui exigent des tests sur les animaux, comme la Chine par exemple.

C’est pour cela que les marques qui décident de devenir cruelty free et postulent pour être labellisées « Leaping Bunny » disent : “Non, nous ne ferons pas de tests sur les animaux, quel que soit le marché sur lequel nous vendons nos produits”. Elles préfèrent ne pas vendre leurs produits plutôt que de devoir tester sur les animaux pour être conformes aux lois qui sont en vigueur dans certains pays.

Tant qu’il n’y aura pas le loi à l’échelle internationale, certaines marques continueront de tester leurs produits sur les animaux pour ne pas se fermer les portes de certains marchés.


Qu’est-ce que REACH, pouvez-vous me l’expliquer et simplifier le sujet ?


REACH est un plan qui contrôle l’enregistrement, l’évaluation et l’autorisation des produits chimiques, et qui oblige à tester les ingrédients cosmétiques utilisés en Europe.

Le plan REACH oblige donc les marques à prouver que les éléments chimiques qu’elles utilisent ne sont pas toxiques pour la santé humaine.

Il induit le fait qu’une marque est ainsi obligée de tester ces éléments chimiques sur des animaux si elle n’est pas en mesure de prouver que ces éléments ne sont pas nocifs pour la santé humaine via des tests alternatifs.

Cruelty Free International se bat pour que REACH ne demande plus de tests sur les animaux lorsque ce n’est pas nécessaire et reconnaisse la sureté des tests alternatifs.

Certaines marques qui sont déjà labellisées Leaping Bunny par Cruelty Free International travaillent très dur pour sortir des produits cosmétiques qui soient validés par le plan REACH. Ainsi, si des éléments chimiques doivent être testés sur des animaux, une marque cruelty free préfèrera retirer cet élément de sa composition pour en trouver un autre qui ne nécessitera pas de test sur les animaux.

Le challenge est donc de monter que des produits peuvent être considérés comme sains et sans danger pour la santé humaine, sans que des tests sur animaux soient nécessaires.


Est que Cruelty Free International cherche à savoir si des ingrédients provenants d’autres industries (pharmaceutique, agro-alimentaire, etc.) sont utilisés dans les compositions ?


Si une marque veut être approuvée par Cruelty Free International et être labellisée, elle doit s’assurer que tous les ingrédients qu’elle utilise pour développer un produit n’ont pas été auparavant testés sur des animaux. Une marque utilisant des ingrédients provenants d’autres industries et potentiellement testés sur les animaux ne pourra donc pas être labellisées Cruelty Free.


Où en est la législation en Chine ?


Concernant la Chine, de récents développements ont été mis en place. Initialement si une marque souhaite commercialiser ses produits sur le marché Chinois, elle doit s’enregistrer auprès de l’administration qui s’y réfère. Cette administration demande des tests sur les animaux dans le but de prouver l’innocuité des produits, avant de pouvoir les commercialiser sur le marché et le sol chinois.

Deux nouveaux éléments sont apparus ces dernières années :

  1. La Chine a commencé à approuver les tests alternatifs (peaux reconstituées etc – voir plus bas)
  2. Lorsqu’une marque décide de fabriquer ses cosmétiques sur le territoire chinois, en faisant approuver leurs produits auprès des administrations locales, elle n’a pas besoin de réaliser de tests sur animaux pour faire valider ses produits.

Ces deux éléments sont le signe d’un premier pas quand au retrait définitif des tests sur les animaux.


Quelles sont les alternatives aux tests sur les animaux ? Sont-elles fiables ?


Il existe plusieurs alternatives aux tests effectués sur les animaux pour les produits de cosmétiques.
Au lieu d’effectuer des tests sur des peaux d’animaux (cochons, rats, etc.) il est maintenant possible d’effectuer des tests sur des peaux reconstituées à partir de cellules humaines, mais aussi des cornées optiques synthétiques (au lieu de réaliser des tests directement dans les yeux des lapins), ce qui représente une grande avancée dans la lutte contre les tests sur les animaux.

Donc des alternatives existent et il faut savoir qu’elles sont bien moins onéreuses et surtout plus efficaces que les tests sur animaux !
Par exemple, un test sur une peau reconstituée peut coûter 500 dollars alors qu’un test sur animaux peut coûter jusqu’à 1 million de dollars !

Ces alternatives sont donc moins chères, plus efficaces et sont de plus en plus reconnues.


Avez-vous des informations au sujet du passage systémique, des réactions allergiques ou de la toxicité chronique lors des tests sur peaux reconstituées ?


Les modèles de peaux reconstituées, comme EpiSkin, évaluent et prennent en compte le profil toxicologique des ingrédients et des produits. Pour plus d’informations rendez-vous sur EpiSkin.com

J’espère que cette interview complète répondra à toutes vos questions et vous éclairera sur la réalité (et les avancées) au sujet des tests sur les animaux ! Je tiens encore une fois à remercier The Body Shop et Cruelty Free International pour avoir organisé cette interview et pris le temps de répondre à toutes ces questions, car même si je suis très bien renseignée sur le sujet, certains points (notamment le fameux point REACH) restaient encore un peu obscur. C’était vraiment génial d’avoir pu discuter avec des personnes vraiment calées sur le sujet et d’être sûre à 100% des infos que je recevais.
Et encore une fois, si ce n’est pas déjà fait, allez signer la pétition ! 🐰

 

14 commentaires sur Tests sur les animaux : Cruelty Free International nous dit tout !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  1. Bonjour Coline,

    Je te suis depuis tes premiers articles et n’ai jamais commenté (assez discrète j’avoue ;)) mais cette fois ci je maîtrise assez bien le sujet ;).
    Je suis pharmacien toxicologue et le cœur de mon métier est justement tout ce qui est test de toxicologie. Je suis tout à fait d’accord pour trouver des alternatives, c’est notre combat quotidien dans le milieu! Cependant les alternatives, telles qu’episkin, existent mais ne concernent que certains points de toxicité, ici l’irritation cutanée… or, par exemple, les tests alternatifs pour la sensibilisation ne sont pas encore assez développés pour convenir à tous les types de molécules chimiques (ou « naturels »). Donc nous sommes encore dans une impasse pour certains points de toxicité…
    REACH et la cosmétique sont deux choses tout à fait différentes mais ton article retranscrit assez bien ce qui se passe. Quand une substance peut être sur deux réglementations, les entreprises n’hésitent pas à passer par REACH pour effectuer les tests nécessaires… et donc parfois du vivo, mais de moins en moins! A part pour les études long cours oú pour l’instant il n’existe aucune alternative… (à noter que ces études au long cours ne concernent pas toutes les substances).

    Je serai ravie d’échanger la dessus avec toi!
    On a encore tellement de chemin à faire :),
    Belle journée,

    Lisa

  2. Bonjour,

    Merci Coline d’aborder le sujet et faire avancer la cause animale mais j’aimerais apporter quelques compléments d’information concernant les dires de Mme la Directrice CFI qui sont parfois un peu approximatifs :

    – Les marques qui ne souhaitent pas adhérer au label Cruelty Free ne le font pas forcement parce qu’elles ne veulent pas se fermer certains marchés mais simplement parce que c’est un label privé et payant qui ne rime à rien sur certains marchés, potentiellement la totalité des marchés sur lesquels serait présente cette marque si les tests animaux n’y sont pas obligatoires voire interdits. La plupart des dirigeants de ces marques sont sensibles à la cause animale comme vous et moi et ne souhaitent pas tester sur animaux s’ils n’y sont pas obligés. Par ailleurs les tests animaux représentant un budget non négligeable, quelle entreprise irait investir là-dedans si ce n’est pas obligatoire ? Moi je n’en connais pas. ;)

    – Le sujet REACH, indépendant de la réglementation stricte car plus généraliste, est effectivement un vrai soucis… Vivent les contradictions réglementaires. -_-

    – Je cite : « Si une marque veut être approuvée par Cruelty Free International et être labellisée, elle doit s’assurer que tous les ingrédients qu’elle utilise pour développer un produit n’ont pas été auparavant testés sur des animaux. Une marque utilisant des ingrédients provenant d’autres industries et potentiellement testés sur les animaux ne pourra donc pas être labellisées Cruelty Free. » La directrice de CFI sait-elle que la moindre huile végétale ou le moindre extrait de plante, la glycérine, les conservateurs, n’importe quel ingrédient utilisé dans les cosmétiques certifiés CF ont forcément été testés un jour ou l’autre et pas qu’une fois, parfois il y a bien longtemps ? Argument WTF, pardon mais vraiment il est irrecevable et c’est mensonger d’affirmer de telles choses. Ca décrédibilise totalement le label du coup, c’est dommage.

    – Ça bouge pas mal en Chine effectivement, on croise les doigts pour la suite, sachant qu’ils maintiennent encore un peu cette réglementation pour des raisons probablement plus économiques (protection de marché) qu’éthiques ou toxicologiques.

    – Des alternatives aux tests animaux fiables existent pour beaucoup de tests simples, en tous cas pour les produits finis (notamment des tests sur êtres humains comme les patchs tests ou tests d’usage) mais les peaux reconstruites ou tests in vitro ne peuvent malheureusement pas à ce jour garantir une non toxicité systématique ou génotypique / mutagénique de certaines molécules (il faut un organisme entier pour évaluer cela, avec système circulatoire etc). Les toxicologues essayent donc d’évaluer ce genre de risques très spécifiques via de la bibliographie de molécules ressemblantes testées sur animaux précédemment ou via des modèles prédictifs selon la structure moléculaire mais bon ce n’est pas encore parfait. Les fameux « perturbateurs endocriniens » entrent dans cette catégorie de substances, justement.

    – Le modèle de peau reconstruite Episkin qu’elle cite a été développé par L’Oréal comme certains d’entre vous doivent le savoir et a été mise à disposition de toute l’industrie. J’en profite pour signaler ou rappeler que dans ce domaine, L’Oréal n’est pas forcément aussi « méchamment capitaliste » que l’on ne pense, qu’ils ont arrêté les tests animaux sur produits finis dès 1989 (beaucoup d’autres groupes ou marques d’ailleurs n’ont pas non plus attendu la loi de 2004 pour le faire) (pour les ingrédients c’est une autre histoire, la loi l’obligeait +/- jusqu’en 2009), ils ont beaucoup investi dans les méthodes alternatives notamment via Episkin et ont fait avancer ces méthodes bien plus rapidement que s’ils n’y avaient rien investi. Par ailleurs il viennent de construire une unité de tests alternatifs en Chine pour faire un peu de « lobbying » auprès des autorités chinoises. Je ne suis pas toujours une grande fan de L’Oréal sur tous les sujets mais sur celui-ci, je préfère saluer leurs initiatives !

    J’ai été un peu longue mais le sujet nécessite d’être précis comme vous le savez. :)

    1. Merci beaucoup pour ton commentaire ! Je t’avoue que, encore une fois, je ne suis pas spécialisée dans le domaine et même si je me renseigne autant que possible ça reste une milieu assez opaque ^^. Je ne suis pas d’accord avec tout, notamment à propos des huiles végétales etc. J’ai peut-être des informations erronées mais il me semble que tout ce qui touche au naturel et au brut (bon, sans parler de pétrole non plus hein ^^) n’a pas besoin d’être testé. En attendant oui, soyons d’accord, même les marques CF ont, dans leur compo, des ingrédients qui ont dû un jour être testé sur les animaux. Je pense qu’ici on parle plus de futur que de passé ^^ Et effectivement, certaines marques sont CF et non labellisées, sans aucun doute pour des questions de finances. Je pense qu’ici, tout du moins dans mon esprit lorsque j’ai posé la question, il s’agit plus de dire « hé mais les tests sont interdits en Europe (enfin on a compris que c’est moitié-interdit hein, thanks to REACH ;)) alors pourquoi toutes les marques ne sont pas CF ? »
      Bref, dans tous les cas j’espère tellement voir ces tests fermement et définitivement interdits dans le monde entier… 🙏

      1. On est bien d’accord pour le but ultime :) .
        Je te suis et vois que tu es globalement très bien informée mais je te confirme, travaillant dans la R&D cosmétique depuis (arf) 15 ans, que TOUTES les matières premières y compris « brutes » comme les huiles végétales, argiles etc ont été testées un jour quand c’était obligatoire, car il n’y avait pas de distinction par origines d’ingrédients. Et elles ne sont pas forcément safe, regarde les huiles essentielles, les acides de fruit… !! Et même les huiles végétales simples peuvent avoir des effets secondaires : allergies pour l’huile d’amande douce ou autres fruits à coque par ex, photosensibilisation pour l’huile de millepertuis…. Bref. Ca avance, c’est ce que nous retiendrons. Ca avance…

        1. Je travaille aussi dans les affaires réglementaires cosmétiques et je confirme +++ les commentaires de Lisa et So.
          Je pense également que tous les « vieux » ingrédients ont été testés sur animaux un jour… D’ailleurs dans ses questionnaires clients, the Body Shop donne une date (on doit certifier que l’ingrédient est non testé sur animaux à partir de 1990).
          Et j’ajouterais que REACh n’est pas un « plan » -qui laisse à penser qu’il est volontaire/facultatif- c’est un règlement européen donc application obligatoire… et c’est le casse-tête quand un ingrédient à but uniquement cosmétique doit subir des tests sur animaux pour REACh !!
          Bonne journée :-)

  3. Salut Coline ! Mercii pour toutes tes infos claires et approfondies. J’ ai cependant une petite question : j’ai lu que Body Shop appartenait au groupe l’ Oréal, qui, même si ce groupe propose des initiatives intéressantes, continue de tester puisque présent en Chine. Peux -tu m’en dire plus à ce sujet ? Mercii.

  4. Merci Coline, on a besoin de nana comme toi dans le flux inconsidérables de youtubeuses/blogueuses qui parlent make up sans grande considération pour la cause animal dans cette industrie. Es-tu au courant que Nars va s’introduire en Chine ? Il est temps de quitter cette marques malheureusement… Triste

  5. Bonjour Coline,

    bravo et merci pour tous les messages que tu fais passer sur la protection des animaux, le veganisme, le respect, …, …, …
    J’ai évidemment signé et diffusé la pétition.

    Si je peux me permettre un petit commentaire hors-sujet : va donc voir le film ‘Okja’ ……………..

    Bonne continuation !

  6. Merci Coline pour cet article !
    J’ai une petite interrogation : que faut-il penser des marques qui se disent cruelty-free mais qui n’ont en revanche pas la volonté de s’associer aux organismes qui garantissent cela ? Par exemple, Kiko se dit cruelty-free mais ne porte aucune mention du label justement pour ne pas payer les frais d’inscription et de certification. Peut-on alors les croire sur parole ? Déjà que l’info est dure à trouver alors si en plus certaines marques se disent clean mais sans pour autant vouloir avoir le label, bonjour !

    Bonne journée,

    Emmy.

    1. Je pense que les marques qui se disent CF n’auraient aucun intérêt à « mentir » à leurs clients. Il suffit d’imaginer le tollé si jamais ça s’apprenait 😱 Il existe énormément de marques qui ne sont pas certifiées, surtout des petites marques indépendantes qui n’ont juste pas les moyens de se payer une labellisation. Après rien n’empêche de se tourner uniquement vers les marques avec label si jamais on a des doutes 😊