Carrousel Clothing : la mode version artisan, fabriquée avec le palpitant

* En partenariat avec Carrousel Clothing *

La mode, c’est comme le pain. Il y a les toasts en sachet, fabriqués à la chaîne par des machines et des ouvriers qui s’échinent. Il est mou, il crée des remous intestinaux et a toujours le même goût de conservateurs.
Et puis il y a la boule paysanne, pétrie manuellement pendant plusieurs heures avec le coeur. Derrière ce pain, un artisan-boulanger a envie de partager sa passion : il utilise des blés anciens, des levains naturels et des outils traditionnels. La miche est bonne pour celui qui la fabrique et celui qui la mange : elle a la saveur du bonheur (insérer ici un visuel d’enfants sautillant pieds nus dans un champ de blé).

Les vêtements, c’est exactement pareil. D’un côté, on retrouve les fringues découpées par centaines, à la va-vite, dans des ateliers lointains et surpeuplés. Ils sont parfois beaux sur leur cintre : ils ressemblent comme deux gouttes d’eau à des collections de créateurs. Mais à y regarder de plus près, ils sont taillés à coups de serpe (à l’arrache, quoi), ils tombent mal et finissent en lambeaux avant la fin de la saison. Normal, ils coûtent le prix d’un sandwich triangle (avec du pain de mie… encore lui, le vilain !). Comme le dit si bien Li Edelkoort, auteure du manifeste Anti-fashion : “comment un produit qui passe par tant de transformations : être semé, pousser, être récolté, peigné, tourné, tricoté, coupé et cousu, terminé, labellisé, enveloppé et transporté peut-il coûter à peine quelques euros ?”.
Avec ce type de nippes, une fois passée la frénésie de l’achat, un sentiment de culpabilité nous emboîte souvent le pas… Un peu comme quand on s’enfile une grosse tartine de Nutella.  

De l’autre côté, il y a les pièces confectionnées dans des ateliers à taille humaine, tout près, avec respect. Certes, le prix de ces vêtements peut faire bondir dans les chaumières : produire en petite série, choisir les bonnes matières, payer ses impôts, verser un salaire décent aux couturières, ça a un coût. Mais à l’échelle d’une société, tout le monde est gagnant : le travailleur qui gagne mieux sa vie va pouvoir bénéficier d’articles de meilleure qualité, qui polluent moins l’environnement et qui garantissent de meilleures conditions de travail à celui qui les produit… Et ainsi de suite (non, je n’ai pas bouffé un bisounours au petit déjeuner : je vous recommande chaudement le documentaire Nos vies discount).

Carrousel Clothing est la parfaite illustration de ce cercle vertueux. J’ai longuement papoté avec Elisa, la créatrice de la marque, et elle a forcé mon admiration : passionnée, simple, sincère, avec juste ce qu’il faut de culot pour porter un tel projet en solo. Après des études de stylisme et un début de carrière dans une grande enseigne sportive, elle a décidé en 2008 de devenir artisan.

 

Jupe mermaid / Sweat Artisan pastel bleu

Artisan.

Un mot qui détonne dans un monde où l’on produit les vêtements par tonnes. A l’heure où certaines marques imposent des cadences effrénées à des ouvriers sous-payés pour pouvoir tasser dans les rayons bondés deux nouvelles collections par semaine ; à l’heure où 80 milliards de vêtements sont fabriqués dans le monde chaque année ; à l’heure où les Français jettent 12kg d’articles de mode par an dont seul un tiers est recyclé… Ce mot prend tout son sens.
Pour Elisa, l’artisanat est une forme de résistance, une façon d’en découdre avec la société de (sur)consommation. C’est un symbole puissant : elle en a fait l’emblème de ses sweats.


Le lent carrousel s’oppose au grand-huit qui va trop vite (et donne franchement envie de dégobier, en plus). Ce manège s’intéresse à ce qui l’entoure : les hommes, la planète, la vie.

Une fois par saison, de fil en aiguille, Elisa prend le temps de dessiner les patrons, de choisir les matières et de confectionner une partie de la collection dans son atelier à Annecy. Le reste de la production est confié à d’anciennes couturières Lejaby qui se sont retrouvées sur le carreau après la délocalisation de leur usine : elles ont des doigts de fée et un savoir-faire qui vaut de l’or.
Après plusieurs heures de fabrication à la main, une trentaine de modèles sont disponibles en série limitée : entre inspiration ethnique, univers onirique et lignes basiques, ce sont à chaque fois des pièces au caractère marqué et unique (le genre de dégaine avec laquelle tu peux te permettre une petite démarche à l’américaine).

Bombers pastel prisme / Short cream

Les pièces sont pensées pour traverser les années. Les matières sont durables et proviennent toutes de France, d’Espagne,  d’Italie ou des Pays-Bas. Les coupes sont structurées tout en restant légères et confortables : c’est le genre de vêtement qu’on peut enfiler le matin pour aller au boulot, garder l’après-midi pour faire du vélo, et chalouper toute la nuit sur des rythmes latino (tu sens la meuf des années 90 ?).  

Et le prix, revenons-y. Elisa m’a expliqué de façon totalement transparente la répartition des coûts d’un sweat Artisan : 

  • Coût de la fabrication made in France : 18,24€ TTC pour 50 pièces par couleur
  • Prix du tissu au mètre provenant des Pays-bas : 6€ TTC
  • Prix de la sérigraphie artisanale : 2,5€

Le reste est destiné à la marge distributeur (en général un coefficient de 2,5), aux frais inhérents à chaque entreprise et… à la rémunération d’Elisa qui doit quand même manger autre chose que ses rebuts de tissus à la fin du mois.

Grâce à des cycles courts d’approvisionnement et de production, une fabrication artisanale et en petite série et des matériaux de qualité, l’empreinte carbone des produits est exceptionnellement faible.

Carrousel Clothing, c’est une marque qui tourne vraiment rond.

Jupe maille rose à poches / Tee-shirt blanc good luck coton bio

13 commentaires sur Carrousel Clothing : la mode version artisan, fabriquée avec le palpitant

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  1. Perso j’ai acheté une jupe à carreaux, bleue, il y a deux mois. Ma taille, parfaite, matière au top, bien coupée. Exactement la dégaine que je voulais. Je l’ai portée 6/7 fois au printemps et la couture s’est défaite au niveau de la taille. Un petit trou de rien du tout, mais quand même, la couture a craqué. J’aime beaucoup les valeurs de cette marque, comme beaucoup de celles que tu présentes Coline, mais je l’ai un peu en travers quand même… J’ai dû la payer 50 ou 60 euros je ne sais plus, ce qui n’est pas du tout hors de prix mais bon, j’attendais vraiment un produit qui dure. Comme elle n’est plus de saison, je vais attendre l’automne pour la faire refaire et c’est très dommage.

  2. Ton articlr est très très bien écrit et plaisant à lire ! Je cherche encore la recette miracle pour faire cohabiter mon desir de nouveautés + encourager et donc HT des marques come Artisan + ne pas exploser mon budget…. En tout cas c est joli ces vêtements et cette transparence !

  3. Merci pour cet article très intéressant :)
    Il faut apprendre à ne plus être dans la frénésie de la consommation, et là en période de solde … c’est pas gagné !
    Mais je pense que c’est une rééducation, et puisqu’on nous a éduqué à consommer, on doit pouvoir faire l’inverse.
    Bonne journée

  4. Je suis la marque Carrousel depuis que tu nous l’avais fait découvrir il y a de ça plusieurs mois (quand même pas des années ?? … si ??). J’ai même une superbe jupe nacrée que tout le monde m’envie :)

    J’ai écrit un article récemment « Le prix de tout et la valeur de rien » sur ce thème, et c’est assez marrant parce-que je commence moi-aussi par la comparaison avec la boulangère ! A croire qu’il y a des consonances cognitives insoupçonnées entre le pain et une mode plus responsable (à creuser…) ! Je mets l’article ici si tu/vous veux/voulez y jeter un œil : https://www.iznowgood.com/2017/05/le-prix-de-tout-et-la-valeur-de-rien/

    En tout cas, gloire au savoir-faire et à la passion, au talent et à l’amour !
    Bizzz
    Céline

  5. Pourquoi les petites marques sympas et éthiques doivent s’arrêter au L au même titre que les Sandro ou ls Kooples.

    Je suis toujours déçu après ce genre d’article.
    Oui c’est que cool que cela existe mais je ne peux pas être cliente car je suis grosse…

  6. Je suis d accord coline, et votre article tre interessant, malheureusement, vous nous donnez des indications de prix mais pas le prix total , et meme si on est d accord, on ne peut pas toujours s offrir ces articles… cest bien dommage… mais il faut aussi tenir compte de cet argument… merci

  7. Merci merci merci Camille pour cette belle découverte. Sensibilisée depuis bien longtemps, c’est le documentaire The True Cost sur Netflix qui a achevé de me pousser du bon côté et de m’éloigner de la fast fashion pourrie jusqu’à la moelle… je sais toujours où chercher les bons plans de ce genre en tout cas, merci encore je fonce remplir ma wishlist sur Carrousel Clothing! :*
    Melodie
    http://www.happymelodie.com

  8. Mince, soit je me suis loupée dans l’envoi du commentaire, soit il a été supprimé (peut être à cause du lien vers mon article ?).

    Au cas où, je tenais quand même à te remercier Coline pour m’avoir fait découvrir Carrousel il y a de ça quelques temps maintenant (et aussi pour m’excuser si jamais mon commentaire a bel et bien été supprimé, ce qui signifierait que j’ai outrepassé les limites… c’était la toute première fois que je commentais en plus, j’ai honte !). J’ai une superbe jupe Carrousel que tout le monde m’envie et que j’arbore fièrement ! Voilà plusieurs années maintenant que je m’achemine lentement vers une mode plus sensée, et c’est ce genre de marques qui allient style, mise en valeur du savoir-faire local et passion qui me permettent de croire que tout est encore possible et qu’on peut encore sauver le monde (rien que ça) !

  9. Dommage, je suis quelqu’un qui serait susceptible d’acheter car pouvoir d’achat de presque quadragénaire mais rien ne me plait. Bises