RMUH / Chère Montréal

On se retrouve pour une nouvelle histoire… Merci à Tiffany de la partager avec nous!

Et si vous aussi vous avez envie de partager votre histoire…c’est par ici que ça se passe! :)

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Chère Montréal,
Nous avons fait ta connaissance durant  l’été 2012, un peu par hasard.
Non c’est faux, les hasards n’existent pas me dit-on.
Nous avions décidé de venir te voir car nous voulions planifier de grande vacances cette fois ci, nos premières grandes vacances de couple tu comprends. Et en tant que  jeune couple, nous avions un budget assez restreint ; La Floride était trop chère, mais on était curieux de découvrir le continent américain. C’est sur un coup de tête qu’on s’est décidé à venir vers toi.
A peine arrivés, tu nous a totalement dépaysé. En plein mois de Juillet, tu étais d’une chaleur incroyable, mais dans laquelle on s’est senti si bien. Tes odeurs, ton civisme ta population, ton énergie ! Nous n’avions rien vu d’aussi extraordinaire depuis la sortie du film Avatar. (Hummm)
Nous étions restés à tes côtés durant une courte semaine.
Une semaine pendant laquelle tu nous a coupé le souffle à plusieurs reprises. Tu nous a épuisé, mais tu nous a fait rire, diverti, et appris tellement de choses.
J’ai aussi l’intime conviction que tu nous a rapproché et renforcé en tant que couple, en bonne conseillère conjugale.
Un peu plus tard, non plus par hasard mais par réel besoin qu’on ne peut réprimer, nous nous sommes mis en tête de revenir te voir, mais cette fois ci, pour une relation plus durable ; Nous voulions vivre à tes côtés !
A la manière d’une ex, avec laquelle tu as l’impression de ne pas avoir été au bout de votre histoire finalement, nous voulions tout plaquer et reprendre notre relation avec toi là où nous l’avions laissé en 2012.

Je ne sais pas pourquoi, mais tout s’est tellement bien dessiné pour nous à notre arrivée… Tu nous a accueilli, comme la première fois, chaleureuse et généreuse, comme à ton habitude avec les gens pleins de bonne volonté de te respecter et de t’aimer pour ce que tu es.

Tu nous a permis de rencontrer des gens extraordinaires, nous, qui étions un peu mélancoliques parfois en pensant à notre famille qui nous manquait.
Tu as mis ces personnes sur notre chemin, non pas par hasard, mais car tu le voulais. Tiens ça aussi c’est quelque chose que tu nous a appris : croire au destin. C’est con dit comme ça, mais désormais, on se dit que rien n’arrive par hasard dans la vie, elle est juste une succession d’événements, d’opportunités qu’il te faut saisir, ou non.
Non ce principe n’est pas utopique, je vous jure que qui que vous soyez, si vous vous mettez en tête que rien n’arrive pour rien dans la vie, qu’il y a une raison à tout, vous devenez indéniablement plus heureux.
Vivre avec pas grand-chose aide aussi pas mal a l’atteinte du bonheur. Quand je parle de bonheur, je te parle de moments, tu sais, ces moments où tu te dis que tu es la personne la plus chanceuse au monde, car tu es entouré de personnes que tu aimes, et qui te rendent chaque jour un peu meilleur, car il te font te sentir prêt à affronter n’importe quelle épreuve dans la vie.
Le bonheur, tu nous l’a fait connaître. Non pas que nous n’étions pas heureux avant de te rencontrer, mais nous n’étions simplement pas capables de réaliser que nous l’étions.
Tu nous a montré ce qui était important dans la vie, en nous balançant des choses en pleine figure. Désormais, je n’ai plus peur de vivre sans voiture, même si ça implique de devoir aller faire l’épicerie à pied, assez loin, en étant chargé comme une mule. Mes jambes se sont habituées à faire des kilomètres, c’est pratique, économique, écologique, et c’est santé. Mes mollets ressemblent à ceux d’un coureur professionnel, mais je m’en fous. Je m’en fous parce que tu es mère d’une population d’une extrême tolérance.
Dans les rues je ne sens jamais de regards lourds, accusateurs, critiques, me jugeant parce que mon short est moulant, parce que mon look du dimanche matin est douteux, ou parce que j’ai commencé à sortir de l’acné sur mon visage comme une adolescente menstruée.
Tu nous a appris à nous aimer, à être moins critique envers nous même et envers les autres, parce que chacun est beau à sa façon, et ce n’est pas à nous de juger une personne, si elle-même  est en paix avec son apparence.
Je ne crains plus de vivre dans un appartement dans lequel des cafards nous attendaient. Ni même ces bestioles bizares translucides à mille pattes qui trainent dans ma salle de bain en colocation avec les fourmis. Elles devaient se sentir bien à cause de la fuite d’eau permanente du plafond de notre cuisine.
Je ne crains plus de vivre avec  500 euros par mois en ayant ma part de loyer de  250 euros à sortir. Non.
Je ne crains plus tout ça, parce qu’on a appris à en rire. Je ne me rappelle pas des fois où j’ai pu râler après tout ça, tout ce confort que nous n’avions plus.
En revanche je me rappelle des fous rire qu’on s’est tapés en parlant de ces anecdotes. Les fins de mois difficiles où on retournait l’appartement à la recherche de quelques dollars pour pouvoir nous acheter un malheureux café.  Nous, devant le four qui nous servait de chauffage d’appoint par -40°C. Ce même four qui m’a servi de micro-ondes et de sèche-cheveux. Et je me dis souvent qu’on aura tellement de choses à raconter à nos enfants, qu’ils vont en avoir mal à la tête.
Ca peut paraître déraisonnable mais le fait de nous avoir fait vivre avec moins de choses, nous a rapproché de l’essentiel, c’est ce que nous avions besoin de voir : tout ce dont nous avions besoin était déjà la sous nos yeux. Un toit, un compagnon, de l’amour, des fous rires, des amis, une ville magique qui vit parce que ses habitants la font vivre.
Chère Montréal,
 Nous avons encore tant besoin de tes lumières, car souvent une question nous taraude : crois tu qu’il est possible de naître dans le mauvais endroit ?
Je ne veux surtout pas dire par là qu’il y a des endroits moins biens que d’autres. On peut être heureux à Bagdad, comme on peut l’être dans une petite ville bourgeoise d’Europe, tant qu’on s’y sent chez soi.
C’est tout là le problème. Auprès de toi, on se sent chez nous, bien plus que dans notre terre natale.
Peut-être qu’on se fait des idées, à force d’avoir vécu auprès de toi, on est devenu un peu comme toi, et on a cessé d’être les personnes que nous étions auparavant. Un peu à la manière d’un couple encore une fois, dont les deux amants se mélangent jusqu’à ne devenir qu’une seule et unique personne, que vos amis ne reconnaissent plus.

Chère Montréal,

Tu nous colles à la peau, il y a eu des hauts et des bas, mais tu nous a apporté tellement de choses en un an et demi. Tu nous a soudé en tant que couple, tu nous a poussé à faire une introspection profonde en nous même, grâce à toi, nous avons appris ce qu’était le bonheur, et nous savons qu’il est accessible à celui qui le laisse entrer.
Nous commençons tout doucement nos bagages. Et oui, le destin a fait que les choses se dessinent comme cela. Mais ne t’inquiète pas, tout va bien pour nous. Comme toujours, tu nous connait, on a su affronter beaucoup de choses, relever de nombreux défis, et nous ne repartons pas fauchés ni déprimés, déçu de toi ou de la vie que tu nous a offerte.  Non au contraire, c’est le moment, et on se dit que la vie est une succession d’événements, ou le hasard n’a pas d’influence, seulement le destin.
Nous te laisserons bientôt, ne sachant pas ce que le destin nous réservera, mais tu nous a si bien appris à lui faire confiance…
RMUH-2

15 commentaires sur RMUH / Chère Montréal

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  1. Hello,

    Très joli texte ! Simplement une faute qui m’a un peu irrité les yx tout le long de la lecture :
    tu as et non tu a.

    Merci pour ce partage !

    1. Merci pour l’instant bescherelle je m’y attendais 👌🏽 écrit avec les tripes sur une terrasse avant mon retour, pas focalisé sur la grammaire l’orthographe etc

    2. Très joli texte effectivement…surtout pour moi qui rêve un jour de vivre ailleurs qu’en France pour l’expérience et la tolérance (que j’ai également fortement ressenti au Québec et qui manque cruellement à la France…).
      Juste un aparté pour Anne-Sophie : tu as et non tu a mais également soudé(s) et poussé(s) etc…cela peut irriter les yeux…
      Belle journée.

      1. Tu nous « as » soudé. Le « a » devrais prendre un s c’est vrai, mais pas d’accord avec le verbe « avoir » : tu nous as (tiens, le verbe « avoir »!) soudé. Si les yeux piquent il faut revoir tes conjugaisons aussi Delphine ! ;) amicalement

          1. Sauf lorsque le complément est avant le verbe…revois aussi ta grammaire… sans rancune…donc OK pour irrité puisque ce sont les yeux autant pour moi mais pas pour soudé et poussé…

      2. Mon commentaire ne s’est pas intégralement inscrit…l’aparté était donc …cela peut irriter les yeux autant que le « m’a irrité(e) les yeux » si tu es bien une fille…
        Belle journée

          1. Bonsoir Coline,

            J’avoue que ces commentaires ne rendent pas hommage à ce magnifique texte et qu’à la base c’est cela que je voulais mettre en avant dans mon petit aparté…(c’est raté).
            J’en suis désolée et je remercie Tiffany pour le partage.

          2. je n’ai peut être pas tout compris ,mais le but de cette petite parenthèse est bien d’inviter quelqu’un qui a du talent pour écrire et faire passer des émotions pour que tout le monde passe un bon moment ou alors passe sa route non?alors on lâche un peu la bride ,on laisse les mauvaises ondes de coté ,on passe sur les petites fautes de français et on profite des superbes textes que Coline nous permet de découvrir .

  2. C’est incroyable ! Un très beau texte qui me touche beaucoup !
    Je suis rentrée de Montréal depuis 6 mois, après un an dans cette ville magnifique ! Et j’ai l’impression que c’est mon histoire qui est décrite dans ces quelques lignes !
    J’ai ressenti les mêmes choses, ce sentiment d’avoir plus tout en ayant beaucoup moins matériellement parlant, l’introspection, l’envie, la découverte, la bienveillance… tout !
    Cette sensation que Montréal me colle à la peau !
    Une belle déclaration d’amour !
    L.

  3. Un texte magnifique, une belle déclaration d’amour. J’ai adoré la tendresse qui se dégage de ton texte et je me dis que vos enfants seront bien chanceux d’écouter toutes vos histoires du soir, avec leurs parents comme héros du quotidien :D
    Grâce à toi, comme une envie de découvrir cette ville à mon tour. Merci ! <3
    Belle journée à toi et bravo pour la qualité de ton écriture et ton lyrisme :)

  4. Merci pour cette tranche de vie racontée avec tant de sensibilité, on s’y plonge avec plaisir et tu sais nous faire partager cette merveilleuse expérience et j’ai bien ri également avec le four :-))))) Je n’ai qu’une envie là, partir découvrir cette ville!

  5. *commentaire modifié* On évite d’insulter les gens, merci… –«  l ‘important était le contenu :-):-):-) merveilleux texte ,Tiffany écrit avec un coeur qui bat et non qui meurt d espoir et de compassion ou de gentillesse …