Aimer son corps et laisser celui des autres tranquille

Une vidéo que j’avais envie de faire depuis très (très très) longtemps, qui, je l’espère, trouvera écho chez vous et offrira un jour nouveau sur l’importance de ne pas commenter le corps des autres.

♥ LOVE SUR VOUS ♥

✘ QUELQUES LIENS ✘

• La vidéo de Sonia
« Un corps parfait ou fonctionnel ? »

• Une autre super vidéo de Florence Porcel
« T’as un tic à l’oeil« 

•  » De la musculature des femmes » par Marinette

• À lire
« Beauté Fatale » de Mona Chollet

3 ouvrages féministes à lire de toute urgence

Ça fait un moment qu’on n’a pas parlé bouquin par ici ! Cet été mi-déménagement de l’enfer mi-glandage ultime a été l’occasion pour moi de me plonger (ou re-plonger) dans quelques très bons ouvrages. Si bons qu’il me semblait indispensable de vous en parler !

 

LES SENTIMENTS DU PRINCE CHARLES

Dans cette bd ultra graphique Liv Strömquist raconte les sentiments amoureux, notamment au travers de multiples amours célèbres comme Diana x Charles, Nancy x Donald Reagan, Whitney x Bobby et de personnages de la pop culture comme les nanas de Sex And The City, s’interroge sur les relations hommes/femmes et sur les représentations – pourries bien souvent – dont on nous abreuve depuis toujours.

C’est très drôle mais très cash et surtout très juste. Tout au long de la bd on retrouve des études, des statistiques, des faits politiques, des faits historiques, des histoires vraies, c’est hyper instructif et ça apporte vraiment un regard très intéressant sur la vie de couple, l’amour tel qu’on nous le vend, l’importance démesurée qu’il a dans la société et dans nos vies et tous ces comportements que l’on a intégrés inconsciemment dès lors qu’il s’agit de relations de couple.

COMMANDO CULOTTE

« Les dessous du genre et de la pop culture ». Comment est traité le genre dans GOT ? Si on parlait d’American Pie ? Comment les filles sont éduquées à être jolies et les garçons drôles ? Qu’es-ce que la culture du viol ? Les hommes peuvent-ils être féministes ? (je spoile, pardon, la réponse est : oui) et plus encore…

En bref le sexisme ordinaire, les stéréotypes de genre, les clichés aussi bien sur les femmes que sur les hommes et de quoi se poser de vraies questions sur les enjeux – et l’importance – d’une éducation et d’une pop-culture plus féministe.

Facile à lire, drôle mais incisif, bref : génial.

KING KONG THÉORIE

Ici encore – c’est un peu le thème si vous ne l’aviez pas compris – les rapports hommes-femmes sont disséquées par Virginie Despentes dans un bouquin rapide et facile à lire mais assez brut de décoffrage – à priori c’est ce qu’on aime (ou pas) chez cette auteure – .

Mi-étude sociologique mi-autobiographie Virginie Despentes raconte son viol lorsqu’elle était ado, ses années de prostitution… Je ne suis pas certaine d’adhérer à toutes les idées qui sont défendues dans ce livre – notamment en ce qui concerne la prostitution – mais l’analyse de la domination masculine et de ses mécanismes est des plus justes et ce qui en ressort, au final, c’est surtout un livre qui réclame la liberté de chacun de disposer de son corps comme bon lui semble et de voir ses choix individuels respectés.

Un must read !


Voilà de quoi occuper les soirées d’automne qui s’annoncent (ou celles de l’été indien, au choix) ! N’hésitez pas à partager vos coups de coeur et vos recommandations dans les commentaires !

😘

Cette brosse à dents sauve le monde

Un dimanche matin ensoleillé de septembre, entre mon café et mes tartines je zone tranquillement sur Facebook quand soudain, je tombe sur ça :

Une petite vidéo promotionnelle pour une marque de brosses à dents en bambou qui nous explique que chacune de leur brosse à dents vendue contribue à diminuer les 12 000 tonnes de déchets par an que constituent les brosses à dent.

Une brosse à dents en bambou c’est chouette, c’est compostable, c’est sans chimie, le bambou ça pousse bien, ça demande peu d’eau, pas d’engrais ou de pesticides.

C’est formidable.

C’est formidable mais je n’en PEUX PLUS de ce genre de messages. J’en ai assez souvent parlé sur les réseaux sociaux et alors que ce matin là je m’apprêtais à en faire une story instagram je me suis dit hé tant qu’à faire autant écrire un article – hashtag je tire mon inspiration de tous bords, admirable n’est-ce pas -, que le truc reste gravé dans la roche jusqu’à ce que le monde explose.

LES PETITS PAS

Je suis la première à aimer les petits pas. Les petits pas, les petits gestes, les petites pensées du quotidien, c’est bien c’est très bien. Prendre des décisions simples comme arrêter l’eau en bouteille, se tourner vers plus de vrac, acheter de seconde main, utiliser des cotons réutilisables, j’en passe et des meilleurs, sont des gestes qui m’ont toujours semblé à la portée de tous, économiques, intelligents et utiles.

Aujourd’hui plus que jamais il me semble primordial d’éveiller les consciences, de dire haut et fort que non on ne peut plus vivre « comme avant » et on doit arrêter de nourrir excessivement l’individualisme dont nous sommes tous un peu victimes. Mais qui ne s’est jamais demandé « à quoi bon ? ». À quoi bon se féliciter de ne sortir se poubelle que toutes les 2 semaines quand, sur le pallier d’à côté le voisin laisse dégueuler la sienne tous les 7 jours ? À quoi bon se tourner vers des marques de mode plus respectueuses de l’environnement quand on voit des personnes sortir de chez Primark avec 3 sacs géants remplis de fringues produites dans des conditions à gerber à tous les niveaux ? À quoi bon manger bio puisque de toute façon on va tous crever d’un cancer à cause des nano-particules à cause de ceux qui roulent au diesel et n’aiment pas faire du vélo ?

À quoi bon faire des efforts quand on nous répète constamment qu’on n’en fait pas assez ?

N’en déplaise à certains, je reste persuadée que bien que l’intérêt premier de la conscience écologique soit tourné vers la planète et une envie de « sauver », il n’en reste pas moins quelque chose d’assez égocentré, au travers du quel on se réjouit de « faire mieux ». Derrière beaucoup de gestes je pense qu’il se cache ce besoin de se déculpabiliser.

Et ce n’est pas un mal en soi. Loin de là. La culpabilité on en a assez parlé par ici, c’est de la merde. Ni plus ni moins. Quelle qu’en soit l’origine, la source, les fondements, c’est une émotion toxique. Et agir pour se débarrasser de cette culpabilité (quelle qu’elle soit et quelle qu’en soit la source, ça marche pour tout) est une action réellement positive.

Mais en matière d’écologie on a passé il y a longtemps le stade du « on nous prendrait pas pour des cons, là, à tout hasard ? ».

CULPABILITÉ JE CRIE TON NOM

Je me sens plutôt bien placée pour aborder la question de la sur-culpabilisation pour la simple et bonne raison que je parle d’écologie et de trucs « green » depuis des années, je suis des tas de blogs, comptes instagram, de pages facebook liés à ce sujet et s’il y a bien une chose que je ne supporte plus c’est d’être constamment confrontée à la SUR-culpabilisation des individus.

Quels que soient tes efforts on arrive toujours et de façon quasi systémique à te remettre le nez dans ton caca pour te dire « euh ouais mais pardon mais en fait tu fais ça c’est pas du tout écolo, t’es un mytho écolo, t’as le malheur de continuer à respirer et pis alors super l’utilisation d’internet plus polluant tu meurs et oh ben génial tu manges plus de viande mais et le cuir alors ? Et les produits laitiers tu y penses ? Comment ça tu manges du SOJA ?! DÉFORESTATIIIIIIION ! T’es au courant que ton tee-shirt a été fabriqué dans des conditions dégueulasses ? Tu te soucies de l’environnement ? Et les humains alors, HEIN LES HUMAINS ?? Le véganisme/écologie/zéro déchet, quelle mode de merde que tout le monde va zapper dans 3 mois comme les horribles baskets Balenciaga… COMMENT ÇA TU AS ENCORE L’EAU COURANTE ET L’ÉLECTRICITÉ CHEZ TOI MAIS TU TE FOUS DE NOTRE GUEULE OU COMMENT ÇA SE PASSE ??? »

Et ça vaut sur internet comme dans la vie de tous les jours. Tout. Le. Putain. De. Temps.

Alors bien entendu il ne faut surtout pas laisser de côté le biais psychologique qui pousse quasi inexorablement une grande partie des gens à réagir négativement face à quelqu’un qui fait les choses différemment d’eux, ou qui fait à priori « plus d’efforts ». Ça nous ramène à nos imperfections, on le vit mal, on est fâché, on s’en prend aux autres. Classique et humain.

Mais au delà de ça j’aimerais qu’on s’arrête une minute sur le cas de la SOCIÉTÉ. Oui en majuscule et en gras.

LA PAILLE ET LA POUTRE

On n’a jamais vécu dans une société qui prend autant la planète pour une poubelle mais de l’autre côté on n’a jamais vécu dans une société aussi culpabilisante.

Cette pub pour la brosse à dent en bambou est un exemple parfait. De même que, cet été, l’histoire des pailles en plastique. De même que les véhicules individuels. De même que 1 million d’autres trucs avec lesquels on nous rabat les oreilles depuis des années en nous disant que c’est pas bien on est vraiment méchants et on pense qu’à nous.

Quand à côté de ça les filets de pêche abandonnés représentent 46% du plastique dans les océans contre 0,03% pour les pailles.

Quand à côté de ça 100 entreprises dans le monde seraient responsables de 70% des gaz à effet de serre.

Quand à côté de ça des marques comme Burberry brûlent pour plus de 30 millions d’euros de trench-coat mon cul et de sacs à mains.

Quand à côté de ça 60 des plus gros bateaux de transport polluent autant que toutes les voitures du monde.

Mais non. Toi on vient te faire chier parce que tu as une Senseo et qu’hier, dans ton jean Zara, tu as pris une paille chez Mc Do pour boire ton Sprite.

On te fait croire que si la planète est devenue une déchetterie et qu’on va tous mourir c’est de ta faute à toi pauvre citoyen lambda, c’est de ta faute parce que putain t’es relou en fait, si tu achètes cette brosse à dent en bambou tu peux sauver le monde… SAUVER LE MONDE ! Tu ne sais pas lire ou tu ne sais pas lire ? Et, toi, tu ne le fais pas. Vieille raclure d’égoïste, va.

BIS REPETITA

Alors attention hein, je ne reviendrai jamais, ô grand jamais sur l’importance des petits pas et des actions individuelles. Parce que chaque action positive effectuée en ce bas monde nous permet de nous sentir de meilleurs humains et donc d’être de meilleurs humains tout court. Et ça, ça n’a pas de prix. Mais aussi parce que les industries suivent les consommateurs (oui, nous vivons toujours dans une société capitaliste, déso pas déco, c’est pas prêt de changer faut faire avec hein). Si ces dernières années tout le monde se met à jouer dans la cour de l’éthique ce n’est pas pour rien. C’est parce que les individus, les consommateurs (et donc leur pognon *insérer un clip de Abba*) ont envoyé des messages, encore et encore et encore et encore et encore…

Et en ce qui me concerne je n’arrêterai jamais de prôner les petites actions et de les saluer, qu’elles soient faites par des individus ou par des multi-nationales, mais il me semble qu’il est temps de comprendre que les actions d’envergure viendront des grands. Des entreprises, des gouvernements, des lobbys, j’en passe et des pire.

Alors la prochaine fois que l’on verra quelqu’un faire un effort, même si ce n’est que votre grand-mère qui comprend enfin que les bouteilles en plastique il faut les mettre dans le bac de recyclage et pas dans la poubelle, soutenons-le au lieu de lui dire que ce n’est pas assez.

Et saluons toutes les initiatives quelles qu’elles soient, sans hiérarchie, sans « ça ça sert à rien ! C’est ça qui faut qu’on fait ! ». Et n’hésitons pas aussi à dire aux marques qu’elles nous font royalement chier avec leurs messages de merde à la sauce « cette brosse à dents sauve le monde ».

☮️